La métamorphose de Buffy | Décryptage

Analyse et décryptage de l’épisode « La métamorphose de Buffy »

Le Juge vs Mrspointy

144 épisodes passés à la loupe !

 L’avis d’un garçon contre l’avis d’une fille !

Synopsis :

Après avoir passé tout l’été à Los Angeles, Buffy revient à Sunnydale, complètement transformée par le contrecoup de sa traumatisante expérience avec le Maître. Alors quand Angel vient la retrouver pour lui apprendre que le Successeur rassemble ses forces en ville et projette la résurrection du Maître, Buffy a du mal à gérer la crise…

L’analyse de Mrspointy

          Nous retrouvons notre Scooby-Gang après un mois de vacances d’été visiblement calmes suite à l’élimination du Maître par Buffy. En guise d’introduction, commence à se dessiner la relation contradictoire qui unira Willow et Xander en saison 3 qui, ici, sont sur le point d’échanger un baiser avant d’être interrompus par un vampire qui vient tout gâcher… Etonnant, Xander n’y fera plus jamais référence, persistant à courir après Buffy quand bien même celle-ci lui ait mis un râteau, sous le regard dépitée d’une Willow follement amoureuse.

         C’est une des rares fois de la série où je n’adhère pas au comportement de Buffy que je trouve ici insupportable dans son rôle de garce légèrement trop suffisante. Heureusement, son attitude n’est pas sans raison et l’on a vite fait de la pardonner à la fin de l’épisode ce petit écartement passager par lequel il nous arriver certainement nous aussi de passer. On l’avait déjà remarqué suite à sa réanimation dans l’antre du Maître lors du final de la saison précédente, Buffy a été profondément bouleversé par sa confrontation brutale avec la mort. Suite à son réveil, elle se comportait déjà avec une assurance inhabituelle et surprenante. A son retour de vacances, qu’elle a passé avec son père à Los Angeles, Buffy se montre particulièrement différente de d’habitude : distante, nerveuse, franche voire carrément méchante.

          Son comportement est dû à une sorte de traumatisme engendré par sa propre mort -expérience tout de même violente- et celle du Maître, provoquée par Buffy elle-même. Elle a la sensation d’être intouchable pour avoir empêché la fin du Monde et de ce fait n’hésite pas à prendre des risques, au dépends de ses amis qui frôleront la mort, sûre que rien ne l’atteindra plus jamais. A mon sens, cette obstination de Buffy à vouloir braver les dangers cache une profonde souffrance intérieure à ce moment-là : elle pense n’avoir plus rien à perdre et dans le pire des cas, n’a pas peur de la mort puisqu’elle l’a déjà vécue.

         Son décès, aussi court fut-il, lui a permit de s’endurcir. Il l’a marqué et lui a peut-être même été déterminant dans son existence de Tueuse : elle a gagné en force physique et mentale et ne semble plus avoir les mêmes appréhensions qu’avant. Plus encore, elle est guidée par une colère intense qu’elle extériorise en adoptant un comportement extrême (un peu comme Faith plus tard, mais dans un autre genre de situation) qui relève d’une véritable panique à l’idée d’avoir été morte (mais aussi peut-être d’avoir tué ?) et dont elle se sert comme d’une protection contre elle-même et l’extérieure : en jouant la garce -en insultant Cordelia, en provoquant Angel, en aguichant sensuellement Xander- elle s’isole volontairement (ce qu’elle refera un an plus tard dans l’épisode « Anne »), peut-être dans le but de se recentrer mais aussi pour démontrer qu’elle n’est plus aussi vulnérable qu’avant et qu’elle n’a plus peur de risquer sa vie. Cordelia elle-même lui fera une leçon de moral (l’hôpital qui se fout de la charité, mais d’un autre côté l’on sent encore une fois que c’est un personnage capable de changement) en lui disant de dépasser sa douleur, quelle qu’elle soit, et définitivement tourner la page.

          Parce qu’en effet, la manière d’agir de Buffy ne lui est pas bénéfique, au contraire, ses amis commencent à s’éloigner d’elle en raison de son ingratitude à leur égard. Elle n’arrive pas à passer à autre chose, à aller au-delà de sa haine pour pouvoir repartir sur de bonnes bases : c’est un comportement qui lui est nocif et qui, loin de l’aider, l’enchaîne à sa propre douleur et l’empêche d’avancer. C’est seulement dans un accès de rage où elle détruira les ossements du Maître que Buffy réussira à exorciser sa colère avant de fondre en larmes sous un coup de pression dans les bras d’Angel, réalisant à la fois qu’elle a blessé ses proches mais lui permettant aussi de lâcher prise quant à son expérience passée, enfin cicatrisée.

L’analyse du Juge

8.5/10

          Le dernier épisode de la saison 1 se terminait sur une note d’espoir très optimiste, mais cette entrée en matière de la saison 2 s’avère plutôt dramatique, avec une Buffy émotionnellement fragile, comme dans tous les premiers épisodes de saison quand on y regarde bien. Cet épisode est bon parce que les personnages se retrouvent et tout le monde en prend pour son grade. Buffy devra détruire le squelette du Maître pour se débarrasser des démons qui ont pris possession d’elle il y a des mois, et prendre un nouveau départ…

          En dépit de ses nombreux problèmes personnels, Buffy fait preuve d’une rare insensibilité vis-à-vis de son entourage et se montre très dure. Buffy est victime d’une dépression passagère dont elle ne sort que le temps de réduire en poussière les ossements du Maître, ce qui prouve bien qu’avant d’être une Tueuse, Buffy reste avant tout une adolescente de 16 ans qui subit le contre-coup de sa traumatisante expérience avec le Maître. C’est parfaitement logique et humain qu’elle réagisse de la sorte, et cela préfigure même son complexe de supériorité qui reviendra de façon récurrente. Je compare toujours la situation de Buffy avec celle d’un pote à moi au lycée qui s’était sortit indemne d’un grave accident de voiture et quelques jours de coma, et qui se croyait ensuite être un surhomme. Une étrange carapace pour dissimuler son traumatisme je présume. Je trouve ça dérangeant, déstabilisant !

          Ce qu’il y a d’ironique, c’est que c’est Cordélia qui fait la morale à Buffy de façon incroyablement hypocrite. Entre temps, le moment d’intimité entre Willow et Alex qui ont échangé un baiser passe largement inaperçu et ne semble pas avoir de grand effet sur les intéressés ! Le développement des personnages est significatif et on trouvera même quelques présages pour la suite de la saison en observant chacun d’eux.

          Cet épisode marque aussi l’arrivée de Christophe Beck à la composition, de cascades plus maîtrisées et plus rythmées (les vampires dans l’usine fondent sur Buffy par groupe de deux ou trois), et d’effets spéciaux mieux travaillés. Carey Meyer rejoint aussi la production avec la création de décors d’envergure cinématographique. L’usine désaffectée est grandiose et l’agrandissement des couloirs du lycée offre de nouvelles possibilités dans la réalisation. Enfin, l’épisode a répondu aux questions laissées en suspend à la fin de la saison 1.

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Prochaine analyse : « 2×02 le puzzle »

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