Bienvenue à Sunnydale | Décryptage

Analyse et décryptage de l’épisode « Bienvenue à Sunnydale » (parties 1 et 2).

Le Juge vs Mrspointy

144 épisodes passés à la loupe !

  :mrgreen: > L’avis d’un garçon contre l’avis d’une fille !

Partie 1

Après avoir été renvoyée de son précédent bahut, Buffy Summers, la Tueuse de vampires, emménage à Sunnydale avec sa mère et s’inscrit dans un nouveau lycée afin d’y prendre un nouveau départ. Elle ne tarde pas à découvrir que Sunnydale a été bâtie sur une Bouche de l’Enfer, un point de convergence mystique, et comprend qu’elle doit reprendre du service en temps qu’Élue.

Partie 2

Giles apprend à Buffy que le Maître est sur le point d’être libéré grâce à Luke, son serviteur, au moyen du rituel de la Moisson. Avec l’aide d’Alex et Willow, qu’elle sauve des griffes des vampires, elle se doit de mettre en déroute la Moisson qui se prépare…

L’Analyse du Juge

7.5/10
        Voilà quelque chose que je n’ai pas fait depuis longtemps. Commenter les épisodes de Buffy les uns derrière les autres. C’est un exercice toujours palpitant pour moi, car je redécouvre toujours des choses en revisionnant Buffy, où je vois les choses sous un autre angle. S’il a pris un gros coup de vieux aujourd’hui, au point que la version HD pourrait lui faire du bien (j’ai dit pourrait), « Bienvenue à Sunnydale » contient tous les ingrédients qui font un bon pilote, je l’ai toujours dis. Une présentation habile des protagonistes, un tour d’horizons des lieux dans lesquels va se dérouler l’action, et l’introduction des principales thématiques de la série. Je pense que rares sont les pilotes qui parviennent à m’accrocher autant, raison pour laquelle je ne suis pas un sériephile.
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        C’est toujours avec un grand pincement au cœur que je re-regarde ce pilote, parce que les acteurs étaient jeunes et beaux, et que les personnages ont connu une telle évolution en sept ou huit ans, qu’ils sont presque méconnaissables quand on revient aux origines – je pense à Willow et Cordélia en tête. Willow était parfaite en lycéenne timide, manquant de confinace en soi et centrée sur ses objectifs. Alyson Hannigan était tellement touchante ainsi ! Charisma Carpenter est géniale dans la peau de Cordélia la bimbo, surperficielle et si inconsciente de son propre ridicule. Il est vrai que dans la première saison, son rôle est parfois négligé, mais elle apporte sa touche à elle dès le début.
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        Sarah Michelle Gellar est clairement bien choisie pour le rôle principal, et la Buffy nouvelle mouture est plus sarcastique et désinvolte que celle du film de 1992 interprétée par Kristy Sawson. Nicholas Brendon, qui n’a jamais joué devant une caméra est pourtant bluffant dans le rôle d’Alex, le ressort comique. David Boreanaz a beaucoup changé physiquement, et il n’était pas très à l’aise dans son rôle d’Angel, avouons-le. Ce n’est qu’à partir de « Alias Angélus » qu’il entre pleinement dans la peau de son personnage et devient bon acteur. Enfin, ce cher Anthony Stewart Head est exceptionnel et fait partie de mes acteurs préférées du petit écran avec John Noble. Ses mimiques de british, sa façon de se déplacer dans les décors et de s’exprimer… tout est joué à la perfection !
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        Avec un casting comme ça et un côté gothique dès le premier épisode, Buffy ne pouvait que faire un bon démarrage. La scène de pré-générique nous prend au dépourvu, il y a dès le départ de l’humour, du drame et de l’action, et la vision que nous offre Whedon du lycée est clairement réaliste. Pour ma part, je conseil quand même de visionner la deuxième partie dans la foulée pour les novices qui voudraient se lancer dans la série. Et ne vous fiez pas aux effets spéciaux qui ont vieillis et aux cascades de petite facture. La 1ère saison possède une atmosphère très kitsch et on lui pardonne ses faiblesses. 

8/10

        Ce que j’aime dans cette deuxième partie de « Bienvenue à Sunnydale », c’est qu’elle contient beaucoup de scènes sombres et noires, et qu’elle s’attache d’avantage à la mythologie des vampires. Selon Giles, un vampire est un démon qui prend possession du corps de sa victime, ce qui fait que devenir un vampire est ici plus une affaire de possession que de transformation. Le personnage du Maître est superbe, et probablement le big bad le plus effrayant des sept. Il s’exprime avec emphase et est craint par ses disciples, ce qui le rend parfaitement angoissant. Son histoire et ses origines sont superbes et je trouve que ce big bad est finalement mort trop vite. Mark Metcalf était exceptionnel.

        Darla est aussi un personnage magnifique, avec sa beauté trompeuse. Je sais que peu l’appréciait à l’époque Buffy, mais avec le recul, quand on connaît son histoire avec Angélus, le personnage est franchement grandiose, sans compter qu’il était assez rare de voir des femmes vampires dans les œuvres de fictions de l’époque, où les vampires étaient le plus souvent des hommes. Joyce Summers, la mère de Buffy, est aussi un personnage important, ce qui est classique des séries pour ados. Mais Joyce bénéficie d’un traitement particulier, incapable de comprendre son adolescente qu’elle veut protéger pour compenser son incompétence. Joyce est parfois si ignorante de ce qui l’entoure dans la première saison qu’on pourrait vite s’interroger sur son intelligence ! Sa réplique à Buffy : « Tout est question de vie ou de mort quand on a seize ans. Si tu ne sors pas ce soir, ce ne sera pas la fin du monde » est excellente, tant Joyce ne mesure pas toute l’ironie de ses paroles !

        C’est tout de même assez étonnant de voir que tout le monde occulte la prise d’otages dans le Bronze à la fin et retourne au lycée en attendant patiemment que la Bouche de l’enfer salive sous leurs pieds, mais ce sont des ficelles classiques d’une série fantastique, et cet épisode vaut le coup d’être vu pour les scènes dans les tunnels souterrains, pour avoir l’audace d’éliminer Jessie, et pour former le Scooby-gang avec les quatre premiers membres fondateurs.

L’Analyse de Mrspointy

        « Welcome to the Hellmouth » pose bien les bases de la série et nous offre une belle entrée en matière. Quand on revoit cet épisode, difficile de croire que les personnages évolueront autant au cours des saisons et il serait intéressant de faire les parallèles entre ce premier épisode et le dernier de la saison 7.

        La première impression refait surface et les sensations éprouvées lors de la première rencontre avec le Scooby-Gang et la découverte de Sunnydale réapparaissent. C’est dans ces moments que l’on peut observer l’impressionnante évolution de Willow, ici présentée comme une « intello » ringarde, réservée et aliénée par ses camarades de classe. Les caractéristiques psychologiques des personnages ne seront affinées qu’ensuite mais s’appuieront sur les traits ici mis en place, ils ne s’étofferont que dans les épisodes suivants (Xander en looser magnifique, Cordelia en bimbo superficielle et odieuse, Giles en grand coincé buveur de thé, Buffy alors pleine de vie, cherchant à échapper à son rôle de « Chosen One »). Les personnages nous seront tellement familiers par la suite qu’ils nous apparaissent comme tout autre que ce qu’ils vont devenir tant leur changement sera important.

        On a la plaisir d’avoir un premier aperçu de ce qui s’imposera comme le lieu de toutes ces aventures (la bibliothèque, les couloirs de Sunnydale High, la chambre de Buffy et surtout le Bronze, seul coin relativement animé de la ville) et le loisir de se projeter dans le futur alors inconnu des personnages -qui seraient bien surpris de savoir ce qui les attend- et de s’imaginer les différents événements qui y surviendront. De quoi nous rendre nostalgique, tout ça.

        En effet, on sent un petit pincement au cœur en s’imaginant sept ans plus tard, dans un endroit totalement différent où Dawn et ses deux nouveaux amis tiennent les rôles de Buffy, Willow et Xander. On peut se créer des liens entre les situations à venir qui se font écho ici alors que les personnages n’en perçoivent pas encore l’existence et ne se doutent pas de leur destinée, trop innocents et insouciants.

        Etrange mais émouvant de revenir à ces moments-là qui sembleraient presque se tenir à une époque reculée tant le chemin parcouru (et donc à parcourir) est long est semé d’embûches, de drames, de morts et de nouvelles rencontres. C’est là que tout a commencé, c’est le début d’une histoire d’amour !

        Le premier épisode possède déjà un tour de force majeur à la série : l’humour. Je me suis rendue compte que certains passages sont certainement les plus drôles de tous. Buffy fait preuve d’une auto-dérision à toute épreuve, balançant des punchlines à foison, dédramatisant chaque situation tout aussi grave qu’elle puisse être de par des répliques mordantes et franchement marrantes desquelles Joss Whedon profite pour se jouer de l’apparence dont se pare alors sa série en se moquant des codes horrifiques et fantastiques dont il s’inspire mais aussi en exagérant : le personnage de Cordelia est tellement insupportable qu’elle en est drôle (-God ! What is your childhood trauma ?), Buffy se moque d’elle-même et de son statut de Tueuse qui lors d’une première découverte pourrait sembler peu sérieux à certains spectateurs.

        L’ambiance de la saison 1 est installée, particulièrement 90’s, genre de parodie/hommage aux films de série B et de films d’horreur cheap avec une Buffy encore inconsciente et dont l’intérêt de la mission innée lui échappe et qu’elle prend à la légère comme on jouerait à un jeu, ignorant encore sa vulnérabilité, le poids de sa responsabilité et le sérieux avec lequel elle doit s’y appliquée, cherchant à fuir pour retrouver une vie d’adolescente et prendre un nouveau départ. Personnellement, je rêve d’aller vivre dans une banlieue américaine des années 90 maintenant.

        J’ai toujours un petit coup de cœur pour cette saison 1 qui est totalement différente du reste de la série -un peu moins des saison 2 et 3-. L’atmosphère y est plus légère et n’a pas encore la gravité qui viendra par la suite, possède plus une tournure comique que les questionnements tragiques et magnifiques qui viendront hanter l’œuvre. On s’amuse des blagues de Xander, de la maladresse de Willow, de l’insolence de Buffy, errant dans le couloir à la poursuite de créatures en tout genre qu’on avait cauchemardé. Tout va presque pour le mieux pour le moment, c’est le bonheur innocent de la première année lycée, avant que tout ne devienne sérieux : c’est un passage presque intemporel du Buffyverse.

        Pourtant quelques grandes lignes sont déjà mises en place, Buffy fait des rêves prémonitoires, se refuse à la fatalité de son devoir qu’elle fini pourtant par accepter contre son gré sous les yeux d’une mère inquiète à l’idée que sa fille ne fasse encore des siennes. Ce thème de la destinée de Buffy restera un questionnement majeur jusqu’à la fin, prenant peu à peu son sens et auquel Buffy, finalement, n’aura véritablement adhérer que longtemps après.

        On a le droit à quelques répliques cultes et une première référence qui sera réutilisée dans le tout dernier épisode : « The earth is (definitely) doomed. »

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