Portée disparue | Décryptage

Analyse et décryptage de l’épisode « Portée disparue »

Le Juge vs Mrspointy

144 épisodes passés à la loupe !

  :mrgreen: > L’avis d’un garçon contre l’avis d’une fille !

Synopsis :

Une créature invisible rôde sur le campus et agresse l’entourage de Cordélia. Cette dernière décide alors de demander la protection de Buffy, tandis que la bande découvre que la créature en question est une ancienne élève disparue qui, à force de passer inaperçue, est devenue littéralement invisible !

L’Analyse de Mrspointy

          Cet épisode comporte à mes yeux l’une des thématiques les plus intéressantes de la saison. La métaphore est encore une fois intelligente et bien trouvée et me parle particulièrement car nous sommes certainement beaucoup à avoir déjà eu cette sensation de ne pas exister aux yeux de la masse et donc de ne plus exister du tout : comme si l’on vivait uniquement à travers le regard d’autrui.

         C’est un épisode qui traite de la solitude, comme d’un terrible sentiment, par dessus-tout douloureux qu’on expérience tous à un moment ou un autre de notre vie. Je pense que la solitude est peut-être l’un des pires sentiments qui soient, car sans les autres notre existence perd de son sens et seul face à nous-même, à nos propres pensées, elle devient tout de suite bien morne.

          « Out of Mind, Ouf of Sight » est donc particulièrement triste et assez bouleversant dans l’histoire qu’il nous narre, celle d’une adolescente qui à force d’avoir été ignorée par les autres devient invisible. C’est un tour de force de BtVS que de réussir à capter les douleurs adolescentes et existentielles par le biais de symboliques fantastiques et horrifiques qui, ici encore, se révèlent sombres et nous touchent au plus profond, nous mettant face à une difficile réalité. Il possède donc une force mélancolique, si bien qu’on n’en veut jamais entièrement à Marcie de se venger : ses actes relèvent d’une immense douleur intérieure dont les répercussions nous paraissent presque compréhensibles, lui faisant gagner notre empathie.

          Ils sont explicables par la souffrance du personnage, qui n’a plus d’autres moyens de montrer qu’elle existe qu’en faisant à son tour souffrir les autres dans un acte de revanche désespérée : sa réaction est humaine. Tellement qu’elle ne sera pas éliminée mais envoyée dans un centre de réadaptation sociale bénéfique au gouvernement qui se révèle donc au courant des activités paranormales et pour la première et dernière fois (avant l’Initiative) y réagissent et s’impliquent dans ce combat. 

           C’est aussi la première fois que l’on a un aperçu de ce que fut la vie de Buffy avant qu’elle n’arrive à Sunnydale. On comprend qu’il lui arrive de la regretter -au travers des regards lancés à Cordelia et du ton nostalgique qu’elle emploie pour parler du passé- et qu’elle aussi aimerait bien s’intégrer plutôt que d’être désignée comme le « monstre de foire » du coin, aliénée par ses pairs pour sans cesse être impliquée dans ces étranges situations qui surviennent à Sunnydale. On apprend que Buffy ressemblait avant à Cordelia, pour ses préoccupations frivoles et sa popularité d’alors, aujourd’hui disparus avec son devoir de Tueuse ayant fait d’elle une toute autre personne.

          On découvre également une toute autre facette de Cordelia qui se dévoile (à notre grand plaisir) bien différente de la garce superficielle pour qui elle se fait passer. J’ai toujours aimé Cordy car, contrairement à ce qu’on pourrait croire, c’est une personne bien plus raisonnée qu’en apparence et par dessus-tout honnête, autant avec elle même qu’avec les autres. Elle est surtout particulièrement lucide quant à sa situation et sait pertinemment que la popularité ne fait pas tout puisqu’elle se sait fondamentalement aussi seule que les autres. La popularité n’est qu’une distraction à laquelle elle s’adonne pour ne pas avoir à réaliser qu’elle est seule et sans véritables amis. Elle sait que tout ceci n’est qu’apparence et se joue de l’image qu’elle donne pour elle aussi, comme Marcie, exister aux yeux des autres. Ainsi, elle sait son comportement intolérable et se rend compte la méchanceté dont elle fait preuve mais se complaît dans cette attitude pour se conformer aux attentes que suscitent son rang dans l’échelle sociale.

          On réalise qu’elle a bon fond et n’est pas aussi ingrate qu’elle en donne l’aire puisqu’elle vient de son gré demander de l’aide à Buffy -avec un manque de délicatesse qu’on adore chez elle- et remercier la bande de l’avoir aidée, avec sincérité. C’est à partir de ce moment-là que Cordelia commence à gagner une place importante dans la série puisqu’elle viendra par la suite régulièrement et naturellement donner un coup de main au Scooby-Gang qu’elle finira progressivement par intégrer au cours de la saison 2 (pour finalement le quitter par orgueil, en saison 3), permettant une réelle évolution de son personnage qui au départ plein de défauts, laissera entrevoir des qualités altruistes et une véritable métamorphose : comme quoi l’on est jamais vraiment défini et qu’une seconde chance s’offre toujours à nous.

L’Analyse du Juge

8.5/10

          Un épisode profond avec une métaphore intelligente et intéressante, dont le concept est un emprunt au film de 1933, L’Homme Invisible, et aux nombreuses versions tournées après lui. Il est ici question de popularité, et les difficultés de Marcie Ross, devenue invisible à force d’être ignorée, trouvent un écho dans la vie de Buffy, qui a aussi l’impression d’être mise sur la touche. Alex et Willow rient de blagues auxquelles elle ne comprend rien, Cordélia l’humilie devant sa bande de pimbêches superficielles et certains garçons comme Mitch la traite comme une vraie perdante.

          L’épisode met donc en lumière le sentiment d’isolation et de solitude que ressentent certains ados au lycée, et cette impression d’être invisible et noyé dans la masse. L’épisode démontre que nous nous percevons nous-même comme les autres nous perçoivent, et de façon conditionnée. Le lycée de Sunnydale est d’ailleurs très réaliste parce qu’il n’y a pas d’un côté les élèves populaires et de l’autre les élèves impopulaires, mais il existe une hiérarchie de la popularité. Cordélia et ses amies occupent le sommet. On y trouve ensuite les athlètes de l’équipe de football (Daryl Epps), de baseball (Mitch Fargo), de basket (Percy West) et de natation (Gage Petronzi). Buffy et sa bande occupe le deuxième niveau. Puis il existe ensuite une série de strates jusqu’aux élèves les plus rejetés comme Marcie Ross, Lance Lincoln ou Jonathan Levinson. On ne peut éprouver que de la compassion pour Marcie.

          Cordélia m’a surpris par sa sincérité dans cet épisode, et par l’humanité qu’elle montre quand elle explique à Buffy qu’elle se sent aussi seule que ceux qui sont impopulaires. Elle reste bien sûr égocentrique et superficielle mais laisse déjà entrevoir l’évolution que connaîtra son personnage dans la saison 2. J’ai aimé sa reconnaissance envers Buffy et sa bande à la fin. Et c’est aussi dans cet épisode que Cordélia reconnaît l’existence du surnaturel et découvre l’identité de Buffy, ce qui fait d’elle la nouvelle alliée du Scooby-gang.

           Un petit mot sur la fin et cette théorie du complot façon Whedon qui est très futée et n’est pas sans me faire penser à la saison 4 et au concept de l’Initiative. Aussi, Snyder m’a encore fait beaucoup rire dans cet épisode. Enfin, j’aurais aimé que le titre de cet épisode soit la traduction de l’original : « Loin du cœur, loin des yeux ».

C’est à vous…

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