Maggie Walsh

Cette vilaine sera également développée dans la section [Personnages]
Joué par : Lindsay Crouse
Classe : Humaine
Statut : Décédée
Menace : Élevée
Apparition(s) : 9 (Saison 4)

Mythologie/Démonologie 

          Maggie Walsh est très similaire à Valerie Cooper de l’univers des X-Men. Les deux femmes sont des scientifiques chargés par le gouvernement fédéral américain d’étudier la question des démons/mutants et les menaces possibles contre les êtres humains. Cependant, elles ne parviennent pas à contrôler le problème et il se retourne contre elles, comme la trahison d’Adam dans Buffy ou celle de la mutante Mystic dans X-Men.

          Maggie Walsh a bien entendu souvent été comparée à Victor Frankenstein, tous deux essayant de compenser la vulnérabilité de l’être humain en créant des monstres à partir de morceaux du corps humain.

Biographie

          Maggie Walsh était un professeur de psychologie de l’Université de Sunnydale, dont la renommée dans le domaine était, parait-il, mondiale. Sous couvert d’être professeur d’université, elle exerce dans l’ombre un projet top secret avec le gouvernement américain, et s’avère être la responsable scientifique de l’Initiative. Mais Maggie Walsh cachait bien ses secrets, et n’avait pas que pour seul but de capturer et étudier les démons pour en établir leurs chroniques, puisqu’elle avait convaincu le gouvernement de créer une race de super-soldats à combinant les facultés des humains avec celles des démons. En septembre 1999, Maggie Walsh rencontre Buffy Summers comme élève de première année dans sa classe de psychologie.

          A l’université, Maggie avait une redoutable réputation et un niveau d’exigence élevée. Certain la surnommait d’ailleurs « la vipère ». Elle n’accordait aucun confiance à ses élèves et n’encourageait pas la médiocrité. Néanmoins, comme Buffy Summers la Tueuse de vampires, Maggie Walsh dissimulait sa double identité, et redescendait dans le complexe de l’Initiative situé sous le campus, après les cours, pour poursuivre son projet.

          Le rapprochement de Buffy avec Riley Finn, son assistant en psychologie mais aussi le lieutenant le plus gradé de son commando pour la capture des démons, va permettre à Buffy et Maggie de confier leurs occupations respectives, et Maggie va alors entamer les démarches auprès du gouvernement pour permettre à la Tueuse de rejoindre ses rangs, croyant clairement à sa valeur ajoutée.

          Maggie a maintenu une relation étroite avec Riley Finn, qui la regardait comme une figure de la mère. Alors quand l’influence de Buffy sur Riley détourna celui-ci de ses obligations, Maggie comprit trop tard que la Tueuse serait plus une gêne qu’une alliée, et envisagea alors de l’éliminer dans une embuscade quelques jours après que la Tueuse ait obtenu son accréditation pour entrer dans les locaux de l’Initiative.

          En réalité, Maggie n’était pas seulement inquiète de la curiosité de Buffy à l’égard du projet 314, un projet top secret au sein même de la mission secrète de l’Initiative, elle était surtout jalouse de l’emprise de Buffy sur Riley, son fils spirituel avec lequel elle entretenait une relation quasi filiale. Elle prit très mal de les voir coucher ensemble alors qu’elle espionnait ses hommes dans leur intimité par le biais de caméras dissimulées, reliées aux centre de contrôle de l’Initiative.

          Buffy parvint à se défaire de l’embuscade de Maggie et dénoncer ses agissement à Riley, qui perdit immédiatement confiance en elle. Sentant qu’elle ne pouvait plus manipuler son garçon pour lui faire avaler ses mensonges, elle le laissa partir et se détermina à se venger de Buffy, refusant de craindre les menaces de la Tueuse.

          Elle se retira dans la mystérieuse salle 314 dont elle était l’une des seules à avoir accès, ruminant sa vengeance contre la Tueuse. Elle ne vit pas que derrière elle, le premier des supersoldats qu’elle avait créé, Adam, s’était réveillé plutôt que prévu. Celui-ci l’empala en pleine cœur, sans préavis, avec une broche, avant de quitter l’Initiative.

          C’est le professeur Angleman qui retrouva le corps de Maggie, avant d’alerter le complexe de l’évasion probable d’un démon, plongeant l’Initiative dans l’agitation et la confusion, tandis que le gouvernement tenta par tous les moyens d’effacer les traces de son implication dans le projet 314. Riley n’a finalement jamais pu revoir Maggie pour lui demander des explications sur ses agissements, et il fut probable que celle-ci aurait de toute façon détourné la vérité, en bonne experte de la psychologie.

          Le cadavre de Maggie a été réanimé artificiellement, avec l’activité cérébrale modérée, et employé par Adam comme un serviteur pour la phase finale du projet 314, une phase finale qu’elle avait elle-même prévue dans le plus grand des secrets avec son complice, Angleman, alors qu’elle pensait être encore en vie. Cette phase finale comptait la mise en œuvre d’une bataille rangée entre les humains et les démons dans les locaux verrouillés de l’Initiative, afin de créer toute une armée de supersoldats comme Adam, avec les corps des victimes.

          Riley fit face à une Maggie-zombi, totalement atterré par le projet qu’elle lui avait toujours dissimulé. Quand elle attaque plus tard Buffy avec une scie à os chirurgicale, Riley arracha les tubes de pompage de sang qui permettaient de la maintenir en vie artificielle, pour se débarasser d’elle une fois pour toute et sauver sa petite amie.

          Une fois Adam vaincu et l’Initiative ruinée, le gouvernement américain estima que la vision de Walsh pour la création de supersoldats à des fins militaires fut brillante, mais finalement incontrôlable. L’Initiative fut condamnée, les dossiers secrets expurgés, et projet abandonné.

Symbolisme 

           Maggie incarne parfaitement le manque d’éthique dans la poursuite des avancées scientifiques et technologiques. Elle évoque l’opposition entre la science et la magie. La science fait irruption dans l’univers de Buffy et tente de contrôler la magie, mais la magie se révèle être beaucoup trop puissante pour la science. Les thèmes principaux de la saison 4 sont l’autorité, l’ordre et le sentiment d’être étranger aussi bien à ses proches qu’à soi-même. La saison met aussi en avant la différence fondamentale qui existe entre les méthodes de Buffy et sa bande, et celles de Maggie Walsh et l’Initiative, qui, bien qu’ayant des buts communs, s’appuient sur les usages respectifs de la magie et de la science.

          Maggie représente aussi une certaine forme de domination féminine, raison pour laquelle son personnage est masculinisé.

Notre avis 

L’une des armes les plus déstabilisante de Maggie Walsh est sa franchise, et même si elle manque totalement de chaleur humaine, Maggie est sincère et jamais hypocrite, sauf par intérêt.

Il y a autour de son personnage de professeur froid un rapport à la maternité. Elle considère Adam, sa création, comme son fils, et celui-ci l’appelle « Mère », comme elle le lui a appris, ou programmé. On entrevoit une relation quasi-filliale entre elle et Riley dans les épisodes « 314 » et « Piégée », à l’instar d’une mère qui préserve son fils et veut son bien. Buffy représente en quelque sorte la belle-fille, la pièce rapportée, qui doit séduire la belle-mère pour avoir le fils (un scénario plus courant qu’on ne le croit), et devient vite jalouse et suspicieuse comme toute mère qui entretien des rapports fusionnels avec son fils (même si Maggie n’est pas du tout fusionnelle et ne peut se le permettre étant donné son rapport de hiérarchie sur Riley). La façon dont elle appelle Riley par son prénom en cause de désespoir est très surprenante. Riley ne mentionne qu’une fois sa mère biologique, comme si il n’avait connu que Maggie. Aussi, avant qu’elle ne s’oppose à Buffy et se retourne contre elle, elle la considère en quelque sorte comme sa « fille », allant même jusqu’à reprocher à Giles sa mauvaise influence « paternelle » sur Buffy.

Son caractère glacial (et même castrateur avec ses soldats) implique sans aucun doute des difficultés de sociabilités flagrantes. Elle ne mentionne jamais sa vraie famille, et il est difficile de croire qu’avec sa double vie, elle puisse gérer un foyer et élever des enfants. Il est donc tout à fait possible qu’elle projette dans son travail la famille qu’elle n’a jamais eu. Il faut s’en convaincre, Maggie est à l’évidence une personne très solitaire, qui souffre peut-être d’un manque d’amour (les personnes qui ne reçoivent jamais d’amour sont les plus froides dans leur rapports avec les autres), ce qui renvoie une image assez triste d’elle-même.

Il est dommage de ne pas avoir eu le droit à une confrontation Buffy-Maggie, celle qu’on était en droit d’attendre, d’autant que sa mort est une erreur scénaristique au vu de ce qu’elle aurait pu apporter pour la fin de la saison. Les projets initiaux de Whedon rapportent que Maggie était à l’origine prévue comme le big bad de la saison 4. Une idée bien plus intéressante qu’on aurait tendance à le croire !

Le paradoxe de Maggie Walsh réside dans son métier de professeur de psychologie, plutôt étrange pour une personne qui ne montre aucune compassion, n’encourage que rarement ses élèves, n’offre aucune considération pour la faiblesse. Maggie ne s’embarrasse pas non plus des tourments et des complications de l’amour ou de l’amitié, afin d’avoir l’esprit entièrement libre pour se consacrer à la science.

Maggie est une femme dans un monde d’hommes, dans une saison particulièrement masculinisée. Chose étonnante : en plus d’être la responsable scientifique du projet 314 et probablement la conceptrice de l’Initiative toute entière, elle semble aussi être la chef militaire de l’organisation, ou du moins fait montre d’autorité dans les décisions militaires et stratégiques. Alors certes, dans notre civilisation, les militaires reçoivent directement leurs ordres de dirigeants civils quand on y pense, mais il est peu probable que Maggie est l’expérience militaire et tactique nécessaire, en plus d’être une experte en psychologie et une scientifique avant-gardiste brillante. Maggie est un personnage froid et masculinisé, à l’esprit étroitement protocolaire, à l’image d’une grande partie des personnages profondément masculins liés à l’Initiative (Adam, Riley, Forrest, Graham, McNamara…). Sa coupe de cheveux est résolument garçonne, et on peut la considérer comme une forme de domination féminine castratrice dans un milieu hyper-masculin. Quand Adam la tue, c’est aussi pour se libérer d’une emprise ou d’une domination féminine.

Les méthodes de Maggie sont peut-être discutables, tout comme celles du Conseil des Observateurs, mais pas forcément condamnables ! Fabriquer une armée de supersoldats revient en fait à détourner les sciences occultes à l’avantage de l’humanité.