Réouverture du lycée de Sunnydale, après 3 ans de travaux

« J’ai l’immense honneur d’inaugurer devant vous ce bâtiment qui se dresse à l’emplacement exact où il fut jadis bâti. Je vous présente le nouveau et ultra moderne lycée de Sunnydale ». C’est en substance les propos tenus par Robin Wood, le nouveau proviseur du lycée flambant neuf, avant le traditionnel coupé de ruban. Ce discours marque l’ouverture de l’établissement au public, et conformément à la tradition, le coupé du ruban a eu lieu devant les portes principales, en compagnie des principaux protagonistes, dont la Maire Helen Crawford, et le Proviseur lui-même. Si cette réouverture, la veille de la rentrée scolaire de 2002, est un événement à Sunnydale, c’est parce qu’elle était attendue depuis trois ans alors que s’éternisaient les discussions devant le Conseil de la ville, qui n’était au départ pas favorable à la reconstruction de l’établissement sur ce territoire maudit. L’attentat de la remise des diplômes 99 est encore bien ancrée dans les esprits, et l’enquête n’est toujours pas refermée à ce jour.

Le Proviseur n’est pas le seul à s’être exprimé, puisque la Maire de Sunnydale, qui a annoncé cet été qu’elle ne renouvellerait pas son mandat, a également tenu un discours axé sur la sécurité et le sens civique. Souvent critiquée par ses pairs et par les résidents de ne pas être à la hauteur de son prédécesseur pour assurer à ses concitoyens la sécurité, la Maire s’est sentie dans l’obligation de tenir ce discours, surtout que Richard Wilkins a été porté disparu lors du tragique attentat du 20 juin 1999. Et si les accusations dénonçant l’implication de l’ancien Maire lui-même dans les activités criminelles de la ville sont toujours restées infondées, il est resté aux yeux de tous un modèle politique pour la communauté. La position de Crawford à la tête de la ville a depuis lors toujours été délicate. Lors du cocktail de bienvenue, elle a déclaré à la presse « Nous connaissons la désastreuse réputation de ce lycée, et nous avons beaucoup d’élèves en difficulté, raison pour laquelle je n’étais pas moi-même favorable à la reconstruction du lycée sur ce terrain. Les autres membres du Conseil ont voté cette réouverture à la majorité et j’entends bien suivre leur recommandation. Je resterais néanmoins très vigilante car je continue de croire qu’il y avait d’autres options. Bob Flutie et Ronald Snyder ont fait du bon travail, et je sais que Mr Wood saura être un bon proviseur qui empêchera cet établissement de s’effondrer à nouveau.

Il obtiendra du Conseil tout ce dont il aura besoin pour travailler dans de bonnes conditions et rassurer les élèves et leurs parents. Il n’y aura jamais de laxisme de la part de nos autorités qui feront des rondes régulièrement sur les lieux pour la protection civile. Et je compte aussi sur l’équipe pédagogique pour jouer son rôle. »   

Cette année, l’établissement s’est doté d’une assistante sociale et d’un conseiller d’orientation, et le nouveau proviseur a déjà envisagé de recruter un poste à mi-temps pour avoir une écoute pour les élèves. « Il faut aider nos jeunes à créer des liens, et se sociabiliser. Nous avons déjà un conseiller, mais nous avons besoin d’une personne jeune, proche des élèves. Ce ne sera que pour deux jours par semaine, mais j’ai déjà une idée en tête sur la personne que j’aimerai avoir à mes côtés. J’espère pouvoir contacter cette personne le plus vite possible pour lui proposer le poste ». Wood explique aussi à notre rédaction : « J’ai eu un parcours compliqué car j’ai grandit orphelin. J’ai fait mes études à Beverly Hills, mais j’ai connu l’exclusion, le racisme, l’inconfort et la désorientation. C’est pourquoi je sais ce dont nos jeunes ont besoin. Je n’ai pas eu ce poste à l’ancienneté malgré mon postulat, et j’ai dû intriguer pour être admis par l’académie. Aujourd’hui je ferais ce qu’il faut pour être à la hauteur de mes prédécesseurs ». 

Quand à la notoriété sulfureuse de Sunnydale High School, les nouveaux programmes d’échange culturel, les nouveaux clubs de sciences et de maths, mais aussi bien sûr la recomposition de la mythique équipe des Razorbacks devraient se charger de faire oublier le parcours tragique de l’établissement. Mr Miller était professeur d’Histoire dans l’ancien lycée. Il reprend son poste cette année dans le nouvel établissement et se retrouve désorienté. « Ça fait bizarre de revenir ici après ce qui s’est passé ! On ne reconnaît plus rien de la belle architecture espagnole qu’on avait dans l’ancien bâtiment. Le bâtiment est plus moderne c’est certain, mais il paraît plus petit. J’ai hâte de recommencer à enseigner ici ».

De toute l’ancienne équipe pédagogique, Mr Miller est l’un des seuls à être revenu sur place, la majorité des anciens professeurs n’ayant pas souhaité y remettre les pieds. Cain Letham, l’ancien surveillant général qui a côtoyé Bob Flutie et Ronald Snyder, n’a pas souhaité reprendre son poste quand on le lui a proposé. « Il faudrait être fou pour revenir ici, je vous le dit ! Ce lycée est maudit, il s’y passe des choses hors de tout contrôle. Tôt ou tard, vous le regretterez. Je vous aurez prévenu. Vous n’imaginez même pas ce qu’il 

a fallu affronter dans l’ancien. Toutes ces morts. Les membres du corps enseignant qui ont été assassiné. Le professeur Gregory, Melle Frank, Melle Calendar, Mr Platt… on dirait que tout le monde à oublié ! J’ai trop longtemps joué la comédie à faire avaler à tout le monde que tout se passait normalement dans ce lycée, mais il est maudit. Ne comptez pas sur moi cette fois-ci ». Des propos qui ont très largement été repris dans la presse et moqué de toute part, quoique l’ancien surveillant aura tout de même le soutiens des habituels fondus de paranormal et autres adeptes du complots qui s’intéressent à notre bonne ville Californienne, souvent avec véhémence.

Le bâtiment des sciences est en train d’être terminé par les ouvriers qui estiment à un mois la fin des travaux, tandis qu’une seconde équipe consolide le gymnase. Tous les autres équipements sont prêts grâce à l’efficacité des ouvriers qui ont accéléré ce chantier très lucratif pour répondre aux attentes du Conseil de la ville et à la demande des résidents qui souhaitaient que le lycée rouvre pour 2002. Il aura fallu deux ans et demi de travaux pour tout reconstruire, et de l’ancien lycée, il ne reste plus que des vestiges.

Un premier couac est paraît-il déjà survenu, puisque les toilettes pour filles du bâtiment principal ont été condamnées à cause d’un trou dans le sol et dans les fondations. Une plainte devrait d’ailleurs être déposée à la société de construction, qui, de son côté, rejette en bloc toute accusation de sabotage, en arguant qu’il ne faut pas s’étonner que de tels dégâts surviennent quand on presse un chantier aussi colossal de se finir en seulement deux ans et demi.

En attendant l’arrivée des premiers élèves aujourd’hui, on devine déjà avec cette réouverture que cette saison 2002-2003 va être une année spéciale pour Sunnydale, qui ne maquera pas de faire couler beaucoup d’encre. Pour beaucoup, c’est l’occasion d’un nouveau départ, sur des bases plus saines.