Quatre cadavres de femmes retrouvés dans le placard d’un tueur en série

          Ce sont quatre affaires de disparitions vieille de plusieurs dizaines d’année qui ont trouvé leur résolution le 11 décembre, avec l’appel de détresse de la gérante de la galerie d’art de Sunnydale, qui a appelé la police pour dénoncer l’agression de son petit ami, Teddy Buchanan, un vendeur en informatique de 48 ans. Expliquant aux policiers avoir été battue jusqu’à en perdre connaissance, ces derniers se sont rendus pour une perquisition au domicile du vendeur, et y ont trouvé les cadavres de quatre femmes dont les disparitions avaient été déclarées, pour certaines d’entre elles il y a 40 ans.

           « Si elle n’avait pas alerté la police pour dénoncer son petit ami, avec lequel elle projetait de se fiancer, Joyce Summers, la gérante de la galerie d’art, aurait probablement finie par connaître le même sort », nous confie le Détective Paul Stein, qui était déjà intervenu la veille au domicile des Summers après que la fille de cette dernière l’ait accidentellement fait chuté dans l’escalier. « Sa fille nous avait confié que Mr Buchanan l’avait frappé et lui avait volé son journal intime. Il l’aurait même déjà menacé à plusieurs reprises. On a ouvert l’enquête pour homicide involontaire parce qu’on croyait Mr Buchanan mort dans la chute de l’escalier. Mais en fait il était en état de mort clinique et n’avait plus de signes vitaux. Les ambulanciers paramédicaux ont déclaré sa mort, et une fois son corps transmis à la morgue, il a repris connaissance en surprenant l’interne qui était sur place »

          La première chose qu’aurait fait Mr Buchanan en se réveillant serait d’être retourné chez Mme Summers pour l’agresser. Mais la fille de cette dernière se serait interposée et son beau-père aurait alors pris la fuite. Comprenant qu’il était compromis et qu’il fallait faire vite, le vendeur de 48 ans n’aurait pas pris la peine de retourner chez lui dissimuler les quatre cadavres qu’il conservait en état de décomposition dans un placard. C’est en tout cas ce qu’explique David Johnson, criminologue pour la police judiciaire. « On a compté quatre certificats de mariage le concernant, dont le premier remonte à 1957, ce qui implique qu’il ne pouvait pas être le meurtrier à cette époque. L’homme que l’on recherche est soit un imitateur, soit – et cette piste me paraît plus sérieuse – le fils du véritable Teddy Buchanan, qui a poursuivi la funeste tradition de son père, ou qui l’a même tout simplement initié. L’une des quatre victime est peut-être même la mère de l’homme que l’on recherche, allez savoir. » Aucun registre du compté ne fait état d’un fils chez Teddy Buchanan, mais au vu de toutes les informations qu’il a réussi à dissimuler jusque-là, il aurait très bien pu avoir un enfant qui a habité la même demeure depuis les années 50.

          Selon David Johnson, un tueur en série qui s’en prendrait aux femmes dès que celles-ci lui échappent pourrait trouver sa cause dans un complexe d’Œdipe non résolu. « Au fond, à travers leur conduite, les criminels cherchent simplement à se libérer d’un sentiment de culpabilité provenant du complexe d’Œdipe. Dans certains cas très particuliers – celui des tueurs en série – la personnalité déviante est déterminée par une pathologie mentale constituée à partir de la petite enfance et qui peut évoluer tout au long de la vie de l’individu, indépendamment de son milieu social. »  Il reste que pour l’heure, Teddy Buchanan s’est envolé dans la nature et est toujours activement recherché. Ce qui étonne le détective Paul Stein, ce qu’après avoir été cliniquement mort pendant près de trois heures, Mr Buchanan devrait avoir de graves lésions au cerveau, qui pourraient avoir de graves conséquences. C’est pourquoi tous les hôpitaux de la région ont été avertis de la recherche de cet homme au cas où il se présente dans l’un de ces établissements.

          L’enquête pour homicide involontaire sur la fille de Me Summers a bien entendu été abandonnée, et les quatre corps retrouvés au domicile du tueur en série seront rendus à leur familles qui pourront enfin offrir de vraies funérailles à leurs proches disparues. Joyce Summers craint aujourd’hui le retour de Ted Buchanan qu’elle n’aurait jamais imaginé être un tueur la veille encore. « On s’est rencontré quand il est venu changé les programmes informatiques à la galerie. Il était si gentil, si attentionné. Je suis angoissée à l’idée qu’il pourrait revenir. Angoissée pour ma fille et pour moi ». Dans son entourage pourtant, le vendeur n’était pas très apprécié. Neal, l’un de ses collègues confiait à notre rédaction « Cet homme était certes le meilleur de toute l’équipe de vente, mais il était trop propre sur lui et c’était louche. J’en parlais justement l’autre jour à Bélinda, notre intérimaire, mais j’étais surpris que Ted se laisse encombrer par une femme dans sa vie ! »

          Aucun acte de décès n’a été délivré concernant la mort du véritable Teddy Buchanan et le détective Paul Stein devra tenter d’apporter la lumière sur toutes les zones d’ombres de cette affaire. Il faudra pour tout le monde comprendre si l’homme recherché, prétendument le fils du vrai Buchanan, est l’auteur des crimes commis sur les quatre femmes, ou seulement une partie d’entre elle, et si il a également fait disparaître son « paternel ». Une autre enquête parallèle est ouverte pour savoir si Mr Buchannan pourrait être l’assassin de Melle Kalish, la voisine des Summers, retrouvée morte à son domicile en novembre dernier dans des circonstances bien mystérieuse. Si jusque là, le décès étrange de Patricia Kalish était attribué à une cause naturelle, le passage d’un tueur en série dans la maison d’en face vient redistribuer les cartes. C’est évidemment le principal intéressé qui pourra le mieux répondre à toutes ces questions quand il aura été retrouvé.