Les Gentlemen

Joués par : Camden Toy – Doug Jones – Charlie Brumbly – Don W. Lewis
Classe : Divers (croque-mitaines)
Statut : Décédés
Menace : Importante
Apparition(s) : 1 (Saison 4)

Mythologie/Démonologie 

          Les contes de fées jouent un rôle essentiel dans le scénario de cet épisode, ainsi que l’univers des terreurs enfantines qu’illustre la séquence du rêve pré-générique. L’épisode reprend la structure narrative des contes de fées. Giles est le vieux sage délivrant son savoir lorsqu’il présente les Gentlemen, Buffy est la princesse et, une fois qu’elle embrasse pour la première fois Riley, son héros, les monstres sont vaincus, le monde est temporairement sauvé, et le couple hétérosexuel finit ensemble. Les personnages de Tara et d’Olivia sont introduits pour représenter des personnes moins expérimentées que les héros, des personnes qui auraient été aussi effrayées que des enfants face à un conte de fées horrifique. Le personnage de Tara, qui sort sur le campus, ses livres de sorcellerie à la main, est une petite fille qui s’enfonce la nuit dans la forêt.

          Toutefois, de nombreux éléments viennent subvertir cette structure : au lieu d’être emprisonnée dans sa tour comme toute bonne princesse, Buffy y entre en fracassant les fenêtres et se bat au lieu d’attendre d’être sauvée. La scène de présentation par Giles est exemplaire de cette subversion. Le vieux sage délivre son savoir avec des transparents projetés au mur, comme un professeur, et l’on retrouve les figures classiques du conte, princesse et monstres. Mais les images qu’il utilise sont ses propres dessins, aussi réalistes que des dessins d’enfants, et se transforment en images gores. Il tient à mettre Danse Macabre en musique d’ambiance. Enfin, son exposé de vieux sage est interrompu par les remarques de son public, dont certaines tranchent avec la solennité du moment. En mimant qu’elle entend exterminer les Gentlemen avec un pieu, Buffy laisse croire à un acte masturbatoire. Plus tard, la Tueuse lève le doigt pour demander la parole, répétant un geste habituel dans un cadre de parole collective, ou se plaint que Giles lui ait dessiné les hanches trop grosses.

Biographie

 

          Les Gentlemen sont un groupe de croque-mitaines vraisemblablement sortis des contes de fées, et sensible à la voix humaine. Ils erraient de ville en ville, à la recherche des sept cœurs humains dont ils avaient besoin pour rester en vie. Ils sont servis par un groupe de fantassins démoniaques, aussi nommés Footmen, vêtus de camisoles, et qui sont leurs muscles lors des affrontements avec les humains.

          Les Gentlemen sont des êtres terrifiants, chauves, pâles et affichant en permanence un sourire malicieux, plein de dents métalliques.

 

          Ils portaient des costumes noirs et possédait des cartables avec des scalpels et autres outils de dissection, avec lesquels ils arrachaient les cœurs de leurs victimes. Ils ne marchaient pas, mais lévitaient debout, toujours parfaitement droit et impeccables dans leurs manières.

          Fidèles à leur nom, ils avaient une propension étrange à communiquer poliment avec leurs confrères, applaudissant un autre Gentleman chaque fois qu’il ajoutait un cœur à la collection, comme si ils étaient bourrés de savoir-vivre et de bonnes manières.

          En 1999, les Gentlemen étaient venus s’installer à Sunnydale en réduisant la ville entière au silence. Abrités dans un vieux clocher abandonné, ils sortaient les nuits pour extirper le cœur des malheureux qui ouvraient leurs portes.

 

           Ils se rendirent notamment sur le campus de l’université, toquer aux portes des résidences universitaires. 

          Dans un conte populaire, Giles avait une représentation iconographique des Gentlemen, et grâce à un dessin d’Olivia Williams, qui en a aperçu un par sa fenêtre, il put dresser le portrait des créatures pour aider sa Tueuse à les repousser.

 

          Les Gentlemen furent finalement défaits par la Tueuse, avec l’aide de l’Initiative et du soldat Riley Finn, qui explosa la boîte magique dans laquelle étaient retenues captives les voix des habitants.

          Lorsque tout Sunnydale récupéra sa voix, la Tueuse hurla de toutes ses forces, ce qui fit exploser littéralement la tête des Gentlemen, ultra-sensible à la voix humaine.

Symbolisme 

          C’est l’analyste Rondha Wilcox qui s’exprime le mieux sur les diverses interprétations des Gentlemen et du silence qu’ils imposent à la ville. Aussi, nous choisissons de reprendre en grande partie ses passionantes analyses :

      Les Gentlemen peuvent faire l’objet d’une interprétation psychanalytique. On peut voir en eux une représentation du patriarcat. C’est un groupe d’êtres identiques, une classe, d’hommes blancs, lévitant au-dessus du sol et donc des autres, ayant des serviteurs, victoriens dans leurs manières et leurs vêtements. Ils sont représentés regardant à travers des fenêtres, toquant aux portes. Ils entrent là où ils ne sont pas invités, pénètrent la chambre de leur première victime. Leurs actions sont équivalentes à un viol. Il s’agit du symbole de la peur de la pénétration et du rapport sexuel forcé.

          Cet épisode avance l’idée que quand vous vous arrêtez de parler, vous commencez à communiquer. L’épisode met en effet en avant les limites de la communication verbale, notamment dans le premier acte, encore parlé. Le groupe de Wicca de Willow ne fait que parler de choses sans importance, Buffy doit mentir à Riley dès qu’elle lui parle, Alex est incapable de parler de ses sentiments à Anya, Giles est épuisé par les disputes incessantes de celle-ci et les remarques de Spike. Dans ces scènes, la parole est associée au mensonge, aux discours vains, à l’hypocrisie ou à la lâcheté.

 

         Inversement, c’est dans le silence que les personnages communiquent le mieux. Buffy et Riley s’embrassent pour la première fois. Alors qu’Alex n’arrive pas à exprimer ses sentiments à Anya par sa parole, il lui prouve en actes en frappant Spike. Entre Willow et Tara, la scène est moins humoristique mais beaucoup plus forte. Sans se parler, elles joignent les mains et parviennent grâce à cela à synchroniser leurs pouvoirs et à pousser un distributeur de boisson par télékinésie. La scène finale ne pouvait être que celle-ci : la parole est revenue, la communication redevient impossible. Riley dit « Il faut qu’on parle », mais la gêne l’emporte. On est loin de l’embrassade passionnée que le silence avait permise. « Un silence de mort » met en scène les vices de la parole et les vertus de la communication non verbale.

          Les premières séquences muettes sont l’occasion pour Whedon d’analyser la variété des réactions de la société face à un drame. Une réaction classique face au drame est l’indifférence, le repli sur soi, illustrée dans l’épisode par la scène où Tara, poursuivie par les Gentlemen, frappe aux portes des étudiants sans obtenir l’aide indispensable. Whedon reconnait s’être donné du mal pour que la vie en commun soit un enjeu majeur de « Un silence de mort » : cadrage large, plans-séquences qui traversent les plateaux, comme dans la scène où Buffy et Willow parcourent une rue en se rendant chez Giles. On peut alors voir que la banque est fermée, mais que le marchand d’alcool est ouvert. Dans la rue, les jeunes femmes assistent à une prière silencieuse. Un peu plus loin, un marchand vend des ardoises et des stylos pour communiquer. Ces deux plans montrent qu’en cas de drame, le fanatisme religieux n’est pas très loin, et le capitalisme ne perd pas le nord.

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Notre avis 

Notre avis sur les Genltemen très bientôt…