Une épidémie dansante provoque du grabuge à Sunnydale

Les résidents de Sunnydale ne s’étonnent plus de rien après toutes les étrangetés qu’ils ont vécu, telle que la laryngite aigüe qui a provoqué une extinction de voie de tous les habitants. Et personne ne semble s’étonner de la manie dansante et chantante qui se manifeste de part et d’autre de la ville. Les derniers cas d’épidémie dansante remontent en 1518, à Strasbourg, en France. Les documents historiques de l’époque, incluant des « notes des médecins, des sermons de la cathédrale, des chroniques locales et régionales, et même les billets émis par le conseil municipal de Strasbourg » indiquent clairement que les victimes dansaient. On ignore encore aujourd’hui pourquoi ces personnes se sont mises à danser, parfois même jusqu’à ce que mort s’ensuive. Les médecins locaux rejettent aujourd’hui les causes astrologiques et surnaturelles évoquées par les adeptes du paranormal, qui voient toujours à Sunnydale du fantastique là où il n’y en a pas. Ils annoncent consensuellement qu’il s’agit d’une maladie naturelle, causée par un « sang trop chaud ».

« Il n’y a pas de monstres à Sunnydale, ni de sorciers qui jettent des sorts », s’exclame un conseiller municipal à la sortie d’une réunion avec la Maire de Sunnydale. « Que les fondus de paranormal laissent les gens tranquilles avec leurs croyances ésotériques, et écoutent les médecins qui font montre d’autorité dans ce genre de cas ». Le parapsychologue Robert Jacobson sait à quel point nous sommes à même de croire l’explication qui nous semble la plus facile quand on a pas les éléments de compréhension pour résoudre un problème ou un fait à priori étrange. Il explique « Notre esprit à une propension à l’auto-persuasion. Il se convainc que ce qu’il voit est surnaturel parce que ça dépasse le raisonnement logique et qu’il a peur de l’inconnu, laissant ainsi recours à des fantasmes vieux comme le monde. Mais la sorcellerie et les monstres font partie du folklore ésotérique que l’on trouve dans la littérature d’épouvante et les films d’horreur, et qui nous laissent toujours de fortes impressions. » Selon Jacobson, il y aurait aussi un effet idéomoteur dans la manie dansante et chantante qui affecte aujourd’hui les gens, de tout âge et de toutes classes sociales.

Il est pourtant vrai qu’avec un regard extérieur, Sunnydale donne l’impression d’avoir été ensorcelée. En juillet 1518, de nombreuses personnes dansèrent sans se reposer durant plus d’un mois, certaines d’entre elles décédèrent de crise cardiaque, d’accident vasculaire cérébral ou d’épuisement, bien que aucun auteur contemporain aux faits n’évoque de décès liés à cette épidémie de manie dansante. En une semaine, 34 autres personnes s’étaient mises à danser, et en un mois, elles furent aux alentours de 400. Depuis le 16ème sicle, aucun autre cas d’épidémie dansante n’a été enregistré dans les écrits. Et à cette époque, personne en faisait allusion au chant. La Maire Helen Crawford n’a pas fait de déclaration devant la presse, un proche collaborateur ayant affirmé qu’elle aurait été surprise à chanter devant l’hôtel de ville.

Alors que les spécialistes préconisent d’attendre l’épuisement pour mettre un terme à cette maladie exotique, d’autres suggèrent la création d’une scène sur Mapple Court et demandent aux autorités de recruter des musiciens pour entretenir le traitement qui favorise l’épuisement. On se demande dorénavant si nous pourrons encore être surpris par toutes les bizarreries de notre bonne vieille ville, qui aura quand même traversé des épreuves comme aucune autre ville n’en a traversé jusque là.

Nous attirons votre attention, chers lecteurs, que suite au désordre provoqué par cette épidémie, une partie de notre rédaction a préféré prendre une semaine de repos et rester à domicile, ce que nous conseillons par ailleurs à tous. Nos prochaines éditions, ainsi que la distribution de notre journal, s’en retrouveront donc perturbée au moins toute la semaine.