ANGEL | La critique caustique du Juge sur la série Angel et ses 5 saisons

Le Verdict du Juge

Parachutés à Los Angeles, le vampire repenti Angel et la délicieuse Cordélia Chase montent une agence de détectives privés spécialisés dans le surnaturel. Le pitch de la série dérivée de Buffy contre les Vampires est mince, mais la série mère a suffisamment de poids pour intriguer les fans de la première à découvrir ce nouvel univers.

L’idée était de montrer des situations plus sombres et plus adultes, dans une atmosphère plus urbaine et plus réaliste. L’erreur aura peut-être été de concevoir une série sur un personnage fade, car même si David Boreanaz a du talent et une belle gueule, son personnage est souvent renfrogné et soupe-au-lait. Tout au long de ses cinq saisons d’existence, la série pâtira parfois de ce choix fondateur, et il faudra faire évoluer la caractérisation du personnage principal et exploiter pleinement son background pour en tirer le meilleur.

Si vous avez aimé Buffy, vous trouverez des qualités indéniables à Angel. Néanmoins, cette série montre que faire des spin-offs, ce n’est pas qu’une question de talent et de moyens. Il faut surtout une bonne idée. Au bout du compte, la série est réussie, mais inégale.

SAISON 1

Le résultat n’obtient pas toujours la grandeur de l’idée dans cette première saison controversée. Le problème réside en fait dans la structure choisie, qui laisse une place trop grande aux stand-alone sans grande continuité entre eux, sorte de procédural surnaturel façon « 1 semaine = 1 enquête ». La majorité des épisodes est donc oubliable, et certains stand-alone, certes divertissants, restent bien médiocres.

L‘adjonction d’un conglomérat de méchants récurrents et insaisissables incarnés par un cabinet d’avocat maléfique, Wolfram & Hart, est une idée grandiose, mais qui ne s’impose que très tardivement dans cette première saison. La série se réinvente périodiquement au cours des saisons, (un peu comme Buffy le faisait), mais tâtonne sans toujours trouver sa place. C’est particulièrement le cas de cette première saison, où les évolutions ne sont pas systématiquement logiques et compréhensibles, et avancent sans que l’on sente un fil conducteur, un arc scénaristique.

Le spin-off se vautre un peu dans les clichés du polar pour faire de la série procédurière. Les monstres sont plus souvent cons que redoutables, et la mise en scène est parfois légère.  En revanche, les dialogues sont bien écrits, l’amitié entre Cordélia, Angel, Doyle ou Wesley est superbe et la saison aborde des thèmes sur l’ambiguïté morale assez pertinents. 

Le personnage de Kate Lockley apporte de la complémentarité, mais en dehors d’elle et de Lindsey McDonald, il y a peu de personnage secondaires et c’est pour moi un défaut majeur. Il y a de bons épisodes comme le cross-over « 1×03 La pierre d’Amara » qui voit pour l’occasion la participation de James Marsters (Spike) et Seth Green (Oz), ou encore le mystère à la Londonnienne « 1×11 Rêve prémonitoires », mais il faudra véritablement attendre le dix-huitième épisode avec l’entrée en scène de Eliza Dushku qui électrise l’environnement pour que la série trouve enfin son rythme. Mieux vaut tard que jamais. Le pilote est simple mais efficace, et le season final est de bonne facture.

Malgré tous ses défauts, lesquels sont légion, il faut en convenir, la saison 1 d’Angel possède un charme et une atmosphère indéniable. Le QG intime au style colonial des appartements d’Angel mélangé avec les bas-fonds de la métropole de Los Angeles et sa pléthore de personnages torturés ont contribué à l’identité visuelle de la saison et de la série.

A ne pas manquer :

  • 1×01 Bienvenue à Los Angeles
  • 1×03 La pierre d’Amara
  • 1×07 Enterrement de vie de démon
  • 1×08 Je ne t’oublierai jamais
  • 1×11 Rêves prémonitoires
  • 1×15 1753
  • 1×18 Cinq sur cinq
  • 1×19 Sanctuaire
  • 1×21 Force aveugle
  • 1×22 Le manuscrit

SAISON 2

On change de décor dans la saison 2, avec l’hôtel Hypérion, le Caritas et Pyléa, et des nouveaux personnages apparaissent (Gunn, Lorne, Darla, Drusilla, Merl…), témoignant une volonté d’asseoir la série. Ce foisonnement des personnages profite à la saison et permet en quelque sorte de varier les scénarios. A mon sens, il n’y a d’ailleurs pas de mauvais épisodes dans la saison 2, bien que quelques uns comme « 2×11 Déclaration de guerre » et « 2×16 retour à l’ordre » fassent retomber la tension comme un soufflé de façon décevante. 

La saison 2 se dote d’un véritable fil rouge et d’un big bad (pas toujours facile à identifier) en la personne de Darla. Le personnage de Darla étant tour à tour victime, antagoniste ou alliée, retrouve un rôle ambivalent et Julie Benz surpasse largement ce qu’elle a fait dans Buffy. Entre temps, on entre dans les rouages du maléfique cabinet Wolfram & Hart et on suit la rivalité sournoise et destructrice entre deux personnages d’exception : Lilah Morgan et Lindsay MacDonald. Ajoutez à cela un Angel qui sombre de plus en plus dans une noirceur abyssale et s’enferme dans son mutisme, une prophétie étrange dont les éléments semblent déjà se mettre en place, et vous obtenez 22 épisodes très captivants. 

L‘intrigue culmine avec le retour surprise de Drusilla, la renaissance de Darla en vampire et la mort spontanée du magnétique Holland Manners. La saison 2 s’amuse à retourner les cartes et il est souvent difficile de deviner comment les choses vont évoluer.

Du côté des Cross-overs, nous serons gâtés avec l’épisode « 2×07 Darla » qui représente avec « 5×07 La faille » chez Buffy, une plongée

excitante dans la mythologie des deux série. Aussi, Mercedes McNab (Harmony Kendall) et Alyson Hannigan (Willow Rosenberg) nous font la surprise d’être de la partie.

Le montage, la mise en scène et la réalisation sont bien plus maîtrisées qu’à la première saison, et le traitement des personnages évolue de façon positive. Cordélia devient petit à petit moins superficielle et moins égocentrique pour devenir une véritable héroïne, et Wesley se pose comme le personnage le plus ambigü de la série. Seul Charles Gunn n’a hélas, à mon sens, pas le charisme des autres personnages, en plus de se vautrer la plupart du temps dans les clichés du black défavorisé mais bien élevé ! Le gros point noir de cette deuxième saison est sans doute les départs de Christian Kane (Lindsey McDonald) et surtout Elisabeth Röhm (Kate Lockley) de la série, au moment où on avait encore plus de choses à dire à et à écrire sur leurs personnages !

Curieusement, les quatre derniers épisodes déplacent l’intrigue dans une dimension parallèle pour nous offrir une saga divertissante et colorée qui servira de focus pour tous les personnages, qui ressortiront de cette saison en ayant surmonté leurs craintes. Le hic dans cette curieuse structure, c’est que ces quatre derniers épisodes obligent le fil rouge de la saison à trouver sa conclusion entre le 16ème et le 18ème épisode, avec l’éviction de Darla et la défaite de Lindsey. Le final donne donc l’impression d’être à côté de la plaque !

A ne pas manquer :

  • 2×02 L’hôtel du Mal
  • 2×05 Cher amour
  • 2×07 Darla
  • 2×08 Le linceul qui rend fou
  • 2×10 Retrouvailles
  • 2×12 Argent sale
  • 2×15 Le grand bilan
  • 2×18 Impasse
  • 2×21 Sa majesté Cordélia
  • 2×22 Fin de règne

SAISON 3

L‘arrivée de Amy Acker (Fred) dans le casting est bénéfique et elle apporte un grain de folie à la série, ce qui est loin d’être négligeable dans une saison aussi sombre que celle-ci. La saison se découpe en deux temps, avec d’une part une première partie pleine de scénarios variés, de tons différents et de flashbacks bien sentis sur le passé d’Angélus, et d’autre part une seconde partie très noire, parfois ahurissante et conclue par une fin de saison gâchée.

C‘est dommage, car le nouveau Big Bad, Daniel Holtz, un chasseur de vampires du XVIIIème siècle ayant conclu un pacte avec le démon Sahjhan pour traverser le temps et les âges et tirer sa revanche sur Angélus et Darla, était un ennemi à la hauteur d’Angel, avec une caractérisation finalement très proche de son rival, à la fois complexe et torturée. Hélas, l’arrivée d’un bébé dans le scénario et la cascade d’évènements qui en découlera va faire dévier la fabuleuse intrigue sur la prophétie Shanshu et relayer au second plan le cabinet Wolfram & Hart ! Et pour finir, Daniel Holtz n’aura pas le droit à une fin digne de son personnage.

Dans la première partie, il y a de fabuleux épisodes, comme « 3×06 Billy » qui explore de façon choquante le thème de la misogynie, ou encore « 3×09 Le fils d’Angel » avec la prestation saisissante de Julie Benz qui va vous glacer les sangs. On retiendra aussi l’étrangeté de l’envoûtant « 3×13 Les coulisses de l’éternité » et le glacial « 3×17 Impardonnable » plus surprenant que jamais. 

Cette saison 3 comporte à mes yeux le pire épisode de la série toute entière avec le ridicule « 3×18 Quitte ou Double » centré sur le personnage de Gunn qui peine à trouver grâce à mes yeux. En revanche, c’est grâce à des personnage comme Lilah Morgan, qui s’impose désormais en femme fatale, que la série gagne des points. Le démon Sahjhan est aussi une caricature d’être humain réussie, avec un humour grinçant qui vaut le détour !

Les multiples coupes de cheveux de Charisma Carpenter me déstabilisent, même si Charisma est toujours aussi sexy. David Boreanaz en revanche, prend un peu de poids en fin de saison et commence à vieillir, et même s’il vieilli bien, c’est selon moi à partir de cette saison que son personnage de vampire immortel à commencé à atteindre sa limite de péremption. Difficile de garder la jeunesse éternelle pour un acteur trentenaire !

Avec sa fin amère et hasardeuse, l’arrivée d’un Connor fils d’Angel adolescent et la division d’Angel Investigation, la saison nous laisse sur une étrange sensation d’avoir été volé, d’avoir dévié dans la mauvaise direction ! Il faudra attendre la saison 4 pour comprendre que tout ça à bel et bien un sens. En attendant, la saison 3 reste l’une des plus discutable, alors même qu’elle comporte certains des meilleurs épisodes !

A ne pas manquer :

  • 3×01 A cœur perdu
  • 3×04 Dans la peau d’Angel
  • 3×06 Billy
  • 3×09 Le fils d’Angel
  • 3×10 Papa
  • 3×11 Anniversaire
  • 3×13 Les coulisses de l’éternité
  • 3×16 Bonne nuit Connor
  • 3×17 Impardonnable
  • 3×19 Le prix à payer

SAISON 4

Mazette ! Une saison qui enchaîne sur une intrigue continue pendant 22 épisodes ! Il se passe tellement de choses rocambolesques que tout ça est un peu fort de café à mon goût ! Et si les avis sont mitigés concernant cette saison, elle est pour moi la moins réussie des 5, la faute à une intrigue pleine d’incohérences, de controverses et d’explications hasardeuses. Par ailleurs, chaque épisode reprenant à la fin du précédent, on constate que mis bout à bout, toute l’intrigue des 22 épisodes se déroule sur une quinzaine de jours, et non sur une année ! C’est pour moi une faute incroyable !

Le personnage de Connor est si naïf et si influençable qu’il fait systématiquement les mauvais choix et qu’on se demande presque comment il peut-être le fils de deux êtres supérieurs tels que Angélus et Darla. Quand on apprend qu’au final, il n’est pas l’enfant prodige qu’on attendait en saison 3, mais seulement l’étape intermédiaire qui permettra la renaissance de Jasmine (la vraie big bad de la saison), on se dit que tout ça est un peu tiré par les cheveux !

L‘idée de Jasmine en revanche, est intéressante car elle amène son lot de thématiques sur le despotisme, le pouvoir des mots, le libre arbitre, la foi aveugle et l’endoctrinement. Des thématiques aussi culottés que véridiques. La Bête (le lieutenant de Jasmine) était aussi une créature fantastique qui aura su impressionner dans chacune de ses scènes !

L‘annihilation inattendue du cabinet Wolfram & Hart de Los Angeles est pour moi le point culminant de cette saison étrange, et « 4×08 Le piège » est l’épisode qui offre le meilleur divertissement de la saison, entre frisson et fascination. Les retournements de situations intempestifs ont toutefois tendance à perdre le téléspectateur en cours de route, et la disparition de la lumière du soleil est l’idée la plus abracadabrante de toute la série !

Le personnage de Cordélia est à mon grand regret massacré, et le couple œdipien qu’elle forme avec Connor a de quoi choquer ! Charisma Carpenter me donne l’impression de quitter la série par la petite porte et j’en suis profondément déçu. Le personnage de Lilah Morgan en revanche quitte la série par la grande porte, ayant été le personnage le mieux développé de la saison pour moi.

Enfin, nous pourrons compter sur la participation de Eliza Dushku, Alyson Hannigan et Julie Benz pour rehausser l’intérêt du scénario, et sur une épilogue en guise de season final pleine de promesses. On sent que la série va se réinventer une fois de plus, mais cette fois avec un coup de génie !

A ne pas manquer :

  • 4×01 Dans les abysses
  • 4×03 Le casino gagne toujours
  • 4×04 Mensonges et vérités
  • 4×06 La bouteille magique
  • 4×07 Le déluge de feu
  • 4×08 Le piège
  • 4×13 Le retour de Faith
  • 4×15 Orphée
  • 4×19 La balle magique
  • 4×22 Une vraie famille

SAISON 5

La saison 5 est une sorte de reboot, souvent considérée comme la meilleure saison, et flirtant avec le génie lorsqu’Angel accepte la proposition des Associés Principaux de Wolfram & Hart pour prendre le contrôle de la succursale de Los Angeles. Les épisodes excellents se succèdent et on a alors droit à mon sens aux meilleurs épisodes de toute la série : « 5×01 Convictions », « 5×04 Au bord du gouffre », « 5×11 Folle », « 5×15 Un trou dans le monde » ou encore « 5×22 L’ultime combat ».

La série renoue avec les bonnes vieilles intrigues fantastiques d’autrefois (loup-garou, nécromancien, fantômes, robots, sortilèges maléfiques, marionnettes animées, créatures parasitaires et autres sarcophages de momies), et reprend son arc scénaristique au sujet de la prophétie Shanshu, qui reste à mon sens le gros fil conducteur de la série, démarré à la fin de la saison 1 puis laissé plus ou moins en suspend à la fin de la saison 2. Quelques bons vieux personnages sont de retour (Lindsey, Cordélia, Connor, Sahjhan, Harmony, Spike, Darla, Drusilla…) et il ne manquait plus que Kate ou Lilah pour que le tableau soit complet. En somme, cette saison 5 fonctionne à la manière d’un retour aux sources, tout en se réinventant. 

Le budget de la 5ème saison est réduit, et pourtant la qualité est au rendez-vous, que ce soit dans les nouveaux décors à l’atmosphère réussie, les prises de vues artistiques, les cascades flamboyantes ou dans les effets spéciaux. Par ailleurs, les scénaristes ont eu l’audacieuse idée de réintégrer Spike, et le moins que l’on puisse dire, c’est que son retour est réussi, et que sa relation haine/amitié avec Angel pétille d’énergie. En outre, la disparition de Charisma est adoucie par l’imitation astucieuse de la Cordélia d’origine par Mercedes

 

McNab, qui prouve son talent comique comme personnage récurrent. J’ajouterai que la saison 5 apporte son lot de cross-overs avec Buffy contre les vampires, bien qu’elle se situe un an après la fin de cette dernière. Ainsi nous aurons la joie de revoir Andrew avec sa hotte remplie de nouvelles du Scooby-gang, et quelques unes des Tueuses Potentielles en éveil à travers le monde.

La mort de Cordélia dans le 100ème épisode va vous nouer la gorge, tout en lançant le top départ pour la dernière ligne droite avant le grand final de la série, et mine de rien, les 10 derniers épisodes sont peut-être bien les meilleurs (« 5×13 Le sous-marin » demeure la seule anomalie de cette dernière ligne droite). C’est à ce moment qu’on se dit que la série aurait peut-être dû commencer là où elle s’est arrêté. Si seulement on nous avait balancer l’idée du Cercle de l’Épine Noire plus tôt, si seulement on n’avait pas mis la prophétie Shanshu de côté pendant les saisons 3 et 4, peut-être aurions-nous eu plus de réponses aux questions laissées en suspend. gageons que les comics nous en apprennent plus sur le rôle d’Angel dans la prophétie, car il y en a encore beaucoup à dire !

L‘arrivée d’Illyria vers la fin est renversante, le ton devient résolument plus sombre et quasiment cathartique, le final est éblouissant et culotté, et Wesley y trouve une mort aussi saisissante que sans gloire. Enfin, j’avoue avoir un petit coup de cœur pour « 5×20 La fille en question », que je considère comme un dernier moment de légèreté avant le final. Un véritable bijou d’humour !

A ne pas manquer :

  • 5×01 Convictions
  • 5×04 Au bord du gouffre
  • 5×07 Lignée
  • 5×11 Folle
  • 5×14 Les marionnettes maléfiques
  • 5×15 Un trou dans le monde
  • 5×16 Coquilles
  • 5×20 La fille en question
  • 5×21 Jeu de pouvoir
  • 5×22 L’ultime combat

2 thoughts on “ANGEL | La critique caustique du Juge sur la série Angel et ses 5 saisons”

  1. Merci pour ces commentaires je n ai pas vu toutes les saissons
    Fan de Buffy que je revoie sans arrêt J aime le personnage de Spike et contente de le revoir dans la 5eme saison

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *