Parfum d’Italie – Partie II

Attention cette fanfiction dont Angélus est le centre est classée N-18

Attention cette fanfic contient des spoilers Angel saison 5

 

Tandis qu’elle tirait sur les portes des armoires trop précieuses, à la recherche de vêtements qui pourraient l’aider pour une fuite en avant, Buffy se disputait avec ses pensées.
Aussi fort que sa raison lui ordonnait de quitter les lieux, son corps lui ordonnait de garder le lit du vampire.
Arrêtée devant la penderie aux chemises, elle régula sa respiration pour interdire à son corps de penser.  » Cours, cours vite loin d’ici…prends l’avion et rejoins Dawn chez Alex ! « 

En visionnant volontairement l’image de sa jeune sœur, dont elle avait la garde depuis la mort de leur mère, Buffy voulait revenir à la réalité d’hier.
Elle visionna Angel, Alessandro, tout ce qui pourrait l’aider à sortir des ténèbres où le retour d’Angélus l’avait plongé.
Elle réalisait qu’en restant, elle mourait. Que ce soit par la main ou les crocs du vampire, ou par la seule brûlure de son cœur déjà meurtri par la jalousie, elle mourait.
Le mal aise qui la comprimait était le signe avant coureur d’un sentiment qu’elle refusait d’admettre, mais qu’elle savait pourtant bien là.
Pour étouffer ce sentiment qui a coup sûr la rongerait, elle tournait le dos aux mains trop douées du vampire qui savait si bien essuyer les larmes trop brûlantes qu’il tirait d’elle, à la saveur unique de sa peau qu’elle réclamait déjà, à son torse presque trop large qui s’était présenté comme le refuge qu’elle n’attendait pas et où elle était trop tentée de trouver sa place. Une place unique pour son cœur sans vie.
– » Je suis folle !  » Lança Buffy à haute voix pour revenir à la raison tandis qu’elle enfilait une des chemises du vampire pour le plaisir de son corps qui voulait.
Résolue à fuir le vampire au plus vite, elle repensa à Alessandro, dernier de ses soupirants, à sa douceur.
Alors elle voulue se frapper elle-même, en constatant que seul un sentiment de désolation profonde l’habitait encore. Toute sa révolte d’amoureuse blessée désertait.
Pour se fuir elle-même, elle se précipita brusquement sur une commode, seul meuble non visité jusque là.
En tirant à elle le second tiroir, la surprise lui fit ouvrir la bouche.
Soigneusement pliés, ses vêtements attendaient près de ses chaussures d’été.
Buffy se saisit fiévreusement de son jeans et l’enfila à même la peau. Elle glissa rapidement dans ses sandales découpées, et d’un pas qu’elle aurait aimé plus assuré, s’élança vers la porte.

En laissant la porte grande ouverte dans son dos, Buffy s’avança prudemment à travers le couloir qui courait devant elle.
Elle entendait ses pas s’étouffer dans le moelleux du tapis qui sillonnait le marbre italien.
Elle entendait ses nerfs craquer sur chaque crépitement furtif que lui lâchaient les petites torches dans le mur.
Leurs flammes poussaient si timidement que Buffy scrutait presque l’espace afin de s’ouvrir la marche.
Arrivée devant le grand escalier, elle hésita.
La pénombre proche de la nuit qui l’attendait plus bas ne lui disait rien de bon. Malgré le silence qui régnait, elle aurait su dire pourquoi, mais elle avait la brusque sensation d’être observée.
Cependant elle amorça la première des marches. Soudain le souvenir de sa traversée dans les bras d’Angélus à travers la salle pleine de vampires la stoppa.
De nouveau sur le palier, elle opta finalement pour le couloir qui faisait face à celui de la chambre. En s’engageant sur cette nouvelle obscurité avec un espoir tout neuf de sortie plus facile, elle passa deux portes closes, proches l’une de l’autre.
Amorçant en aveugle l’angle droit qui tournait sur la gauche, Buffy se plaqua soudain contre la cloison où la tapisserie lui glaça les mains.
– » C’est ma chemise ?  »
Suspendue sur elle-même, sa raison lui disait de le repoussait pour le fuir à toutes jambes mais elle restait prise comme dans un phare, laissant Angélus éprouvait en connaisseur, lentement entre ses doigts, le tissu fragile qui flottait autour d’elle.
Un battement de cil plus loin, sa main libre en appui contre la cloison, il penchait légèrement la tête pour mieux capturer à travers la pénombre son regard lumineux.
Prisonnière entre lui et le mur, Buffy ouvrait la bouche pour parler quand elle sentit les doigts du vampire lâcher la chemise, remonter contre sa gorge, atteindre sa joue et repousser ses cheveux soyeux derrière son oreille.
– » Où tu comptes allez comme ça ?  » Murmura t’il à peine audible.
– » Chez moi.  » Souffla Buffy d’une voix qu’elle aurait souhaité plus ferme.
Tandis qu’il la crucifiait d’un regard obscure, ses longs doigts souples abandonnèrent sa chevelure pour traîner sur l’humidité de ses lèvres.
Aussitôt Buffy clôtura ses deux fenêtres émeraude.
Elle s’interdisait de le regarder mais chaque papille de son être était à l’écoute de lui.
Il sentait la rue.
L’odeur de la rue où les corps se mélangent pour mieux se battre, ou mieux s’aimer.
Buffy se demanda vivement dans quel bouge il avait fait traîner son manteau tout propre.
Afin d’assommer le sentiment vicieux de la jalousie qui la vrillait, elle détourna la tête pour échapper au doigts trop magique qui la ramollissaient.  » Il peut bien aller traîner où il veut et que le diable l’emporte !  » se persuada Buffy tandis qu’il ramenait doucement son visage vers lui.
Le geste trop lent lui fit ouvrir les yeux.
Figée sur le regard fiévreux, elle se parlait à elle-même.
 » Tout cela n’a aucun sens…La jalousie ne peut pas m’atteindre, je ne l’aime pas, il n’est pas Angel !…Alors pourquoi je me sens si mal…pourquoi j’ai envie de le frapper…pourquoi le parfum féminin qui flotte sur son manteau est en train de me tuer…pourquoi j’ai brusquement, follement envie de mordre ses lèvres, pourquoi je veux dans l’urgence ses mains sur mon corps ?  »
Elle ne saurait jamais lequel des deux s’était penché le premier.
Elle ne saurait jamais lequel des deux avait été chercher la langue de l’autre.
Fébrile, elle détachait les boutons nacrés de sa chemise pour mieux l’écarter furieusement sous le manteau.
A la recherche de sa peau qu’elle buvait, elle se fit brusquement soulever. Alors les mains ramenées autour de son cou, elle réalisa qu’il la pénétrait déjà.
Son désir trop violent pour sa peau de vampire avait simplement gommé les doigts déboutonnant son jeans.
C’était elle qui partait à l’assaut de son corps, elle qui repoussait l’encolure du manteau pour sentir, goûter, la naissance de ses épaules si puissantes.

En plein contentement, chaque recul lent du vampire qui la quittait presque, la faisait sanglotait douloureusement sur le besoin qu’elle avait de le gardait en elle. Chaque avançait presque trop lente la gardait bouche ouverte pour mieux gémir le plaisir d’être clouée sur le mur par ses fesses mises à nues.
Elle sentit une des mains du vampire verrouiller sa nuque fragile pour l’enfermer brusquement contre son cou.
– » Buffy…  » Murmura t’il pour lui-même, sur le sanglot de la jeune fille qui plongeait dans l’extase.
– » Buffy Summers…tu es à moi.  » Rajouta t’il audible juste pour elle.
– » Oui.  » Pleurnicha t’elle, brusquement certaine.

L’orgasme violent qui les secouait n’avait besoin de rien d’autre si ce n’est les cris de la jeune fille.


Buffy réalisait le mot tout simple qu’elle venait de lui lâcher, sans la quitter des yeux, il la redéposait lentement sur le sol, ramenait son jeans sur ses petites fesses, le boutonnait.

Encore étourdie sous le regard trop brillant, Buffy le vit sortir de la poche revolver de son pantalon en cuir un petit trousseau de clés qu’elle connaissait bien, pour la bonne raison que c’était celui de sa petite Fiat.
– » Elle est garée devant la maison. Laisse moi, je t’ai assez vu…  »
Il leva la tête un instant à la recherche d’une pensée, puis la fixa à nouveau.
Buffy s’étrangla sur le froid de ses clés, glissées dans le creux d’une de ses mains.
Brusquement elle fit volte face et parti à toutes jambes pour empêcher à ses larmes de passer devant lui la barrière de ses cils.
Alors que le vampire la voyait atteindre le palier pour mieux se jeter à travers l’escalier, une porte s’entrouvrait pour laisser passer une jeune femme blonde.
Elle alla jusqu’à lui et posa une main sur sa manche.
– » Angélus, tu es amoureux de la tueuse ?  »
Il sortit de ses pensées, lui jeta un coup d’œil rapide, puis attacha de nouveau son regard sur le palier maintenant désert.
– » Pour tuer cette fille,…il faut l’aimer. « 


Les larmes qui lui brouillaient la vue l’empêchaient de glisser correctement sa clé dans le démarreur de sa petite Fiat familière.
Aussi le front en appui contre le volant, elle laissa éclater volontairement un sanglot pour stopper le courrant de ses larmes.
L’instant d’après, nerveuse, elle démarrait enfin sa voiture qui cria brusquement sur les graviers de la propriété qu’elle fuyait.
Le portail à peine passé, elle reconnut à travers les phares de son véhicule qui trouait la nuit, le quartier résidentiel qui abritait à un autre niveau la villa d’Alessandro.
Buffy avait hâte de retrouver ses objets familiers, toutes ses petites choses importantes qui font les grandes, sa vie, le nid douillet aménagé avec Dawn.
Son dépit envers le démon qu’elle laissait derrière elle la faisait trembler de part trop, alors elle stoppa sa voiture sur le bas coté de cette route passagère, où les phares qu’elle croisait l’éblouissaient plus que de raison.
Le front appuyé contre sa main qui tenait le volant, elle tenta d’éclaircir ses idées.
 » Pourquoi Angel n’est plus là ?…Qu’est ce qui s’est passé à L.A. qui justifie le retour d’Angélus ?…Où est son équipe ? Spike ?…Pourquoi on ne m’as rien dit ?…Giles doit savoir, Angel l’a appelé ce printemps, il voulait voir Willow. Pourquoi ?…Dès demain j’appellerai Giles, il doit savoir obligatoirement quelque chose…  »
Buffy qui s’organisait un plan d’attaque, suspendit son geste alors qu’elle s’apprêtait à redémarrer sa voiture.  » Si je demande des nouvelles d’Angel à Giles, il va tout de suite comprendre que quelque chose ne tourne pas rond…si je lui parle d’Angélus je vais tout de suite l’avoir sur le dos…et puis, que peut bien savoir Giles du fin fond de son Angleterre ?…Rien !  »
En évitant Giles, Buffy refusait de croire qu’elle protéger encore le démon ténébreux comme six ans plus tôt.

Elle se sentait mal à l’aise devant sa vie trop facile de ces derniers mois, qu’elle s’était accordée comme on s’accorde des vacances.
Elle avait eu vent au printemps qu’Angel et son équipe rencontraient des difficultés, mais Buffy savait bien qu’Angel était de taille à se débrouiller sans elle.
Brusquement une idée la traversa.
 » W & H !…Eux doivent savoir ce qui s’est passé sur l’antenne de L.A….Dès demain, je leur rendrai visite ! « 
Sur cette dernière pensée qui était le début de l’action qu’elle attendait, Buffy presque trop calme reprit la route en direction de son petit appartement romain.
Le poison nommé Angélus qui infiltrait directement son cœur, envahissait trop bien son corps par le chemin tracé de ses artères en ébullition.
Alors Buffy serrait les lèvres pour l’empêcher de débordait jusqu’à l’anéantir pour de bon.


Quand Buffy poussa enfin derrière elle la porte de son appartement, elle ne réalisait toujours pas comment son véhicule avait réussit la prouesse de l’emmener sans accrocs jusque chez elle. Plongée dans ses pensées elle avait laissé défiler la route en aveugle.
Elle traversa la pièce principale, et s’engagea directement dans le petit couloir qui menait à la salle de bain.
En passant devant la chambre de Dawn, elle ne résista pas au fait d’y pousser la porte et d’en faire jaillir la lumière.
Une chape de plomb figeait le lieu soudainement trop bien rangé.
Les livres et les cahiers habituellement empilés en tout sens, désertaient.
Seuls deux compacts disques qui traînaient sur le couvre lit trop parfaitement tendu, rappelaient la personnalité de la jeune fille absente.
Buffy voulut soudain plus que tout que Dawn soit là, pour faire crier sa musique qui habituellement lui cassait les oreilles.
Sur un sentiment d’abandon, elle quitta la chambre.

Sur le carrelage de la salle de bain, elle piétina presque son jeans avant de le fourrer, sans le regarder, dans le coffre à linge sale.
Il portait l’empreinte du vampire et Buffy le savait que trop bien.
Les doigts tremblants, elle s’attaqua aux boutons qui fermaient encore la chemise du vampire. Elle était pressée de s’en débarrasser, de l’expédier au loin, toutefois, elle la posa méticuleusement sur le coffre qui venait d’avaler son jeans.
La seconde suivante, elle était dans la douche.
En faisant couler l’eau directement sur son visage, Buffy espérait laver ses idées. Et malgré la conviction qu’elle y mettait, il était toujours là.
Suspendu dans sa tête, il la regardait d’un regard trop fiévreux pour que Buffy puisse seulement l’écarter.
Son sourire vaniteux, son air détaché à l’instant où il avait glissé les clés dans le creux de sa main, les mots qui l’avaient crucifié. Elle avait eu la douloureuse impression d’être ramené au jour de ses dix sept ans.
Brusquement elle se sentit déchirer par son cœur qui crevait. Vivement elle se plaqua contre la faïence pour tenter d’essuyer les sanglots qui la secouaient.
Inconsolable, elle glissa sur elle-même jusqu’à poser ses fesses. Alors elle enferma ses genoux contre sa poitrine pour mieux y poser sa tête.
Tandis que l’eau l’aspergeait finement, elle laissa aller sa peine.

Elle ne pouvait plus se cacher les sentiments qu’elle éprouvait pour ce démon sans âme qui avait l’apparence d’Angel. Même si elle réalisait qu’aucune relation n’était possible entre eux, elle s’enfonçait en pensant que les relations impossibles avaient de toute façon toujours été son quotidien, alors pour quoi pas celle là. Mais Angélus c’était différent.
Buffy pensa à l’adjectif  » indomptable  » pour le qualifier.
– » Oui,…Indomptable.  » Murmura t’elle à haute voix.
Pourtant elle était presque certaine de l’avoir entendu gémir son prénom alors qu’il la clouait sur le mur du couloir.
Elle plaqua brusquement sa main contre sa bouche pour empêcher un sanglot de plus.
 » Je suis un monstre.  » Pensa t’elle en réalisant à quelle vitesse le vampire avait gommé son intérêt pour Alessandro.
Lasse de tout et d’elle-même en particulier, elle lissa ses cheveux en arrière, se redressa et coupa les robinets.

Enveloppée dans sa sortie de bain, elle gagna sa chambre pour mieux s’écrouler sur son lit.
Elle tira de dessous elle, le vêtement sur lequel elle s’était couchée.
C’était le petit haut blanc qu’elle avait délaissé au profit du petit noir fleuri.
Malheureuse, elle le jeta brusquement sur le carrelage pour mieux écarter une époque heureuse qui ne voulait plus d’elle.
Elle eut une pensée pour les jeunes tueuses vers qui elle allait se rapprocher pour ne pas sombrer, à W & H qu’elle visiterait dès le matin, à Angel…à Angélus, à Angel, à Angélus qui allaient se disputer les rêves et les cauchemars de sa nuit qui s’agitait déjà.

 

A travers les larges baies vitrées qui couraient le long du hall, Buffy observait la bureaucratie qui s’activait.
-« …Oui, madame Giacomo.  » Répéta t’elle au réceptionniste.
Même si son italien était loin d’être parfait, elle était certaine que l’homme face à elle avait parfaitement compris.
En raccrochant le combiné téléphonique, il finit par lui articuler.
– » Quelqu’un vient. « 
Elle s’écarta dans l’attente.
A deux reprises déjà, au cours d’un repas dans la somptueuse villa d’Alessandro, elle avait eu le privilège de rencontrer cette madame Giacomo qui dirigeait le W&H italien.  » Comme Angel celui de L.A.  » Pensa Buffy brusquement nerveuse.

Un homme aussi blond que les italiens peuvent être bruns, s’avançait dans son costume trop bien coupé.
Immédiatement Buffy compris qu’il était là pour elle.
Le mal aise qui la saisit s’aggrava presque quand les yeux trop bleus de l’homme la dévisagèrent.
– » Mademoiselle Summers ?  » Lâcha t’il d’un anglais parfait sur un fort accent germanique.
– » Heu…Je désirais rencontrer madame Giacomo.  »
L’homme trop élégant saisit le bras de Buffy pour quelques pas dans le hall. Surprise sur la manière, elle se laissa toutefois conduire.
– » Madame Giacomo n’est malheureusement plus ici mademoiselle Summers. Elle a été victime d’un grave accident.  »
– » Ho !  » Lâcha Buffy qui soudain ne pensait plus qu’à fuir.
– » Vous vouliez la voir pourquoi ?  »
Il s’était arrêté de marcher, et la fixait d’un regard glacé qui dérangea Buffy au point qu’elle voulait reprendre son bras prisonnier.
– » Nous avions un ami en commun dont je voulais des nouvelles.  » Balbutia t’elle.
– » Je peux peut-être vous renseigner.  » Lâcha t’il, en posant sa main libre sur le poignet de Buffy dont il capturait toujours le bras.
– » Je ne crois pas.  »
– » Vous êtes sûr ?  » Insista t’il tandis que Buffy sentait les doigts imprimer de plus en plus fort son poignet.
Le regard bleu perçait sur la pression quand Buffy réalisa subitement qu’elle était victime d’une menace.
Vivement elle sauva son poignet et brisa le contact.
Elle dévisagea l’homme sans un mot, la seconde d’après elle traversait le hall en direction de la sortie. Le dos transpercé d’une menace sourde qu’elle sentait bien là, elle s’appliquait à ne pas courir en observant les veines du marbre qui recouvrait le sol.

A peine dehors, elle s’appuya contre le mur de l’immeuble pour respirait profondément sur les battements accélérés de son cœur.

Alors qu’elle remontait l’avenue trop bruyante en direction de sa voiture garée, tout se bousculait en elle.
Elle était certaine de la menace de ce jeune allemand qui remplaçait cette personne sympathique qu’avait été madame Giacome.
Même si elle avait donné son nom au réceptionniste, Buffy eut la conviction intime que le jeune allemand savait qui elle était.
De plus en plus mal à l’aise, elle s’engouffra dans sa Fiat comme si soudain la ville entière lui en voulait. Rapidement elle regagna son appartement.

Calfeutrée chez elle, sursautant au moindre bruit dans l’escalier, Buffy avait laissé les minutes et les heures défiler sur des pensées tortueuses.
Assise sur son canapé, elle se décida à décrocher le téléphone sans fils qui attendait posé près d’elle sur un petit meuble en coin.
Quand la tonalité propre à l’appel longue distance résonna à travers le combiné, elle sursauta presque.
– » Giles !  » Lança t’elle dans un sourire, soudain heureuse d’entendre la voix de l’homme qui avait été l’Observateur. Le sien.
Tandis qu’il disait sa surprise et son bonheur de l’entendre enfin, Buffy marchait dans la pièce de plus en plus nerveuse.
Elle ne savait pas bien comment lui présenter les choses, comment le questionner lui, sans éveiller ses observations.
Quand le silence se fit entendre à l’autre bout de la ligne, elle fut bien obliger de parler.
Elle se lança simplement.
– » Giles…Heu, je tente de joindre Angel mais ses bureaux ne répondent plus. Vous avez des nouvelles de votre coté ?  »
Le souffle suspendu, elle attendait une réponse qui marquait un temps à venir ou simplement une surprise à la question.

Brusquement dépitée, Buffy se laissa tomber sur le canapé pour mieux répondre à Giles.
– » Non juste comme ça, c’est juste que…ça m’embête de ne pas savoir où le joindre…Oui, vous avez raison, il finira bien par m’appeler un de ces jours prochains…Dawn ? Chez Alex…Je vous le promets, oui… « 
Quand Buffy raccrocha, elle n’était pas plus avancée.
Giles n’avait eu aucune nouvelle d’Angel. Il savait juste que les bureaux de W&H avaient été transférés dans un autre quartier de L.A. et qu’Angel après une lutte sans merci, n’était plus à leur tête.  » Sage décision qu’il a pris là !  » C’était exclamé Giles, certain que le vampire avec une âme avait eu le choix.
Buffy saisit à nouveau le téléphone et composa le numéro du foyer, géré par le conseil des Observateurs, où elle savait trouver les jeunes tueuses.
Sarah décrocha.
Surexcitée d’avoir l’Elue au bout du fil, elle proposa tout de suite à Buffy de se joindre au petit groupe en congé ce soir là pour une soirée autour d’une pizza dans un des restaurant de la ville que Buffy connaissait bien.
Un peu hésitante au début, Buffy finit par accepter sous la pression.
Elle resta un instant repliée sur elle-même puis décida de profiter de cette soirée qui pourrait lui faire que du bien.

A la sortie de la douche, elle se sécha soigneusement les cheveux à l’aide de son séchoir à main et poussa même le soin à se farder un peu. Elle quitta la salle de bain sans un regard à la chemise d’Angélus qu’elle avait pris soin d’éviter.
En attente devant son armoire grande ouverte, elle hésitait sur le choix de ses vêtements.
Le restaurant choisi par les filles était simple mais il relevait d’une certaine élégance pour que Buffy évite le jeans.
Elle finit par porter son choix sur un pantalon en fine cotonnade blanche et sur un petit haut noir qui se croisait sur le devant pour mieux s’attacher dans le dos. Même si il laissait voir un peu de son ventre, Buffy jugea qu’il n’avait rien de vulgaire.
Satisfaite de l’image que lui renvoyait le miroir, elle se saisit de son sac à main et quitta son chez elle.


En entrant dans le restaurant, Buffy se fit happer par les jeunes tueuses qui occupaient déjà leur table.
Sarah, Anna et Chéryl la firent tout de suite assoire pour mieux la noyer sous un flot de questions, qu’elles lançaient à voix basse dans ce restaurant où les serveurs circulaient trop souvent entre les tables trop nombreuses qui ce soir semblaient toutes occupées.
Buffy leur répondait d’un sourire enjoué, heureuse de se changer les idées à travers le babillage des jeunes filles qui lui rappelaient Dawn par certains cotés.
Le serveur la débarrassait de la carte des menus en emmenant sa commande quand elle se figea presque sur le geste. Elle pâlit si brusquement que Sarah s’inquiéta alors.
– » Ca ne va pas Buffy, tu es toute pâle.  »
Buffy se dessina un semblant de sourire.
– » Ca va, juste un peu chaud.  »
Elle plongea aussitôt dans son verre d’eau minérale tandis que les filles continuaient leur conversation animée.
La seconde d’après, Buffy ne pouvait s’empêcher de lever les yeux pour aller chercher son regard.
Il était là.
A trois tables d’elle, il l’observait sans tenir compte des deux hommes et de la femme qui l’accompagnait.
Le regard d’Angélus était si perçant qu’il traversait l’espace sans problème pour mieux venir la clouer.
Elle le vit remuer les lèvres, sans même bouger un cil, pour répondre à la conversation de sa table.
Elle s’entendit répondre aux filles, sans même bouger un cil, pour mieux le détailler, chose dont elle ne pouvait s’empêcher.
Pas de pantalon en cuir ce soir, pas de long manteau non plus, juste un costume italien parfaitement coupé qui faisait paraître encore plus détendues ses longues jambes qu’il croisait négligemment dans sa direction.
La chemise gris pâle éclairait son visage de façon si séduisante, que Buffy remua sur sa chaise. Elle finit par le fuir en posant ses yeux sur la jeune blonde près de lui.
La robe rouge qu’elle portait était si élégante que Buffy voulut soudain disparaître avec son pantalon trop blanc.
Elle s’attachait sur les doigts trop impeccablement peints quand elle les vit saisir une des mains d’Angélus que le vampire gardait abandonnée sur le pli de son pantalon.
Comme un ressort sort de sa boîte, Buffy quitta brusquement son siège pour mieux sortir d’elle-même. Même si le regard ténébreux la tenait inévitablement verrouillé, elle quitta la table en s’excusant auprès des filles.
Elle se dirigeait rapidement vers les toilettes pour essuyer la nausée qui montait, fuir le couple générateur de sa gêne.

Le cœur et l’estomac au bord des lèvres, hachurée par la jalousie, elle vomissait dans la cuvette des toilettes désertées, le peu qu’elle avait absorbait durant la journée.

Les yeux pleins de larmes sur l’effort, elle actionna la chasse, poussa la porte et se dirigea vers l’un des lavabos où elle se rinça la bouche avant de regarder le miroir.
L’image renvoyée lui fit peur.
Livide, les cernes de ses yeux s’accentuaient sur un maquillage devenu inutile.
Elle renifla peinée d’elle-même et se dirigea vers le distributeur de serviettes en papier pour tenter de réparer les dégâts de son maquillage qui coulait.
La première feuille dans les mains elle le sentit, le courrant d’air lâché soudainement par la porte d’entrée.
Aussitôt elle fit volte face pour voir son torse de trop près.
Suspendue au regard trop pénétrant, elle vit son sourire vaniteux s’effacer pour le laisser parler.
– » C’est moi qui te mets dans cet état mon amour ?  »
Incapable de parler elle serra les lèvres et la feuille en papier, qu’elle tenait toujours entre ses doigts comme une barrière entre eux.
Elle sentit plus qu’elle ne les vit, les doigts d’Angélus s’emparer de la serviette en papier avant de la laisser tomber sur le sol.
L’instant d’après, il posait une main sur une de ses joues pour laisser son pouce essuyer une larme mêlée de maquillage.
– » Ne me touches pas.  » Murmura Buffy d’une voix sourde.
Il lissa ses cheveux blonds en arrière de son front, avant de finalement glisser ses mains dans les poches de son pantalon.
Elle était si minuscule devant lui, qu’il se pencha un peu pour mieux la verrouiller du regard.
– » Je te fais peur ?  » Murmura t’il attentif plus que de raison.
– » Non.  » Laissa t’elle passer.
– » Alors c’est de toi que tu as peur ?  »
– » Oui.  » Souffla t’elle à peine audible en détachant son regard.
Il glissa une main sur le bas de ses reins pour mieux la ramener à lui et plongea à la naissance de son cou.
– » Laisse moi.  » Pleurnicha Buffy trop proche de la chemise où elle voulait poser les mains.
En émoi sur le parfum subtil qui se dégageait d’Angélus, et qu’elle reconnaissait entre mille, elle étouffa un gémissement nerveux qui relevait le désir qu’elle avait de se frotter contre lui. La seconde suivante, tandis qu’il posait sa bouche entrouverte sur l’arrondie de son épaule disputée au petit haut trop conciliant, les sens en ébullitions, bouleversée, elle saisissait nerveusement les cheveux de sa nuque.
Alors elle glissa vivement ses doigts fins dans la chevelure pour le ramener presque brutalement vers sa bouche qui le voulait plus que tout. Le vampire se laissa aspirer, elle s’entendait sangloter sur la caresse trop puissante de la langue mais déjà il la privait du baiser.
Ecrasée contre son torse, suspendue dans l’espace par la seule volonté des bras forts qui la serraient, elle tentait de soutenir le fil du regard trop intense.
Elle comprit qu’il allait la redéposer sur le sol pour mieux s’écarter et partir. Alors brusquement, comme un enfant à qui ont retire son jouet préféré, elle eut envi de se mettre à pleurer. A genou devant son désir trop violent, elle saisit nerveusement sa chemise dans l’espoir fou de le garder un peu. Mais tandis que ses pieds prenaient à nouveau contact avec le sol, le regard d’Angélus se posait sur la main qui froissait sa chemise. Buffy lâcha lentement le tissu qui ne lui appartenait pas, il vola le regard émeraude qui lui appartenait déjà.
– » Viens chez moi demain soir…Je donne une soirée.  » Murmura t’il à peine audible.
Surprise, Buffy entrouvrait la bouche mais déjà il la lâchait, et s’éloignait, une main dans les cheveux de sa nuque pour les remettre en place.
Avant de passer la porte, il se tourna vers elle pour lui lancer d’un sourire indéfinissable.
– » J’aimerai beaucoup que tu sois là.  »
Il sortait en rajoutant comme pour lui-même, d’un regard qui défiait presque le plafond.
– » Chose étonnante, tu vas t’amuser.  »
Les yeux fixés sur le battant de la porte, Buffy resta tremblante sur son humidité que le vampire savait trop vite déclancher.
Au bout de ses pensées, elle se précipita sur l’un des lavabos.
Vivement elle aspergea sa nuque d’eau claire pour faire baisser la température de son corps.
Alors elle réalisa à quel point il lui faisait perdre le sens des réalités.
S’il n’avait pas stoppé, elle aurait gémi et crié là, sans autre forme de procès, au vu et au su de tout le monde, dans les toilettes publique d’un restaurant.
Elle eut un sanglot, désolée pour elle-même.

Enfermée sous des pensées trop sombre, elle retourna dans la salle du restaurant juste pour voir Angélus quitter les lieux en compagnie de ses invités.
Il n’avait pas un regard dans sa direction, mais quand sur le point de passer la porte de sortie sa grande main se cala sur les reins de la jeune blonde trop élégante, Buffy compris qu’il n’était pas dupe de sa présence dans la salle, et du fait qu’elle mitraillait sa nuque où quelques minutes plus tôt, elle avait encore les mains posées………………A suivre…………..

 

Toute la journée Buffy avait pesté contre elle-même, contre Angélus.
Alors que la nuit était bombée, elle se posait toujours des questions sans réponses sur l’énigmatique invitation du vampire.
 » Qu’est ce qu’il vient faire dans cette ville ?…Il m’enlève, me séquestre, me dit que je suis à lui pour mieux me jeter comme un vieux paquet de linge hors d’usage…  »
Elle voulait des réponses.
Brusquement elle pris la décision de se rendre à la villa du vampire où la soirée avait déjà du commercer.
Elle se précipita sur les premiers vêtements qui lui tombèrent sous les mains comme pour mieux s’empêcher de faire demi tour.
Un colère sourde contre Angélus l’habitait en enfilant sa petite jupe blanche, cependant Buffy savait bien qu’elle allait à ce rendez vous pas comme les autres dans le seul but d’être près de lui.
Exaspérée contre elle-même, elle quitta son appartement comme si le diable lui-même était à ses trousses.


En stoppant sa Fiat sur les graviers qu’elle avait fait crier deux jours plus tôt, Buffy figea son regard sur la villa qui semblait presque trop éclairée tout à coup.
Pour mieux atteindre l’entrée principale où quelques hommes étaient postés, des vampires à n’en pas douter, Buffy mesura le rythme de sa respiration en marchant entre les véhicules garés en tout sens.
Elle s’apprêtait à parler pour les vampires, qu’elle avait bien envi d’embrocher pour le coup, mais dès qu’elle posa un pied sur le perron ils s’écartèrent pour la laisser passer.
Alors comme l’invité de qualité qu’elle était en droit de croire, elle s’avança sous leurs regards furtifs.
Buffy savait bien que certains vampires étaient moins dégénérés que d’autres.
Elle se souvenait d’Harmony qui durant toute l’année dernière avait tenu pour Angel le rôle de secrétaire, sans pour autant se nourrir des clients.
A peine la double porte franchie, Buffy se sentit mal à l’aise du seuil de cette pièce principale qui lui paraissait plus vaste que dans son souvenir.  » C’est l’éclairage.  » Pensa t’elle alors.
Certains regards proche de son entourage se posaient sur elle comme nouvelle arrivée, elle survolait rapidement la trentaine de personnes présentes divisées en petits groupes.

Même si l’apparence était trompeuse pour un œil novice, Buffy en bonne Elue qu’elle était ne pouvait se tromper sur le fait qu’au moins la moitié des convives étaient des démons.
Surprise quelque peu que démons et humains entretiennent un si bon voisinage, elle constatait l’absence d’Angélus.
Ne sachant sur quel pied danser, elle s’apercevait qu’elle était à n’en pas douter la plus jeune personne ici présente.

Son malaise de l’entrée s’accentua soudain en découvrant vers le milieu de la pièce une jeune femme humaine, qui semblait avoir bu plus que de raison, se frotter sans vergogne contre un vampire qui la faisait mieux gémir en gardant son masque vampirique.
Gênée, Buffy détourna les yeux pour les poser au hasard sur deux humains, assis sur une banquette cramoisie, qui faisait face à l’un des buffets.
Alors Buffy releva que le sang se mêlait aussi aux boissons alcoolisées.
Comme pour une fuite en arrière, elle accrocha son regard sur la porte d’entrée tenue close à présent.
Brusquement désorientée, les tempes battantes, elle prit la décision de traverser une partie de la pièce pour aller s’asseoir près des deux humains repérés plus tôt.
Malgré leur présence en ces lieux ils semblaient les moins dégénérés pensait Buffy sur des pas presque hésitants.
Elle réalisa vivement où elle se trouvait.
Un antre à démons.
Un antre à démons qui se refermait sur elle et où chaque humain qui s’y trouvait ne lui serait d’aucun secours, corrompus et pervertis comme ils étaient. Un lieu de débauche où elle n’avait pas sa place comme invité.

Tandis qu’elle s’asseyait sur l’extrême bord de la banquette, elle voulait disparaître pour un ailleurs, retrouver l’intimité de son confort.
Aussitôt l’homme bedonnant, près duquel elle se trouvait, lui parla d’un italien si rapide que Buffy ne comprit strictement rien.
Il semblait attendre une réponse de sa part pour la mêler à la conversation, Buffy ne voyait que son crâne de chauve qui luisait.
Elle fronçait encore son petit nez, sur les odeurs mélangées qu’il dégageait, quand il posa sa grosse main sur sa cuisse. Elle se leva aussitôt en maudissant sa jupe si courte qui déjà levait certains regards en biais.
L’homme tenta de la rattraper sur un rire gras, elle l’évita en effectuant un vif volte face qui la colla contre une chemise bleu pâle.
Elle leva les yeux sur le propriétaire et resta la bouche ouverte sur la surprise.
– » Mademoiselle Summers, quelle surprise de vous retrouver !  » S’exclamait le jeune allemand qui dirigeait W&H.
Il lui prit le poignet de façon sucrée, démentie par un regard plus glacé que jamais.
Brusquement tremblante à l’intérieur, les lèvres pincées, Buffy reprit son poignet.
Elle allait s’exclamer à travers un esclandre qui lui donnerait inévitablement tort, quand elle sentit des doigts trop souples enserrer délicatement sa nuque dégagée.
Le parfum familier lui fit vivement tourner la tête pour le regarder. La chemise en soie noire et le pantalon en cuir étaient de retour pour accompagner un regard plus noir que jamais pensa Buffy tandis qu’elle entendait le jeune allemand interpeller Angélus en anglais.
– » Je vois mon cher Angélus que vous n’avez qu’une seule parole. Quand vous m’avez dit que vous me livreriez l’Elue, je dois bien vous avouer que l’espace d’un instant je vous ai traité de prétentieux. « 
Angélus lui livrait un sourire vaniteux pour toute réponse, Buffy réalisait qu’ils étaient tout simplement en train de parler d’elle.
– » Vous saviez que l’Immortel devait nous la livrer, il y a plusieurs jours déjà ? « 
– » Oui.  » Lâcha Angélus d’un regard par en dessous tandis que Buffy s’étranglait en le dévisageant.
– » Je dois dire que nous avons été très déçu à Berlin quand le colis n’est pas arrivé. Enfin vous savez ce qu’on dit, vaut mieux tard que jamais…Mais que mon intervention ne gâche pas votre nuit mon cher Angélus ! « 
Il s’éloignait déjà sur un sourire entendu, Buffy essuyait à présent la majorité des regards.

Elle planta ses yeux dans ceux d’Angélus.
Une crainte sourde l’habitait, mais brusquement la fureur qui prit le dessus gomma le rôle de L’immortel pour mieux frapper celui d’Angélus.
– » Alors c’est pour ça que tu m’as demandé de venir ce soir ?  »
Tandis que son regard émeraude lâchait des flammes, le fourmillement familier lui ordonna de le frapper enfin.
Angélus emprisonna net son fin poignet avant qu’il ne le touche au visage. Il le rabattit aussitôt entre eux sans le lâcher pour autant.
Verrouillée par le regard ténébreux qu’elle n’avait jamais vu aussi malsain, Buffy pensait bien exploser.
Il parla le premier d’une voix sourde.
– » Ne te donnes pas en spectacle mon amour, ça n’en vaut pas la peine. Les jeux sont faits.  »
Sa vision périphérique informa Buffy. La majorité des convives attendaient l’issue de leur tête à tête.
Elle les effaça aussitôt pour mieux rester enfermée dans le regard d’Angélus, mieux tenter d’atteindre son amour propre qu’elle voyait désormais comme seule porte de sortie, entourée comme elle l’était.
– » Je ne pensait pas que le grand Angélus m’avait fait venir pour ça ! Un vulgaire marchandage ! Alors c’est ça que tu es devenu à présent, un vulgaire marchant d’esclaves ! Mais regarde toi !…Ah, Spike serait fier de toi…Le fléau de l’Europe !  »
Buffy pensait bien avoir froissé son orgueil de vampire qui se commettait avec les humains, quand vivement elle accrocha son regard enflammé sur une jeune vampire brune vêtue d’une longue robe.
– » Angélus, tu devrais donner une leçon à cette jeune Elue.  »
– » Oui donnez lui une leçon !  »
– » Qu’on ait du spectacle !  » Rajoutaient des humains gorgés d’alcool qui déboutonnaient déjà leur col de chemise.

– » Tu es venue pour quoi ?  » Lâcha juste Angélus sans bouger un cil pour autant.
– » Pas pour aller visiter Berlin !  » Répliqua Buffy vertement.
– » Non. Mais tu tombes dans le panneau comme à chaque fois ! « 
Elle sursauta sur les mots tandis qu’il questionnait à nouveau.
– » Tu es venue pour quoi ? « 
Fuyant la réponse à donner, elle souhaitait reprendre son poignet, mais savait par ailleurs que cela ne se ferait pas sans une lutte. Lutte qui n’arrangerait pas ses affaires mal engagées.
Alors mal à l’aise, elle murmura dans ses yeux.
– » Je suis venue pour toi. « 
– » Tout le monde n’a pas entendu. Tu es venue pour quoi Buffy Summers !  » S’écria t’il brusquement pour faire résonner ses mots.
Gênée comme jamais, elle murmura à nouveau mais sur le silence qui était tombé, ses paroles crevèrent l’espace.
– » Je suis venue pour toi. « 
– » Tu es venue pour que je t’en mette un bon coup ?…Déshabilles toi l’Elue ! « 
Il lâcha son poignet et en moins de temps qu’il faut pour le dire, déboucla le ceinturon de son pantalon en cuir. Le regard agrandit par l’effroi, elle se faisait déjà déchirer et ôter son joli chemisier en coton. Son soutient gorge rivalisa aussitôt avec la blancheur de sa jupe.

La salle s’enflammait en exclamation, Buffy pleurait nerveusement tandis qu’Angélus la plaquait brutalement contre le mur le plus proche.
– » Ne fais pas ça Angélus,…Je t’en supplie ne fais pas ça…  »
Ses nerfs craquaient.
Elle avait déjà de la difficulté à se montrer nue devant Dawn, alors s’imaginer exhibée, soudoyée, pour finir gémissante devant tous ces gens, c’était la dernière des choses qu’elle voulait.
Son soutient gorge avait déjà glissé, Angélus s’exclamait pour mieux faire profiter l’assemblée.
– » Tu ne vas pas refuser à mes invités ce que tu accordes dans les toilettes public aux clients d’un vulgaire restaurant !  »
Les rires de la salle, déchirèrent les oreilles de Buffy qui sanglota de plus belle en gigotant tant et si bien sous l’insulte qu’elle glissa miraculeusement, du moins le cru t’elle, des mains du vampire.
En pleine crise de nerfs, elle s’élançait à travers la salle pour le fuir, atteindre la sortie. Mais les invités d’Angélus ne voyaient pas les choses du même œil.
Buffy lut dans leur yeux, hommes et femmes confondus, un désir si pervers que quand une humaine posa une main sur son épaule nue, elle se cru en enfer.
En aveugle elle s’écarta brusquement pour recevoir les doigts du jeune allemand à la racine de son cou.
Le sursaut qu’elle donna dans un sanglot bruyant, ouvrit les vannes à ses yeux, alors plus que tout elle le chercha lui.
Toujours à la même place, une main appuyée sur le mur, il l’observait simplement d’un regard par en dessous.
Résolue malgré elle, elle alla à lui sous les cris des spectateurs débridés dont certains la poussaient au passage, une main dans le creux de ses reins nus pour l’élan désiré.
La poitrine enfermée dans ses bras, elle retrouva sa place du départ.
– » Tu n’es jamais aussi belle que quand tu pleurs.  » Murmura t’il pour lui-même.
Il la plaça sous son regard malsain entre lui et le mur pour mieux ouvrir ses bras crispés qui se laissèrent faire à travers un sursaut résigné.
Il caressa rapidement la courbe d’un des seins qui pointaient avant d’essuyer à l’aide de son pouce, les lèvres qu’elle tenait serrées.
Buffy tentait de soutenir le regard noir, mais il se brouillait à travers le flot de ses larmes. Alors elle pleurnicha comme dernier recourt entre deux sanglots trop sincères.
– » Ne fais pas ça Angélus…pas ici…  »
Mais déjà il violait sa bouche.

Il ne l’avait jamais sentie aussi tendue, crispée, même le premier soir lors du viol elle n’avait pas été aussi raide.
Battu par un sang qui affluait trop vite, il sentait résonner son cœur affolé contre son torse de vampire.
Il avait l’impression d’avoir entre les bras un morceau de bois, et Angélus n’aimait que les roseaux qu’il avait l’habitude de voir plier devant lui, alors il s’enfonça dans le baiser.

Très vite il la sentit changer, plier, se ramollir.
Quand il entendit son premier gémissement contre sa langue trop douée, il brisa le baiser.
Il gommait la salle surchauffée, il la regardait elle.
Ses larmes qui ne coulaient plus mouillaient encore ses joues, ses yeux trop limpides attendaient les larmes prêtes pour l’assaut, ses mains et ses avant bras se noyaient dans la soie de sa chemise comme pour mieux se cacher.
Suspendu dans ses yeux, il fit glisser complètement l’attache de ses cheveux en soie qui ne soutenait plus grand-chose de ce qu’il avait observé du haut des escaliers à son arrivée dans la salle.
Brusquement il la prit à bras le corps pour enrouler ses jambes autour de ses hanches. Buffy trembla de l’intérieur, mais il l’emmenait vers le grand escalier, alors pour fuir la réalité elle nicha son visage contre son cou.

Devant cette désertion, les spectateurs manifestèrent leur déception mais Angélus savait qu’il venait de donner le ton et que la soirée se finirait en orgie. Juste ce qu’il ne voulait pas pour Buffy.
Le regard qu’il lança à un de ses hommes en faction aux pieds de l’escalier, était le signal que l’homme attendait depuis des heures.
Angélus souffla l’escalier certain que ses ordres seraient suivis à la lettre.


A peine la porte de ses appartements franchie, il s’y adossa en déposant Buffy au sol. Toujours dans ses bras, elle leva son visage pour accrocher ses yeux, alors avant qu’elle n’éclate en sanglots, il la plaqua brutalement contre lui, l’enferma contre son torse, frotta son menton dans la douceur de ses cheveux.
– » C’est fini.  » Laissa t’il échapper d’une voix sourde.
Quand il sentit les larmes silencieuses mouiller sa chemise, il se contenta de glisser une de ses mains à travers sa chevelure.
– » Viens.  » Finit-il par murmurer en l’entraînant.

Buffy se retrouva très vite étendue sur le lit où Angélus avait fait glisser draps et édredon.
Il lui ôta rapidement ses sandales puis assis près d’elle, il fit glisser presque trop lentement sa jupe aussi large qu’un mouchoir de poche et son minuscule slip en dentelle.
Buffy restait suspendue sur le regard qui pour être toujours aussi noir avait cependant perdu ce coté malsain qui l’avait interpellé plus tôt.
D’une caresse précieuse il enveloppa rapidement une de ses hanches puis rabattit la literie sur son corps nu.
Les mains accrochées sur les poches de son pantalon comme pour les faire tenir en place, Buffy le vit s’éloigner puis disparaître à travers l’un des dégagements.
Confondue devant son comportement, elle se replia sur elle-même, sur l’orage qu’elle venait d’essuyer.
Lentement elle prenait conscience sur le fait que malgré tout, elle ne voulait pas être ailleurs.
Elle était venue ce soir dans cette maison pour se retrouver exactement là, dans ce lit, et pour elle c’était déjà comme une victoire sur l’indomptable.
Elle agrippa l’un des deux oreillers, y frotta sa joue et se laissa sombrer sur un semblant de sourire.

Le vampire qui se disputait avec ses pensées devant la jeune fille endormie, finit par s’étendre auprès d’elle.
Presque assis contre la tête du lit, Angélus observait à la clarté du bougeoir le sourire qu’elle étendait sur son sommeil paisible.
Il en était à se questionner sur la facilité qu’elle démontrait à s’abandonner confiante entre ses draps de vampire, quand elle remua légèrement.
Aussitôt elle le chercha en aveugle, le trouva, se rapprocha et posa simplement sa tête sur ce qu’elle venait de trouver, le plat de son ventre. Alors elle leva vers lui ses yeux émeraude.
Sur le fils du regard intense qu’Angélus avait baissé pour mieux la verrouiller, Buffy suspendit presque sa respiration dans le temps et l’espace.

Angélus laissait défiler les secondes sous le feu de ses yeux trop pénétrants quand il vit une main de Buffy oser défaire, juste au dessus de son pantalon, le premier des boutons de sa chemise en soie.
La blancheur de la main jura sur le noir de la soie tandis que le vert émeraude demander la permission pour un pas en avant.

Quelques battements de cils plus loin le vampire glissa simplement ses doits souples à travers la chevelure soyeuse et caressa presque distraitement la petite tête abandonnée dans le creux de son ventre.
Buffy laissait passer un soupir pour la caresse trop douce qui s’arrêtait déjà. Angélus l’observait sans plus un geste.
Les lèvres entrouvertes, il ne laissait passer aucun pli d’ironie, il semblait même détendu, alors Buffy aventura sa main lentement vers le second bouton, qu’il lui laissa défaire.

Il détaillait méticuleusement l’avancée de Buffy qui séparait doucement les deux pans de sa chemise qui glissait sur chacun des boutons qui cédait.
Elle écartait sa chemise, posait sa bouche chaude sur son torse, grimpait presque sur lui pour le prendre d’assaut.
Il n’avait pas à poser ses mains sur elle, sa propre excitation semblait lui suffire.
Il se contentait d’observer cette excitation brusquement démesurée qu’elle dégageait, quand il glissa une main entre eux pour déboutonner et dézipper rapidement son pantalon en cuir. L’instant d’après il agrippait les fins cheveux de sa nuque pour entraîner sa tête vers le bas.
Soudain face au caleçon qui se dessinait par le pantalon entrouvert, Buffy leva son regard pour plonger dans celui du vampire.

Elle comprit ce qu’il voulait, alors elle s’affola devant cette pratique qui lui demandait et qu’elle n’avait encore jamais eue envi d’essayer.
Les larmes aux bords des yeux devant son inexpérience, elle entendait déjà tomber les sarcasmes d’Angélus mais il murmura simplement dans le silence de la chambre.
– » Fais le.  »
Elle entrouvrait la bouche pour tenter d’ébaucher un mot mais baissa finalement les yeux vers le sexe tendu qui attendait d’être libéré.
Brusquement elle tenta encore d’accrocher son regard fiévreux qui brûlait mais la pression des doigts désormais posés sur son crâne lui imposa la direction.
– » Vas y.  » Murmura t’il encore.
Alors elle tira sur le cuir pour le descendre un peut avant d’écarter le caleçon.
Tout de suite elle se retrouva le sexe dans une main. Ne sachant par quel bout l’attaquer, elle le prit à pleine bouche.
Elle sentit presque aussitôt les mains du vampire se mettre à voyager sur ses joues, sa petite main investie, son menton ou encore sa nuque. Il la guider pas à pas vers son plaisir d’homme.

Buffy se laissait diriger pour lécher, aspirer ou téter ce sexe qui prenait tout l’espace en cognant parfois son palais.
Quand elle le sentit durcir encore dans sa main, grandir encore contre sa langue, elle crut qu’il allait s’enfoncer dans sa gorge, alors elle eut un mouvement de recul. Verrouillée par les doigts du vampire qui imprégnaient tout à coup presque trop brutalement son cuir chevelu pour l’élan nécessaire, elle resta pourtant bien en place.
Elle avait l’impression de quitter le sexe du vampire pour mieux le ravaler aussitôt quand le premier jet tapissa vivement son palais délicat.
Surprise par la sensation et le goût, elle lâcha un gémissement incertain qui resta étouffé contre le sexe qui l’investissait de par trop.
Dans la chaleur de sa bouche, qui le traversait comme autant de brûlures divines, le vampire ne pu s’empêcher de laisser passer un gémissement qui frappa Buffy à la racine de son cou avant de courir comme autant de frissons divins sur la surface de son dos.
Tandis qu’Angélus l’avait lâché afin de saisir simplement les draps qu’il froissait sans plus un son désormais, Buffy s’activait d’elle-même presque heureuse brusquement de recevoir sa graine morte. Elle l’envoyait directement dans le fond de sa gorge pour mieux l’avaler, presque mieux la goûter. Le goût ne la dérangeait plus, elle l’appréciait même puisqu’il venait de lui.
Alors elle posa ses deux mains sur le cuir de ses hanches pour mieux le verrouiller, mieux le faire sien.
Elle le voulait, et plus elle le buvait plus elle le savait.
Grisée de se concentrer sur son seul plaisir à lui, elle lâcha un gémissement de plaisir en avalant plus vite.
Il était à elle. Sa force, sa brutalité, sa vanité, sa suprématie, ses sautes d’humeur fantasque et sa sensualité étaient à elle, même sa perversion lui appartenait. Elle le savait même si lui ne s’en douter pas encore. Elle sentait bien qu’elle le faisait déjà trembler. Elle le gagnerait, pouce par pouce elle le gagnerait lui et son cœur sans vie, jusqu’à ce qu’enfin elle l’entende gémir aussi violemment qu’il la faisait gémir elle.
Et si au milieu de tout ça elle ne voulait pas mourir elle, plus jamais elle ne laisserait une autre femme poser ses mains sur lui.
Sur la dernière goutte avalée, elle rabattait le caleçon tandis qu’Angélus pensait que sa petite salope était décidemment une élève trop douée. Une élève comme il n’en avait jamais eu, elle apprenait presque trop vite à son goût.
Les yeux toujours rivés sur le plafond, il la senti se nicher contre son coup, il glissa alors une main dans ses cheveux juste pour mieux la tenir.
Quelques secondes plus loin, il se tourna vers elle et verrouilla son regard.
Vivement il la glissa sous lui pour l’enfoncer dans un baiser presque brutal qu’il interrompit aussitôt.
Buffy le vit brusquement contrarié.

Si le léger grattement qui s’était fait entendre contre la porte d’entrée avait échappé à Buffy, il n’avait pas échappé à l’ouie trop fine d’Angélus.

Il entrouvrit le battant, chuchota un mot, et le referma aussitôt.
Il revenait vers le lit en retirant sa chemise ouverte.
– » Mets ma chemise et suis moi !  »
Buffy resta bouche ouverte sur la chemise qui arrivait déjà entre ses mains.

Avant de quitter la chambre, Angélus lui jeta un rapide regard par en dessous pour constater que sa chemise lui arrivait jusqu’aux genoux.
Sur la traversée du couloir, Buffy pieds nus suivait le lion ailé qu’elle voyait bouger sur ses muscles qui roulaient. Alors elle pensa qu’elle avait beau faire ou défaire, elle finissait toujours par se retrouver dans une de ses chemises……………..A suivre………………….

 

Pour tenter de suivre ses pas, Buffy courait sur les larges marches de l’escalier qui gelait ses pieds nus.
Aussi quand Angélus se stoppa sur le carrelage de la grande salle, elle se cogna presque contre son dos.
Il se dégageait tandis qu’elle restait sur place, figée sur un tableau qui lui gelait le sang.
Buffy revivait brusquement la scène qui l’avait tant révoltée chez Alessandro.
A la différence près que les démons et les humains étendus ici avaient renversé certains meubles, pour tenter une fuite en avant perdue d’avance.
Buffy constatait cependant que certains s’étaient laisser surprendre moitiés nus sans avoir eu le temps d’ébaucher un simple geste.
Elle évaluait rapidement la douzaine de cadavres, Angélus s’accroupissait devant le gros chauve qui avait interpellé Buffy au cours de la soirée.
Il le fit passer sur le dos pour accrocher son regard vitreux.
– » Je n’ai jamais aimé ses manières.  » Déclara t’il sur un demi sourire en coin qui n’atteignit jamais ses yeux.
Tandis qu’il se relevait déjà, Buffy se sentait dévisagée par les hommes et les femmes présents encore là.
Tous vampires, Buffy savait bien qu’ils appartenaient à cette demeure.
L’odeur familière du sang lui levait le cœur, la jeune vampire brune qui voulait sa leçon pour Buffy s’avançait.
Surprise, Buffy la vit poser ses mains sur elle pour toucher la chemise d’Angélus comme si elle voyait la soie pour la première fois.
L’Elue tentait un pas en arrière mais déjà la jeune brune la quittait pour glisser jusqu’à son vampire préféré.
Elle posa une main sur son bras nu et inclina la tête pour mieux questionner.
– » Angélus ?  »
Le vampire qui s’apprêtait à parler à un de ses hommes fut presque surpris par l’intervention.
– » Tu es gentille.  » Murmura t’il en se dégageant doucement par une caresse distraite sur la joue de la jeune femme.
– » Où est il ?  » Demanda t’il aussitôt.
Le vampire qui semblait directement prendre ses ordres murmura.
– » Par ici.  »
Buffy détacha son regard flambant des yeux jaunes de la jeune brune, qui pour mieux tenter de l’atteindre la dévisageait avec le masque du vampire, et amorça une sortie.
Pour marcher dans les pas d’Angélus, elle contournait certains cadavres que son regard furtif ne pouvait s’empêcher d’accrocher.
Brusquement elle plaqua le dos de sa main contre sa bouche entrouverte en apercevant la jeune blonde aux ongles trop parfaitement peints qui au restaurant l’avait faite vomir.
Elle déclanchait à nouveau une nausée pour Buffy, mais rien à voir avec celle de la jalousie, et le sang déjà noir qui poissait ses cheveux y était pour quelque chose.
Tout en prenant soin à ne pas poser ses pieds nus sur les débris de verres ou le sang se mêlait, Buffy se posa la question saugrenue à avoir si le sang qui coagulait sur le marbre était celui du buffet ou celui des corps désormais sans vie.  » Vrai gaspillage pour des vampires.  » Murmura Buffy dans sa tête tandis que les lèvres et le nez pincés sur son malaise, elle entamait un étroit couloir.

Après un rapide détour sur la droite, elle vit le vampire qui précédait Angélus déverrouiller une porte.
Il fermait le battant sur eux, Buffy était certaine qu’il restait en faction dans le couloir, tandis qu’elle habituait sa vue à l’éclairage des bougies.
Alors elle le vit.
Debout devant un mur dépouillé de tout, si ce n’est des courtes chaînes qui verrouillaient ses poignets, il avait l’air hagard.
Buffy vit tout de suite qu’il avait été goûté.
Tandis que la chemise bleue pâle à présent chiffonnée essuyait les dégâts des crocs plantés plus tôt, son propriétaire cherchait ses repaires.
Pour mieux l’observait, Angélus agrippa à même le crâne les cheveux de l’homme, Buffy ne pu empêcher un frisson de passer.
Le vampire repoussait la tête pour inspecter la morsure, Buffy accrochait son regard sur les yeux bleus terrifiés.
Ils roulaient presque pour mieux l’appeler à l’aide mais déjà Angélus le lâchait en murmurant d’un demi sourire amusé.
– » Eva.  »
Par la brûle qui traversa son ventre sur le mot, Buffy sur tout de suite qu’il parlait de la jeune brune qui la regardait de trop près.
Angélus se dirigeait vers le seul meuble de la pièce, une table carrée, Buffy restait sur place les pieds comme figés sur le froid du carrelage.

Les fesses à demi posées sur la table pour mieux étendre ses longues jambes vers sa proie, Angélus jouait négligemment avec une sorte d’outil pointu.
Alors Buffy réalisa que sur un des cotés de la nappe trop rouge des outils de torture attendaient.
Le vampire croisa brusquement ses bras sur son torse pour soutenir le regard par en dessous qui n’appartenait qu’à lui, Buffy accrocha brusquement son regard sur l’homme blond de W&H qui brisait le silence en l’appelant au secours.
– » Aidez moi.  » Murmurait t’il à peine audible.
Buffy marqua un recul sur les mots qui se répétaient.

Elle savait bien que son rang d’Elue lui demandait un pas en avant pour aider cet humain, mais la sensation de chair de poule que l’homme lui avait inspiré dès le premier instant était toujours là.
Le souvenir de sa main sur ses reins nus qui l’envoyait dans les bras d’Angélus jouait d’autant plus contre lui.

Alors qu’elle sentait son dos toucher la porte d’entrée comme pour une fuite hors de cette vue, elle s’aperçut brusquement qu’elle ressentait déjà de la peine pour cet homme réduit à plus rien.
Elle sortie de ses pensées en voyant Angélus se lever de façon presque trop nerveuse.

– » Prétentieux ?!  » S’exclama t’il en interrogeant le plafond d’un demi sourire sans vie.
L’instant d’après il verrouillait son regard noir dans celui terrifié pour mieux rajouter.
– » J’avoue mon cher, qu’on ne me l’avait jamais servi celle là ! « 
Face à l’humain qui collait volontairement le mur pour mieux l’épouser, Angélus se tourna vers Buffy.
– » Est-ce que j’ai l’air de quelqu’un de prétentieux chérie ? « 
Gênée sur le fait qui lui donne un nom affectif devant l’homme, Buffy pensait que jamais un adjectif n’avait été aussi bien attribué. Elle glissait nerveusement une mèche de cheveux derrière son oreille, mais Angélus qui n’attendait pas de réponse de sa part se tournait déjà vers l’homme.
Buffy et l’humain sursautèrent en même temps alors qu’Angélus enfonçait brutalement son outil dans le mur. L’homme blond tourna instantanément la tête pour essuyait les débris de la pierre, effritée sur son épaule par la pointe au dessus. Un battement de cils plus loin, il accrochait son regard sur le vampire tandis que ce dernier reculer pour mieux s’exclamer.
– » Voilà ! Voilà où ça mène de vouloir jouer avec les vampires…Les vampires comme moi !  » Rajouta t’il pour mieux atteindre les yeux bleus dans la crainte de la suite.

De sa place, Buffy observait Angélus marcher comme en représentation.
Malgré le grand calme brusquement apparent qu’il dégageait, Buffy relevait sa nervosité. Elle le connaissait assez pour ça.
Elle ferma les yeux, désolée pour l’humain quand elle l’entendit supplier.
– » Pitié.  »
Elle savait que c’était le dernier des mots à offrir à Angélus.
Le vampire une main sur l’épaule de l’homme se penchait déjà inspectant à nouveau les deux trous béants, la victime éloignait son visage pour fuir le regard trop fiévreux.
Malsain pensa Buffy tandis qu’Angélus ramenait entre ses doigts le visage livide. Il raccrocha ainsi les yeux qui fuyaient.
Il huma ouvertement sa victime, Buffy releva le geste typiquement exagéré, sachant bien qu’il sentait déjà de trop loin le cœur pomper follement.
Angélus lâcha le visage et posa sa main contre la paroi juste au dessus de l’homme.
Verrouillée entre le vampire et le mur, la chemise bleue disparue à la vue de Buffy. Dans l’instant elle apercevait juste Angélus murmurer sur l’oreille de sa victime.
– » Tu empestes la peur et je ne connais pas d’odeur plus grisante…Tu me feras un bon dessert.  »
Le vampire reculait, l’humain affolait dévisageait Buffy.
– » Et elle ?  » Murmura t’il, étonné soudain de la voir toujours vivante près du monstre.
– » Approche mon amour.  » Lança Angélus le yeux scellés sur sa proie.

Buffy prit soudain conscience qu’il s’adressait à elle.
Elle ne su comment ses jambes avaient fonctionné quand elle atteignit le dos du vampire.
Sans lâcher l’homme des yeux, Angélus l’amena contre lui, dégagea son cou de sa jolie chevelure blonde et posa ses doigts sur la marque déjà ancienne.
Buffy savait bien qu’il n’avait pas besoin de baisser les yeux pour la trouver, pour la bonne raison qu’elle était son œuvre, enfin celle d’Angel mais les crocs étaient les même.
– » Montre ta jolie appartenance mon amour !  » Lança Angélus au dessus d’elle tandis qu’elle sentait sa caresse lente et suave sur sa cicatrice.
Le regard subitement agrandit par l’effroi, l’homme dévisageait Buffy mal à l’aise mais déjà Angélus l’écartait pour mieux le verrouiller lui.
– » Tu m’imagines moi le prétentieux te livrer ce qui m’appartient ?  »
L’homme marquait d’un rapide mouvement de tête la négative, Buffy remontait sur son épaule la chemise en soie qu’Angélus avait fait glisser. Elle eut un pas de recul en voyant ce dernier retirer du mur l’outil en acier et un hoquet de dégoût tandis qu’il en glissait doucement la pointe dans l’un des deux trous de la morsure, celle là même qui avait sali la jolie chemise bleue.
– » Parles moi de cette clinique allemande…et fais vite, tu fais vomir ma petite amie.  » Murmura Angélus tandis que les gémissements étouffés de la douleur agressaient trop parfaitement son ouie pour ne pas aiguiser son adrénaline d’un cran.

Quand la pointe entama la jugulaire, le sang gicla finement jusqu’au torse du vampire avant d’atteindre un des pieds de Buffy. Brusquement révoltée sur son malaise, elle ouvrit la bouche pour parler mais le vampire la devança en accrochant ses yeux.
– » Eva est si jeune et si précieuse…elle a encore du mal à trouver la veine.  »
Il la pénétrait d’un regard si parfait que Buffy effaça le tableau pour le garder lui sur la brûlure de son cœur jaloux.
– » Elle est à Berlin.  » Articula l’humain.
– » Ca je sais !  » Lui lança Angélus d’un regard méchant subitement trop brillant comme pour mieux accompagner son jeu de l’outil.
L’homme se mit à hurler sur la pointe qui le charcutait, Angélus lâchait un demi sourire sur un regard par en dessous.
Le vampire s’écarta brusquement en laissant son outil en place.
Il savait que l’humain verrouillé à hauteur de hanches ne pourrait le retirait.

– » Où à Berlin ? Et rappelle moi ce qu’on y fait !  » S’exclama Angélus.
A demi assis il interrogeait le plafond tandis qu’il semblait à Buffy, qu’enfermé dans son trip il gommait l’homme de son horizon avec elle en prime.
L’homme qui perdait doucement son sang, sur chaque battement accéléré de son cœur affolé, ouvrit la bouche pour parler mais le vampire qui s’avançait à nouveau lentement vers lui l’expédia brusquement à la recherche de ses mots.
Angélus posa sa main sur l’acier, l’humain se mit à pleurer, Buffy se mit à parler.
– » Arrêtes.  » Articula t’elle, le cœur au bord des lèvres.
– » Ou alors tuez moi tout de suite.  » Rajouta l’homme, un regard mouillé dans le vague.

Suspendu dans les yeux de Buffy, Angélus retira la pointe d’acier qui portait tout le rouge qui manquait aux joues de la jeune fille. Subitement il la trouva aussi pâle qu’une morte.
Il se débarrassa de l’outil en le plantant dans le mur avant de s’attacher de nouveau à l’homme.
Une main en appuie contre la paroi, il verrouilla ses yeux pour mieux lui parler.
– » Te tuer maintenant ?  » Brusquement il fixa le mur d’un demi sourire.
Le regard plus en biais que jamais, il semblait chercher sa pensée bien en place, et vu la clarté de ses premières paroles, Buffy comprit tout de suite qu’à travers cette mise en scène il mesurait simplement sa propre nervosité.
– » Et ton désir d’assister à un viol, qu’est ce que tu en fais ?  » Chuchotait il à nouveau pour le regard qui cherchait le sens de ces nouvelles paroles.
Soudain sur une fraction de seconde l’homme fixa vivement Buffy.
Angélus compris qu’à travers le bouillard de sa peur l’homme venait d’imprimer ses mots.
– » Avant que tu ne meurs, je ne voudrai pas te priver de ce spectacle.  »
Buffy sursautait sur le chuchotement d’Angélus, l’homme entrouvrait la bouche presque surpris tout à coup, tandis que le vampire s’écartait légèrement pour mieux ramener la jeune fille contre lui.
Elle se vit essuyer par la chemise en soie le sang sur le torse d’Angélus tandis qu’elle sentait une des mains du vampire caresser trop voluptueusement le creux de ses reins.

Elle accrochait le regard de l’homme trop près, quand elle entendit Angélus chuchoter à nouveau.
– » Dans le viol en public, il y a le violeur, le violé et les spectateurs…  »
Buffy sentit les doigts souples atteindre sa nuque pour mieux poursuivre leur caresse voluptueuse, alors elle chercha aussitôt les yeux du vampire.
En les trouvant elle entrouvrit la bouche tant le regard par en dessous était noir et malsain.
Elle pinça brusquement ses lèvres en entendant Angélus rajouter.
– » Tu n’as rien d’un violeur mon gars mais je suis sur que tu ferais un excellent spectateur pour aiguiser ce qui te manques. Dommage pour toi le spectacle n’aura pas lieu, alors je ne vois plus qu’une place…celle du violé.  »
Buffy sursauta contre le torse du vampire, les yeux brusquement posés sur l’homme qui faisait trembler ses chaînes sur le  » non  » qu’il soufflait.
Vivement elle plaqua la paume de sa main contre sa bouche pour mordre, étouffer le mal sain de cette affaire.
Les doigts du vampire qui avaient cessé leur caresse pour mieux verrouiller sa nuque délicate lui firent obligatoirement raccrocher son regard toujours planté dans celui de l’humain.
– » Tu sais que chez les vampires certains ne font aucune différence entre les hommes et les femmes,…et je sais que certains de mes gars attendent déjà pour te rendre ce service.  »
Sur un « non », Buffy laissait mourir son poing contre le torse d’Angélus, ce dernier déjà rajoutait, sa grande main sur celle de la jeune fille.
– » Je t’aurai bien rendu ce service moi-même mais je n’ai jamais eu de penchant pour les hommes.  »
– » Non, ne fais pas ça Angélus !  » Sanglota Buffy sur les pleurs de l’homme qui lui déchiraient les oreilles.
Il se pencha sur les yeux trop limpides, lâcha une caresse sur sa joue en arrêtant ses doigts contre son menton.
– » Tu n’as pas entendu mon amour c’est d’autres qui vont le faire.  »
Elle lui lâcha deux sanglots étouffés qui relevaient de son dégoût.
– » J’ai entendu, ne donne pas cet ordre là…je te le demande.  » Murmura t’elle sur les derniers mots comme pour essayer de l’atteindre.
– » Ce n’est pas aux petites filles comme toi de juger ou de demander, c’est une affaire entres hommes.  »
Sur les derniers mots, Buffy plaqua brusquement son front contre lui pour tenter d’endiguer l’écoeurement qui déranger ses sentiments en vrillant ses entrailles, mais la nausée passa d’un hoquet la barrière de ses lèvres avant de s’arrêter contre le torse d’Angélus.
– » Je savais bien que tu finirais par faire vomir ma petite amie !  » Lança Angélus tandis que déjà il entraînait Buffy vers la sortie.

– » Je peux vous dire où se trouve cette clinique à Berlin !  » Articula l’homme pour tenter un revirement de situation.
Génée d’avoir un peu rendu sur son torse, Buffy leva toutefois son regard sur le vampire avec l’espoir que l’interpellation le ramène à d’autres intentions.
Sur le sourire en coin qu’Angélus se dessinait pour lui-même, elle réalisa qu’il savait déjà tout ce qu’il y avait à savoir sur cette satanée clinique.
Elle comprit alors qu’avant même son entrée dans la pièce, Angélus avait déjà programmé le viol de cet homme.
Ils passaient la porte d’entrée pour faire face au vampire toujours en faction, Buffy se demandait comment ses jambes en coton avançaient sur le malsain qui la verrouillait.
– » Il n’aurait pas fait un bon vampire !  » Lâcha Angélus pour celui qui attendait.
Sur le fil de son regard, Buffy compris qu’il faisait passer un message.
Elle étouffait un gémissement silencieux, Angélus l’enlevait dans ses bras pour l’emmener plus vite.

Tandis qu’Angélus survolait l’escalier, Buffy réalisait que la salle traversée avait subit un nettoyage de rigueur.
Le sentiment de mal aise sur lequel elle avait quitté l’employé de W&H, se transformait peu à peu en révolte contre celui qui l’emmenait.
Dès qu’il la déposa dans sa chambre, elle lui lança sur la porte qui se refermait sur eux.
– » Comment…Comment tu peux faire ça à cet homme !  »
Elle oubliait déjà qu’il n’avait pas d’âme quand elle rajouta.
– » Tu ne crois donc en rien ?!  »
Le vampire saisit un de ses poignets pour l’amener brutalement contre son torse.
– » Je crois en ta peau contre la mienne !  »
Sans le lâcher du regard, elle retira vivement sa petite main qu’Angélus gardait près de son cœur sans vie.
– » Je ne veux pas que ta peau touche la mienne.  » Cria presque Buffy pour le regard trop intense.
– » Si c’est vraiment ça que tu veux cette nuit, dégage ! Je t’ai assez vu ! Comme tu l’as dit le premier soir, il ne manque pas de femmes dans cette maison pour assouvir ma soif de monstre !  »
Buffy pinça ses lèvres pour contenir sa fureur glacée contre lui, mais ce fut insuffisant.
Du direct qu’elle lui colla au menton, elle souffla sa colère en exprimant sa jalousie.
Angélus ramena sa tête malmenée entre ses épaules pour mieux planter son regard noir dans celui de Buffy.
Elle allait lui coller un second coup, furieuse contre elle-même, contre l’attraction qu’il exerçait toujours sur elle, mais déjà elle était verrouillée contre son torse trop puissant.

Ses pieds nus décollés du sol, il la tenait presque trop serré sur le fil de son regard fiévreux.
– » Dis moi que je ne te fais pas mourir pour mieux te faire renaître quand ma peau touche la tienne, dis moi que je ne fais pas supplier tes mains, dis moi de mettre Eva dans mon lit cette nuit, dis moi ? « 

Elle trembla sur elle-même et finit par violer sa bouche pour effacer ses derniers mots.
Angélus avait chuchoté mais chacun de ses mots avait fait reculer Buffy comme autant de poignard dans son âme et son sang. Elle gémissait contre elle-même, contre sa faiblesse, contre lui qui la renversait de part trop.
Elle le laissait l’emmener les jambes verrouillées autour de ses hanches pour mieux le garder, mieux le faire sien, l’écarter des autres, des femmes surtout qui le collaient comme des mouches sur un pot de confiture.
Elle sanglotait sur cette pensée quand elle réalisa qu’elle se tenait sous la douche qui les aspergeait finement tandis qu’Angélus s’était déjà débarrassé de ses vêtements.
Il lui retirait sa chemise qu’il envoyait au loin comme pour éloigner son malaise et le sang de l’homme qui était entre eux.
Alors Buffy ne résista pas à boire sur le lisse de son torse où quelques minutes plus tôt elle avait simplement vomi, où le sang avait fuit pour laisser la place à sa bouche.
Une main dans les cheveux de sa nuque, Angélus l’écarta, releva son menton.

Il caressait une de ses joues pour en chasser l’eau, repoussait en arrière ses cheveux dégoulinants, tandis que Buffy renversée fermait les yeux pour fuir le regard trop fiévreux qui passait malgré le brouillard de la douche.
Les mains contre sa nuque, elle sentait le bout des doigts d’Angélus jouer sur ses lèvres entrouvertes quand brusquement elle le prit carrément par le cou. Il venait de la ramener au plus près de lui et Buffy croyait bien mourir pour la langue qui luttait contre la sienne.
Sous l’influence de sa peau, l’ardeur de son contact, elle ne pensait plus à rien d’autre, qu’à lui, tandis que le sang de l’homme qui avait passé la grille de la douche était déjà loin……………..A suivre…………………………

 

A peine déposée entre des draps du grand lit, Buffy plongea sous une jouissance sans précédent.
Sous la ronde des caresses, le vampire l’attachait à son corps, à sa peau.
Il étendait sur elle son empreinte indélébile comme un tatouage s’empare d’une peau vierge et laiteuse.
Il s’installait, la prenait, la renversait, l’écartait aussi parfois, pour mieux la reprendre à nouveau.
Et plus il la possédait plus il se laissait habiter par la chaleur de la jeune humaine qui gémissait sous ses doigts.
Jamais aucune femme, morte ou vivante, ne lui avait offert cette brûlure en s’ajustant sous lui de cette façon là.  » Elle est faite juste pour moi.  » Pensa le vampire noyé dans le passage étroit de ses parois en soie.
Le passage étouffait si merveilleusement son sexe en s’adaptant juste ce qu’il faut, qu’une jeune vierge n’aurait pas pu lui faire plus d’effet.  » Je comprends qu’on puisse y laisser son âme.  » Murmura le vampire dans sa tête.
Sur cette pensée, il courut instantanément jusqu’à cette nuit d’orage où elle avait déposé en offrande contre son corps de vampire, le gémissement timide du plaisir lâché pour la toute première fois.
Rien à voir avec les râles fiévreux et sans pudeur qu’elle lui offrait aujourd’hui.
Buffy vivait ses orgasmes de façon si rapprochés qu’elle se demanda un court instant si elle n’allait pas tout simplement mourir là.
A la recherche de son rythme cardiaque, de sa respiration, elle s’entendait brusquement crier pour se noyer plus vite, plus intensément.
Le mot démoniaque ne lui avait jamais paru aussi réel de sens mais Buffy savait bien qu’Angélus était un démon exceptionnel. Il la clouait bien trop vite, bien trop vite et pourtant bien trop suavement pour qu’il puisse en être autrement.

Persuadée d’avoir de la fièvre, Buffy voyait la chambre tanguer autour d’eux pour mieux les enfermer dans le tourbillon de la passion.
Humide. Elle se sentait humide de partout tandis que sa peau étoilée laissait miroiter une fine sueur sur l’étendue de son corps jeune et ardent.
La chaleur qu’elle générait pour deux la rendait si glissante que Buffy savait bien qu’il fallait la dextérité du vampire pour la faire changer de position sans pour autant qu’elle lui glisse entre les mains.
Malléable elle se laissait faire, diriger, par cet expert hors normes qui la rendait dépendante en fabriquant de la jouissance sur mesure, sur commande.

Elle n’aurait jamais imaginé même dans ses rêves les plus fous que la jouissance puisse être aussi forte quand à travers le brouillard des caresses elle aperçut ses petites mains et ses genoux épouser trop vite, trop bien, comme pour mieux le marquer, le drap froissé du matelas.
Aussitôt elle lâcha un sanglot nerveux dans la crainte de la suite, sanglot dédié à la douleur du premier soir.
Elle craignait subitement la présence du vampire dans son dos comme autant de fers rouges qu’on évite.
Quand une des mains d’Angélus passa le rebondi de ses fesses, elle étouffa un  » non  » mais déjà la main rafraîchissante glissait contre son ventre pour lui faire lâcher prise.
Alors à travers les mèches indisciplinées de sa chevelure, Buffy se vit ramenée en arrière pour finir assise sur les jambes repliées du vampire.
A genoux dans son dos, le vampire gardait la jeune fille enfermée contre son torse pour mieux goûter son tremblement inquiet, elle-même s’imaginait peser une plume sur son désir d’homme, emprisonnée comme elle l’était par les bras qui barraient sa poitrine.

Une des mains d’Angélus la lâcha, écarta sa chevelure, la seconde d’après Buffy sentait la langue familière jouer contre sa nuque.
– » Je ne voudrais pas te laisser une mauvaise impression de ce coté là.  » Murmura le vampire près de son oreille.
Elle lâcha un pleurnichement incertain quand elle vit ses deux mains épouser à nouveau le matelas, mais le  » chut  » d’Angélus qui lui répondait s’accompagna brusquement d’une chaleur si brûlante qu’elle vrilla le bas de ses reins pour mieux la fouiller.

Sur la sensation qui suivit elle resta bouche ouverte pour tenter d’apprivoiser la piqûre qui montait, grandissait, la brûlait comme une piqûre d’insecte qui démange trop vite et qu’on a brusquement envie de gratter trop fort.
Elle pleurnichait sur ses nerfs aiguisés qui craquaient tandis qu’un coup de reins plus loin le vampire la faisait déglutir pour mieux recevoir.
Alors impatiente elle se mit à gémir pour la sensation exceptionnelle, avant de se mettre à râler sur une des mains du vampire qui atteignait son triangle doré.
Tout devenait subitement trop fort, tout la dépassait. Elle recevait la baise de sa vie et le savait.

Les doigts experts qui la possédaient la faisaient déjà crier dans le plaisir, quand entre ses reins l’orgasme libérateur monta pour étouffer la piqûre qui la rendait folle.

Buffy avait la brusque sensation de vivre deux orgasmes à la fois, les cris qu’elle s’entendait pousser la surprirent tellement, qu’elle plongea entre les deux oreillers pour mieux goûter son corps qui cédait sous l’assaut de la graine morte.

Sur son dernier râle désormais perdu contre l’un des oreillers maltraité, Angélus lui disputa ce même oreiller pour mieux la ramener contre son torse puissant.
Son regard fiévreux s’attachait au regard embué de la jeune fille, mais ni l’un, ni l’autre n’avançait une parole.
Buffy se sentait perforée par les yeux ténébreux comme elle s’était sentie perforée par le sexe. Elle ne l’avait pas entendu gémir une seule fois mais elle était consciente qu’elle ne lui avait pas fait l’amour, c’était lui qui venait de lui donner une leçon.
N’autorisant aucune tentative de sa part, il l’avait alors initié comme un professeur initie un élève débutant.
Buffy avait été bien trop submerger par sa propre jouissance et ses propres sentiments pour même relever si le professeur avait alors aimé la leçon qu’il donnait.
Mais dans l’instant le professeur regardait son élève de façon si intense, de façon si étrange, que Buffy ne pu s’empêcher de glisser une main contre sa joue toute proche.
Pour faire passer le souffle de la vie, elle vola un tendre baiser aux lèvres entrouvertes avant de se caler contre son corps de vampire. Alors, une main dans ses cheveux, sans plus un geste, Angélus la laissa simplement s’endormir.


Buffy s’éveilla la première.
Toujours enroulée dans les bras d’Angélus, elle recula à peine par crainte de le réveiller. Aussitôt elle accrocha la ligne parfaite des cils qui ombrageait les pommettes hautes du vampire, sachant bien que le moindre de ses mouvements éclaireraient forcément les deux lacs sombres au repos.
A demi de profile le vampire lui apparaissait si irrésistiblement fragile, abandonné dans le sommeil comme il l’était qu’elle sentit brusquement son cœur s’emballer en faveur de son amant endormi.
Buffy savait bien qu’Angélus était à mille lieux de tout ce qui touchait au vulnérable mais elle était amoureuse de ce visage et de ce corps depuis tant d’années déjà qu’elle se laissa attendrir.
Amoureuse de la voix envoûtante, reconnaissable entre toutes, du demi sourire furtif qui s’effaçait trop vite, du demi sourire vaniteux. Non le demi sourire vaniteux, plein de suffisance, c’était celui d’Angélus pas celui d’Angel.
L’intonation plus soutenue de la voix qui la faisait sursauter pour mieux la faire sanglotait, c’était celle d’Angélus pas celle d’Angel. La démarche trop sûre, le regard trop perçant, l’aisance même dans le mouvement pour l’air qu’il déplaçait trop bien, c’était aussi Angélus.
Elle prenait conscience qu’elle était en train de tomber pleinement amoureuse du démon sans âme, même si c’était la trahison suprême pour celui qu’elle aimait pleinement avec une âme.

Pour priver ses doigts de la sensation divine d’une caresse contre les lèvres entrouvertes qui semblaient l’attendre, nerveuse, elle sortit vivement du lit.
A la recherche de sa petite jupe blanche qu’elle finit par trouver et enfiler, elle sentit brusquement peser le regard du vampire qui la suivait pas à pas.
La tête appuyée sur son coude replié, Angélus l’observait s’affairer.
– » Qu’est ce que tu fais ?  » Questionna t’il enfin.
– » Je pars !  » Lança Buffy sans le regardait.
Du coin de l’œil, elle le vit quitter le lit pour enfiler à même la peau son pantalon en cuir.
Sans prendre la peine d’en fermer le bouton, il alla à elle pour fermer de dernier bouton de la chemise qu’elle avait enfilé.
– » Tu n’as pas compris ce que j’ai dis à Hans ?  »
Buffy fronça le front juste le temps de réaliser qu’il parlait de l’employé de W&H. Aussitôt, elle porta ses doigts sur la marque à la racine de son cou.
– » Je suis ta prisonnière ?  » Questionna t’elle, audible juste pour lui.
Le ton étonné avait été si parfaitement naïf qu’il dessina un demi sourire furtif sur le visage du vampire.
– » Tu es mon invité.  »
– » Autant dire la même chose.  » Articula Buffy comme un reproche.
Angélus glissa une main contre la joue de la jeune fille pour mieux faire peser le sens de ses mots.
– » Il t’en faut beaucoup à toi, hein ?…Je pensais pourtant qu’après cette nuit tu resterais pour toi-même.  »
Buffy tourna vivement la tête pour accrocher les draps du grand lit dévasté tandis qu’elle sentait Angélus la lâcher.
Il s’éloignait de quelques pas quand elle murmura pour elle-même, les yeux toujours rivés sur le lit.
– » Si je reste ici je vais mourir.  »
– » Une nuit blanche n’a jamais tué personne mon amour !  » Lança le vampire par-dessus son épaule tandis que devant la penderie qu’il venait de faire glisser, il farfouillait à la recherche de vêtements nouveaux.
– » C’est pas ça !  » Affirma brusquement Buffy en défaut, prouvant par là même sa reconnaissance à la leçon reçue.
– » Alors c’est quoi ?!  » Questionna Angélus trop vivement.
Agacé il fit volte face.
Le regard trop limpide renvoyait par la jeune fille le stoppa dans l’élan. Presque surpris il questionna simplement.
– » Tu es amoureuse de moi ?  »
Il avançait vers elle sur le  » quoi ?  » de Buffy qui croyait avoir mal entendu.
– » Tu es amoureuses de moi ?  » Répéta t’il face à elle.
Sur la bouche serrée de Buffy qui se refusait à la réponse, il passa ses doigts jusqu’à ce que les lèvres trop pulpeuses et trop chaudes, s’entrouvrent d’elles-mêmes.
– » Il ne faut pas m’aimer mon amour…Je ne suis pas le prince charmant.  »
Il présentait un regard si brillant, si plein de suffisance, que Buffy lui lança pour mieux le frapper.
– » Je veux, je souhaiterai tant à l’avenir que tu sois invité permanent dans ma maison mais c’est Angel que j’aime, parce que toi…tu ne pourras jamais me donner ce que j’attends de toi…tu n’as pas d’âme !  »
– » Non mais contrairement à Angel, j’ai tout mon cerveau !  »
La gifle qu’elle lui colla brusquement pour effacer son air supérieur, raisonna dans la chambre comme une déclaration de guerre.
En réponse il la saisit trop fermement, trop brutalement par les bras pour l’amener à la hauteur de son regard furieux.
Sur la douleur que les mains d’acier généraient, Buffy ne pu s’empêcher de se plaindre en pleurnichant presque.
– » Tu me fais mal !  »
Verrouillée sur le fils du regard fiévreux, elle battit des paupières quand elle entendit Angélus parler.
– » Tu m’appartiens Buffy Summers, tu es née pour être à moi…Je vais te laisser partir dans une minute parce que je le veux, parce que j’en ai ras le bol de tes caprices de petite fille trop bien élevée…Je t’interdis de revenir ici par toi-même, tu pourrais y perdre ton âme.  »
Elle déglutissait douloureusement sur les murmures d’Angélus tandis qu’il continuait sa litanie dangereuse, audible juste pour elle.
– » Mais dis toi bien dans ta jolie petite tête blonde, qu’à l’heure où j’en aurai décidé il ne faudra pas cinq minutes de ta vie ou de la mienne pour que tu sois là , là bien présente et collée à ma bouche.  »
Il lâcha les yeux émeraude grands ouverts sur ses mots pour accrocher simplement la soie noire froissée par ses mains.
– » Il faudra bien que je récupère mes chemises.  » Rajouta t’il narquois.
Un battement de cil plus loin, il déposa lentement Buffy sur le sol, glissa ses mains dans son cuir.
Buffy resta suspendue une seconde juste le temps d’imprimer le regard par en dessous d’Angélus puis fit volte face pour fuir les larmes qu’elle sentait toutes proche.
La main sur la poignée de la porte pour une fuite en avant, elle se retourna dans un sursaut.
– » Si je te vois traîner avec un autre homme, je vous tue tous les deux.  »
Les mots en soi, avaient résonné de façon si étrange que Buffy étouffa un sanglot en tirant la porte sur elle.
Le vampire resta un instant les yeux figés sur le battant en bois puis se dirigea à nouveau vers la penderie.
Il partait quelques jours pour l’Allemagne et avait besoin de garder les idées claires, sans Buffy et ses sautes d’humeurs.

 

Depuis quatre jours, Buffy sursautait sur la moindre ombre furtive, humaine ou démoniaque.
Si la journée elle passait la majorité de son temps en compagnie des tueuses, au foyer du conseil ou ailleurs, la nuit malgré l’ardeur qu’elle mettait à l’ouvrage dans son aide aux jeunes filles, elle égrenait les secondes à la recherche de l’absent.
Etendue dans son lit, les yeux rivés sur le plafond, elle cherchait l’hypothétique sommeil qui la fuyait. Alors les questions sans réponses qui cognaient son cerveau n’étaient rien en comparaison du trou béant provoqué par la désertion totale du vampire.
Elle était si en manque de lui, de sa présence, de son contact, que mille fois elle avait failli courir jusque chez lui. Mais les derniers mots d’Angélus l’avaient fouetté de façon si brutale, qu’elle ne s’abaisserait pas à ça, elle l’Elue. Alors en plein cœur de la nuit, elle préférait vivre mille morts, seule dans son lit, le cœur rongé par la jalousie, le corps traversé par un train qui cherchait l’autre pour mieux se faire distancer.
Pour offrir l’apaisement ne serait ce qu’à son corps privé d’attention, elle gigotait brusquement mal à l’aise pour la place vide qu’elle voulait voir occupée.
Frustrée par l’absence, son agitation grandissante finissait toujours par faire valser d’un coup de pieds les draps hors du lit. Elle avait beau ouvrir ou fermer les yeux, la réponse était toujours la même, elle voulait Angélus, lui et personne d’autre.
Une fois, une seule, le manque avait été si cruel qu’elle avait bien failli se toucher elle-même.
Sur son geste avancé, affolée, elle avait couru sous la douche pour mieux pleurer la température de son corps qu’elle faisait baisser à regret.

En grimpant les trois étages qui ouvraient sur son appartement Buffy essayait d’effacer Angélus toujours trop là.
Elle s’attacha alors aux jeunes filles avec qui elle venait d’écumer trois cimetières mais la diversion ne dura que quelques secondes.
Brusquement elle se sentit rougir dans le noir en songeant à l’humidité qui avait mouillé sa petite culotte en plein cœur de la journée à l’instant même du déjeuner. Honteuse face aux filles, elle avait alors remué mal à l’aise sur sa chaise pour dissimuler ses pensées secrètes attachées à ses souvenirs trop brûlants.
Désolée face à elle-même, face à son corps qui désormais gémissait à distance, à haute voix, pour le seul contact du vampire, Buffy glissa la clé dans la serrure de son appartement.

A peine entrée, elle se dirigea vers la salle d’eau pour se faire couler un bain qu’elle espérait souverain et assez bienfaisant pour lui ouvrir les portes même du sommeil.
Tandis qu’elle répandait bain moussant et huiles essentielles pour l’eau qui s’écoulait lentement, elle repensait à la conversation qu’elle avait entretenue plus tôt avec Wyndam Price Senior.
Elle avait discrètement appris que Wesley se trouvait en Allemagne, à Berlin même.
Et il n’avait pas fallu beaucoup plus pour que Buffy fasse directement le lien avec cette clinique Allemande dont Angélus l’avait bienheureusement privée.
Tandis qu’elle fermait les robinets, Buffy se posait des questions inquiétantes.
Que faisait Wesley en Allemagne ? Wesley faisait il toujours parti de W&H depuis qu’Angel avait déserté ?
Qui était réellement Alessandro ? Quel part de marché le W&H international avait réellement dans tout ça ? Qu’était devenu l’employé de W&H qu’Angélus avait brutalement, non suavement abandonné à ses hommes pour un viol collectif, juste pour lui apprendre qu’il n’était pas à vendre. Mal à l’aise sur le souvenir Buffy pensa que l’homme avait du retenir la leçon.
– » On retient toujours les leçons d’Angélus.  » Murmura t’elle à haute voix en se glissant dans l’eau.
La tête en repos contre la faïence elle essaya de se détendre dans la chaleur du bain.
Elle pensa à Dawn à qui elle avait parlé quelques heures plus tôt.
La jeune fille lui avait parlé de la Californie de long en large, de l’océan et du parfum sucré qui flottait partout en ce mois de juillet.  » Rien à voir avec le parfum italien Buffy !  » C’était exclamée Dawn en riant.
Mais pour Buffy la Californie pouvait bien véhiculer tous les parfums d’orient, désormais le parfum de l’Italie serait à tout jamais celui d’Angélus.
Suspendu sur l’écran noir de ses paupières closes, il la regardait si fiévreusement qu’il la fit remuer mal à l’aise.
L’humidité, la tiédeur qui s’emparait d’elle n’avait rien à voir avec les vapeurs du bain.
Elle aurait du ouvrir les yeux pour chasser l’image envoûtante mais elle s’obstinait à vouloir le garder là.

Sur un miolement désespéré elle roula sa nuque contre la faïence, la seconde suivante elle faisait descendre sa main contre sa poitrine douloureusement dressée.
Les cuisses serrées, les genoux remontés, elle vivait par procuration sous les yeux du vampire dans sa tête.
Alors inévitablement, les pieds fermement posés sur le fond de la baignoire, les paupières plus serrées que jamais, elle fit descendre sa main plus loin, vers son triangle doré qui s’égouttait déjà de part trop.
Quand à l’abri de l’eau du bain elle glissa timidement en elle un de ses petits doigts, elle ne pu empêcher un long soupir satisfait de passer la barrière de ses lèvres tout à coup détendues.
Alors pour tenter d’imiter le vampire qui savait trop bien jouer avec son corps, un second doigt alla rejoindre le premier.
Sur les piaffements bienheureux que sa bouche laissait entendre, son éducation de petite fille trop bien élevée la rendait honteuse devant le plaisir qu’elle commençait à se donner elle même, mais rien ne pouvait lui faire faire marche arrière. Son corps en manque qui hurlait depuis plusieurs nuits ne l’aurait pas laissé faire.
Sa deuxième main trouva rapidement son bourgeon dressé et aussitôt elle se fit gémir à haute voix.

En sueur, les joues rouges, elle s’activait pour trouver l’orgasme qui la libèrerait enfin mais la pensée du vampire qui lui faisait trop parfaitement l’amour l’empêchait d’atteindre le point culminant, et ses propres mains n’étaient pas les siennes.
Brusquement dépitée, elle brisa la manœuvre sur un sanglot qui relevait sa tentative inassouvie.
– » Pourquoi tu t’arrêtes ?  » Murmura Angélus depuis le rebord de la baignoire où il se tenait à demi assis.
Comme si on l’avait piquée, Buffy ouvrit vivement son regard émeraude.
Sidérée, elle resta figée sur le regard penché qui la fouillait de part trop pour mieux lui tirer brusquementavant des larmes désespérées.
Elle ne savait pas pourquoi elle pleurait, si c’était parce qu’il l’avait surprise dans une intimité trop parfaite où si c’était simplement là joie de le voir là. La joie oui, elle ne pouvait mentir à son cœur qui bondissait tout son saoul de le voir là, si proche.
– » Continu.  » Murmura le vampire.
Rougissante, elle marqua mollement la négative en fuyant son regard trop perçant.
La nuque toujours en appuie sur la faïence elle fixa le mur pour ne pas le regarder, pour ne pas se jeter désespérément contre son torse.
D’une main glissée contre son menton, il ramena son visage vers lui.
– » Pourquoi tu veux me priver de se spectacle de débutante. « 
– » Mes…mes mains ne sont pas les tiennes.  » Murmura simplement Buffy comme une évidence.
Sans un mot elle le vit alors glisser sa main puis son avant bras dans l’eau du bain qui détrempa son manteau.
Tout de suite il trouva ses parties sensibles qui le reconnurent aussitôt.
Quand ses doigts amorcèrent le premier mouvement de recul, Buffy saisit brusquement sa manche par crainte qu’il ne s’écarte et s’en aille.
Surpris, Angélus se dessina un demi sourire tandis que Buffy brisait les râles qui la secouaient pour simplement demander.
– » Comment…tu es rentré…aussi vite ? « 
– » Mes doigts n’ont jamais eu de difficulté pour entrer en toi. « 
– » Je…Je veux dire…dans ma maison. « 
Il la fit gémir plus haut avant de répondre.
– » A ça ! Tu as souhaité que je sois invité permanent, tu te souviens ? « 
– » Oui.  » Articula à peine Buffy en se jetant brusquement contre son cou.
Il était trop loin et elle voulait le sentir de plus près, même l’eau du bain entre eux était une barrière de trop désormais.
Son geste avait été si vif qu’il faillit déséquilibrer Angélus qui la reçue assise à même le rebord de la baignoire.
Sans un mot, elle plongeait contre son cou pour mieux le goûter, mieux écarter son manteau et sa chemise froissée qui sentaient la poussière du chemin. Elle ne voulait pas savoir où il avait encore été traîner, l’important était qu’il soit là.
Angélus se sentait presque violé par l’ardeur silencieuse de la jeune fille qui buvait déjà sur son torse comme pour lui éviter la douche qui attendait encore son retour. Une main dans ses cheveux il lui demanda simplement comme pour freiner sa fougue.
– » Dis moi au moins que je t’ai manqué ? « 
– » Oui.  » Sanglota Buffy à nouveau dans son cou.
La seconde suivante, il la sortait entièrement de l’eau pour la déposer sur le tapis de bain.
Il décrocha les petites mains attachées contre sa nuque, un battement de cil plus loin il partait.
Réalisant soudain son départ si rapide, les yeux figés sur la porte Buffy éclata en sanglot sur le seul souvenir du manteau qui prenait son envol.

Cette nuit là elle dormit d’un sommeil agité où chacun de ses rêves s’était fini en cauchemars.
Elle avait vu Angélus lui présenter mille visages pour finir par n’en gardait qu’un.
Elle s’était vu elle, marcher librement jusqu’à lui pour une leçon en public. Un public fait de vampires qui caressaient doucement ses cheveux trop blonds, des vampires subitement attentifs à chacun des gémissements de l’Elue.

Quand Buffy s’éveilla en fin de journée le lendemain, elle quitta ses draps rapidement pour laisser derrière elle le souvenir encore imprégné de ses cauchemars. Elle glissa ses pieds dans ses pantoufles et sortit de sa chambre.
Elle savait irrémédiablement que quelque chose de désagréable lui arriverait très bientôt…………..A suivre bientôt la partie 3 de « Parfum d’Italie »………………