L’Histoire

« Je préfère écrire une série pour 100 inconditionnels que pour 1000 personnes vaguement intéressées. Je veux que Buffy vive avec l’imagination des gens ».

Joss Whedon

Diffusée pour la première fois aux Etats-Unis le 10 mars 1997, la série Buffy contre les vampires a immédiatement dépassé les attentes que l’on avait placé en elle. basée sur un film qui avait fait un flop et qui racontait l’histoire d’une lycéenne chargée de débarrasser le monde des démons, Buffy promettait d’âtre une autre de ses séries stupides pour adolescents, un produit pareil à tant d’autres. beaucoup de gens, y compris ceux qui avaient travaillé à sa réalisation, doutaient que la série survive à sa première saison. Pourtant, elle a survécu, et sa popularité n’a cessé de croître parmi les fans, mais aussi auprès de la critique.

Dans cette série fantastique, Joss Whedon, le créatuer, a transformé l’image traditionnelle de la jeune femme sans défense en une machine à tuer d’un mètre soixante. Mais une machine à tuer qui a aussi ses problèmes. Pourtant le devoir est le devoir et Buffy doit apprendre à vivre avec l’idée que chaque jour peut être pour elle le dernier. parce que, « à chaque génération, il y a une Élue… ».

Whedon gagne son pari !

Quand, en mars 1997, Buffy The Vampire Slayer débarque sur une chaine américaine pour la première fois en guise de bouche trou entre deux saisons, Joss Whedon doit affronter un ennemi bien plus pernicieux et redoutable encore que les monstres du scénario: le scepticisme général à l’égard de la série.

Il faut dire que son film dont il vient de tirer la série a fait un joli flop en salle, et si Whedon n’était pas resté maître de son film, cette fois il a demandé à garder le contrôle complet des opérations pour faire naître la série.

Encore en phase de démarrage, le petit réseau WB essayait de récupérer le public jeune, un créneau abandonné par les grands réseaux américains. WB opta alors pour une programmation plus incisive, et la série Buffy semblait convenir à merveille, en dépit de l’accueil pour le moins réservé qu’eut le film en salles. L’expérience prouvera plus tard combien Joss et WB avaient raison.

Succès inattendu !
  
Son concept mêlant humour, horreur et romance paraissait voué à l’échec pour cette lycéenne appelée à combattre les forces du Mal et, en outre, les acteurs étaient parfaitement anonymes. Buffy the Vampire Slayer semblait donc destinée à être rapidement déprogrammé, faute d’audience.

Seulement voilà, la série a de la gueule !
  
Rompant avec les clichés habituels, Buffy est une jolie blondinette californienne, mais, au lieu de jouer les victimes sans défense, comme on pourrait s’y attendre, elle botte le cul des monstres !

Son coté sarcastique plut aux adultes et les ados apprécièrent la profondeur de caractère concédée aux jeunes acteurs. Bien loin des rôles imbéciles habituels, les personnages de Buffy se montrent sardonique, anxieux, décidés, nobles, même si ils manquaient parfois un peu de constance en cette première saison.

Et l’incroyable se produisit, les taux d’audience de WB grimpèrent en flèche et la jolie frimousse de Sarah Michelle Gellar se retrouva bientôt en couverture de nombreux magazines américains.

Face à l’audience au rendez vous, Joss Whedon gagne son pari, mais ce qu’il ne sait pas encore, c’est qu’une série culte vient de naître.

Le phénomène Buffy !
  
Ajourd’hui, Buffy The Vampire Slayer fait également figure d’élue et de série culte parmi les séries télévisées à l’instart de Star Trek ou X-Files.

Le petit noyau de fans originel enfla démesurément. Les fans ? Ils ont toujours tout su avant les autres, portant vêtements griffés Buffy et échangeant via internet quantité de messages angoissés évoquant les intrigues amoureuses nouées à Sunnydale.

Aujourd’hui on trouve des romans, des bandes dessinée, des bijoux, des figurines à l’image de Buffy, d’Angel, ou d’autres personnages, ainsi qu’une multitude d’accessoires fabriqués sous licence.

Buffy, qui possède son magasine officiel voit aussi ses conventions, évènements cultes où les fans rencontrent les acteurs de la série pour de passionnants questions/réponses et séances d’autographes.
Joss Whedon est entré dans le métier peu après avoir décroché un diplôme au Westland College, dans le Connecticut. Il s’est installé à Los Angeles, où comme beaucoup d’autres, il s’est attelé à l’écriture de scénarios. Il figura toutefois parmi les heureux élus, puisqu’il fut engagé dans l’équipe de la sitcom Roseanne.

Joss Whedon, qui a écrit, réécrit, ou participé à de nombreux scénarios, tels, Twister, Waterworld, Speed, Alien IV : la résurrection, Toy Story, Sérénity… écrivit plus tard le scénario de Wonder Woman pour le grand écran. En effet qui mieux que lui pouvait véhiculer l’image de la femme forte.

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L’avis d’une spécialiste

Le public ne fut pas le seul à témoigner son soutien, les professionnels aussi soulignèrent la qualité de la série.

Joyce Millman, une critique américaine réputée, affirma qu’elle fut immédiatement séduite par sa richesse psychologique.

« Ce n’est pas la première fois que le lycée est utilisé comme métaphore pour désigner l’enfer, je pense notamment à « Carrie » et « Heathers », mais « Buffy » va un peu plus loin », dit-elle.

« Buffy et ses amis sont confrontés aux problèmes typiquement adolescents que sont les chagrins d’amour, la cruauté de certains élèves et l’incompréhension des parents ou des profs, mais ils vivent également aux portes de l’enfer et ils ont tous conscience que leurs petits problèmes quotidiens sont insignifiants en comparaison de ceux que leur causent les démons. »

Joyce Millman note aussi l’importance de leur mission et l’absence quasi totale d’adultes dans le combats qu’ils mènent contre les puissances du Mal. « Ce que j’aime dans cette série, c’est que des enfants sont littéralement en trains d’essayer de sauver le monde, alors que les adultes s’imaginent qu’ils ne pensent qu’à eux », précise-t-elle.

« Quand à Buffy je la trouve admirable. Elle ne manque ni de confiance en elle, ni de force physique. On a rarement l’occasion de voir de tels personnages féminins à la télévision. Elle a le sang froid de Scully et les techniques de combat de Xena. Ce mélange me parait tout à fait imparable. »

L’envol
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Malgré sa popularité montante, la série ne faisaient pas le poids face aux grandes chaînes. L’équipe ne pensait pas revenir pour une seconde saison. Buffy n’avait beau pas être au top, la châine Warner Bross était ravie que la série ait attirée un jeune public, et commanda une brochette de 22 nouveaux épisodes particulièrement soignés au niveau du script et des personnages, des qualités qui pèseront lourd sur la balance. Ajoutons que la série avait augmenté les rentrées d’argent de la chaîne, notamment au niveau de la publicité.

Du sang neuf

La seconde saison débuta avec du sang neuf, devant et derrière les caméras. La jeune scénariste prometteuse Marti Noxon rejoint l’équipe et écrivit son premier scénario avec le double épisode « Kendra ». Christophe Beck est engagé pour la composition de la musique sur 12 des 22 épisodes et laissera une marque impérissable à la série. Carey Meyer, lui, devient le chef décorateur et surprend par ses décors d’envergure cinématographique. L’acteur Seth Green, très populaire aux USA, obtient le rôle récurrent de Oz Osbourne, tandis que la trame scénaristique se dote de deux nouveaux et cruels vampires : Spike et Drusilla, interprété par le duo de talent James Marsters et Juliet Landau. David Boreanaz récupère un rôle régulier dans le show, tandis que Robia LaMorte (Jenny Calendar), Kristine Sutherland (Joyce Summers) et Armin Shimerman (Snyder) sont d’avantage développés.

La relation tordue, morbide et démoniaque entre Spike et Drusilla plut étonnamment aux fans, qui en redemandaient. Dans le même temps, la relation Angel-Buffy évolue et le publique en raffole.

Le cas Angel
  
Au fil des épisodes, il deviendra de plus en plus évident qu’Angel et Buffy sont tombés éperdument amoureux l’un de l’autre, même si tous deux réalisent pleinement qu’une Tueuse et un vampire ne sont nullement censés s’unir. Peut-on réellement faire confiance à un vampire repenti, à fortiori lorsque l’on est une Tueuse ? Tel est le dilemme auquel Buffy sera confrontée… et qui tiendra en haleine les téléspectateurs !

Car la vraie bataille que mène Buffy est en fait sentimentale, et le fil conducteur de la seconde saison, c’est naturellement l’évolution de sa relation avec Angel. D’amis, ils deviendront amants, quand le jour de ses 17 ans, Buffy s’offrira à lui. Buffy ne pourra alors que constater, impuissante, la métamorphose d’Angel en Angélus. En effet la malédiction qu’on lui a jetée le condamne à redevenir le cruel vampire qu’il fut jadis.

Nouvelle case horaire

En janvier 1998, la WB misa sur le succès de Buffy pour déplacer la série un soir de plus faible audience. L’équipe avait très peur de quitter le créneau du lundi soir pour celui du « nouveau mardi » sur WB, et se demandait vraiment si la série tiendrait le choc. La chaîne eut nénamoins la bonne idée de diffuser les deux parties de « Innocence » les deux soirs de suite, faisant ainsi la transition idéale du lundi au mardi. Le public fut tenu en haleine avec la transformation d’Angel en Angélus et les fans était au rendez-vous. 

Après « Innocence » La série devenait plus complexe et dérangeante, et les fans adoraient. Les scènes où Angel était méchant étaient toutes subtiles, démentes et alambiquées. Après avoir fait l’amour, Buffy et Angel sont donc contraints de se faire la guerre. Un complet retournement de situation dans la série. Dorénavant voué à se montrer perpétuellement méchant, Angélus s’opposera à Buffy, allant jusqu’à menacer ses amis pour mieux mettre le monde en péril. Ce qui devait arriver, arriva ! Buffy sera contrainte d’éliminer Angel et de l’envoyer en enfer pour sauver le monde, dans le dernier épisode de la saison 2, nouant la gorge et tirant les larmes des téléspectateurs les plus fragiles.

Le taux d’audience explose, La saison 2 vient de donner le souffle et l’envol à ce qu’on appellera plus tard le « Buffyverse ».

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L’âge d’or

La série est confirmée

En Septembre 1998, Buffy contre les vampires entama sa troisième saison, et la série se portait bien. Il y eut de nouveaux personnages qui apparurent, tels que Faith Lehane, la Tueuse rebelle, interprétée par la délicieuse Eliza Dushku, et capable d’électriser l’environnement à chacune de ses apparitions. On vit aussi l’arrivée de Emma Caulfield dans la peau d’un démon millénaire, Anya, et l’excellent Harry Gorener pour jouer le Maire Wilkins, un big bad aussi méchant que drôle. Le début de la saison est aussi marqué par la résurrection du bel Angel, et David Boreananz rempile pour 22 nouveaux épisodes.

Les personnages grandissent, la série aussi !

Alors que Buffy et ses amis allaient devoir gérer la dernière année de lycée, celle du bac, et gagner en maturité, la série se devait d’évoluer, craignant que si les personnages n’évoluent pas, le public décroche. La saison 3 remporta le meilleur score d’audience global des sept saisons, sans doute bénéficiant du succès de la deuxième saison qui avait su rendre les fans accrocs.  Les thèmes abordent les limites des relations amoureuses, mais aussi la corruption, le détournement du pouvoir et l’ambiguïté morale.

Le choc du 20 Avril 1999

Le 20 Avril 1999, bien loin de la série Buffy, le massacre de Columbine, où deux ados ont tué 12 élèves et 1 professeur dans leur lycée, vint choquer l’Amérique, et soudain, les horreurs innocentes de Buffy ne semblaient plus si légères et innocentes. Les producteurs retirèrent l’épisode « 3×18 Voix intérieures » de la programmation, avant qu’il ne soit diffusé, la semaine suivante. La chaîne a jugé inapproprié de diffuser cet épisode et personne n’a bronché. Ironiquement, le sujet de l’épisode abordait l’idée d’un lycéen qui apportait une arme à feu à l’école, et l’intrigue voulait qu’un meurtrier projette de tuer tous les lycéens. Mais plutôt que d’abandonner l’épisode, la WB repoussa sa programmation à la fin de l’été, juste avant le lancement de la saison 4, et Whedon et son équipe acceptèrent le compromis.

La fin de la troisième saison allait marquer la fin d’une époque pour les personnages, celle de l’adolescence et de l’insouciance, et refermer la page de la trilogie (saisons 1, 2, 3) lycée, avec une fête de la promo qui se terminera dans le plus pur style Buffy, avec une bataille acharnée qui changerait la donne à jamais. Pendant trois ans, Buffy contre les vampires a fait de l’Enfer au lycée son leitmotiv, mais là, le lycée était finit pour toujours, et la série allait prendre de nouveaux risques, avec l’université, et la création d’un spin-off.

L’évolution

A l’automne 1999, Buffy contre les vampires plongea dans la vie post-lycéene, et Buffy devait se partager entre tuer des vampires et des démons, et bosser ses cours de psychologie à la fac.

Nouvel environnement : nouveaux thèmes

Spike, Anya et Riley vinrent pallier aux départs de Angel et Cordélia pour la série dérivée (ainsi que celui de Seth Green (Oz) pour sa nouvelle carrière dans le cinéma). Une expérience gouvernementale ambitieuse laissa Spike incapable de mordre les humains, et Giles, le mentor de Buffy, perdit son travail et son influence sur son élève. Tandis que Buffy et Willow étudiaient à la fac, Alex, lui, enchaina les petits boulots. Ainsi, la saison 4 fut placée sous le signe de l’individualité, de la peur et de la quête identitaire. Joss Whedon prcise qu’il a « réalisé que la vie ne cesse pas d’être dure après le lycée, et que les douleurs sont différentes. Que la série allait changer ».

L’audacieuse évolution de Willow Rosenberg

La saison profita aussi de son cadre à l’université pour traiter des expériences sexuelles que l’on fait à la fac, et Amber Benson fut engagée pour jouer Tara Maclay, une amie de Willow qui devint rapidement plus qu’une amie. Selon Noxon, leur relation était belle dans la façon dont elle a évolué. Pendant 10 épisodes, les scénaristes se sont amusés avec Willow et Tara avant de dire haut et fort qu’elles s’aimaient. C’est alors que l’équipe a reçu des mails haineux et que certains fans sont devenus fous. Mais l’amour restait l’une des clefs de la série, quelque soit la direction empruntée !

Première nomination aux Emmy Awards !

Dans l’épisode « 4×10 Un silence de mort », des croques mitaines rendent la population de Sunnydale littéralement incapable de parler, et l’épisode prend un tour vraiment terrifiant, comme rarement. Les acteurs, eux, ont dû relever le défis de tourner sans les dialogues habituels, et c’est ainsi que l’épisode est devenu le premier exercice de styles aux vraies ambitions artistiques de la série.

Les critiques acclamèrent les goules silencieuses et meurtrières, et grâce à cet épisode, Buffy contre les vampires obtint sa première nomination aux Emmy Awards.

Buffy contre les vampires avait survécu à sa première année de fac, là où la fac est synonyme de déclin dans les autres séries qui l’abordent, mais elle allait devoir faire face à son plus grand défi : la survie de la série… 

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La survie

A l’automne 2000, Buffy contre les vampires entama une cinquième saison de façon classique. La série avait énormément de fans, tous accrocs aux aventures de leur héroïne du mardi soir. Buffy était désormais imposée comme la pierre angulaire de la chaîne WB, qui visait un public jeune.

Un plan diaboliquement habile

Pour faire évoluer la série, Joss Whedon conçu un plan surprenant pour introduire une nouvelle recrue dans le casting. En effet, quand Joss Whedon annonça à son équipe que Buffy allait avoir une jeune sœur, les scénaristes ont pris peur. Ils redoutaient le syndrome de la petite jeune qui débarque et renverse la vapeur.

Michelle Trachtenberg, star de Harriet la petite espionne, fut engagée pour jouer Dawn. Au début, Dawn semblait être la sœur pénible de base, mais comme tous les fans de la série l’ont appris avec Whedon, les choses ne sont jamais ce qu’elles semblent dans Buffy. Et Dawn se révéla finalement être une clef mystique censée ouvrir un portail à travers les dimensions, que convoitait Gloria, la déesse charismatique et tonitruante qui s’impose en big bad cette année-là. L’idée de Dawn fut donc un risque énorme, mais un pari réussi. Une évolution de la série aussi habile que osée !

Des thèmes plus durs et plus sérieux

Buffy était devenue une jeune femme, et la série se devait d’aborder à présent des thèmes plus sérieux, comme la famille, les responsabilité et les valeurs sûres. Dans l’un des épisodes, Buffy découvre le corps inanimé de sa mère et doit faire face à la perte d’un être cher, impactant irrémédiablement sur la dynamique et l’atmosphère de la série, la rendant de suite plus mature encore qu’elle ne l’était déjà. 

Quand la série failli s’arrêter…

Alors que la série signait son 100ème épisode, les négociations pour les séries à reconduire entre la 20th Century Foc et la WB n’étaient pas au beau fixe. Les scénaristes se sont dit qu’ils allaient peut-être devoir arrêter, à cause de l’argent, et non du succès. Toute l’équipe essayait de tourner normalement, mais les problèmes finirent par arriver sur le plateau.

Joss Whedon avoue : « Lors du tournage du 100ème épisode, il y a eut une fête avec un gâteau. Des représentants de la Fow et de la WB étaient là, et je répétais : « Merci pour le gâteau ! », sachant qu’ils allaient nous virer. J’ai dû arrêter de tourner car j’en avait marre de cette hypocrisie. »

Marti Noxon ajoute : « Les gens en ont fait une affaire personnelle, même s’il était question de problèmes plus complexes, liés aux syndicats, à l’argent, et aux gros bonnets du milieu ».

UPN sauve Buffy !

Les initiés d’Hollywood furent surpris quand la jeune chaine UPN fit une belle offre pour la série, en expliquant que « si WB larguait Buffy, UPN l’épouserait ».

A la fin de la cinquième saison, Buffy contre les vampires termina son parcours sans fautes sur WB, sur une note tragique, avec le sacrifice de son héroïne et un gros impacte émotionnel. Bien que la série allait revenir à l’automne 2001, le dernier épisode de la saison 5 laissa les gens perplexes. A son retour, Buffy sera t-elle fidèle à son image ? .

Le nouvel élan

En 2001, Buffy contre les vampires trouva un nouveau souffle sur UPN en ressuscitant magiquement son héroïne. Joss Whedon sentit qu’il était temps de donner un nouvel élan à la série. UPN lui laissait le champ libre et l’équipe faisait confiance au producteur. Cinq ans de tournage intensif avait contribué à rapprocher l’équipe.   

Une comédie musicale improbable !

Joss Whedon déclare : « On faisait parfois des lectures le dimanche avec les acteurs et les scénaristes, et je me suis assis au piano – j’avais du boire de la bière -, puis James Marsters a pris une guitare, et la séance de lecture s’est transformée en concert improvisé. » Wedon décida alors de se servir du talent de ses acteurs pour réaliser un rêve. « J’aime les comédies musicales. S’il y a une série qui s’y prête bien, c’est Buffy contre les vampires. C’est tellement théâtral qu’on s’attend à ce qu’ils chantent à tout moment. » explique-t-il.  

Pendant quatre mois, Joss Whedon écrivit des chansons en accord avec l’intrigue, les personnages, et les capacités des acteurs.   

Une année sombre et provocante !

La saison 6 allait être plus osée et plus provocante, entrainant Buffy et son entourage dans plus de noirceur, avec des thèmes plus adultes, tels que le travail, les finances, le sexe, le mariage, la drogue et le sevrage. L’idée était d’expliquer que parfois, la vie elle même peut-être notre pire ennemi, si l’on n’y trouve plus sa place ou ses repères.   

Sarah Michelle Gellar elle-même précise bien : « Dans l’avant dernière saison, on explore ce que les jeunes adultes expérimentent parfois, quand ils ne savent plus où ils en sont dans leur vie ». Une expérience intéressante à jouer pour les acteurs, surtout quand les fans sont directement affectés par la détresse palpable de leur héroïne, qui mettra une saison entière à remonter la pente et retrouver sa voix.   

Au revoir Bangel, Bienvenue Spuffy !

La haine entre Buffy et Spike se transforme en désir à la fin de l’année 2001, aidée par le travail des scénaristes, et ils se lancent tous deux dans une relation aussi passionnée que osée, permise par la chaîne UPN qui ne censurait pas autant que WB.   

« La relation entre Buffy et Spike était différente des relations précédente », affirme Marti Noxon, l’instigatrice de cette relation entre les personnages, avant d’ajouter : « Avant, c’était des histoires d’amour. Avec Spike, c’était de la luxure ! »  

Le final de la saison 6 est le seul final de la série qui ne soit pas écrit par Whedon. L’écriture et la réalisation a été confiée à ses scénaristes favoris.

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La fin d’une épopée

Retour aux sources

En réponse aux critiques des fans concernant le sérieux des thèmes abordés en saison 6, les producteurs décidèrent que la saison 7, l’ultime saison de la série, serait plus légère. Et même si la gravité de l’intrigue finale avec la Force et l’Apocalypse ne laisse parfois que peu de place à l’humour, on assiste à des enquêtes fantastiques et policières aussi simples qu’autrefois, au retour de bons vieux personnages morts au champ d’honneur ou ayant quitté la série, au style gothique et à la dynamique des deux premières saisons, à la musique impérissable du compositeur Robert Duncan, et surtout à la réouverture du lycée de Sunnydale, point focal de cette dernière saison.

Dawn retourne au lycée, et Buffy y devient conseillère d’orientation, façon originale de boucler la boucle. Quelques nouveaux personnages secondaires comme Robin Wood ou Kennedy viennent apporter de la complémentarité au casting, l’arc aborde les thèmes liés au pouvoir et à sa transmission, et la mythologie revient aux origines de la Tueuse et des Vampires. Finalement, la boucle est bouclée, et Buffy contre les vampires, avec sa dernière saison, devient une épopée. Toute la saison est parfaitement écrite et maîtriser pour raisonner comme un final digne de ce nom.

Buffy : témoignage de sa génération

Pendant sept ans, Buffy contre les vampires a transformé les peurs des ados en une série fascinante, qui a offert aux jeunes femmes un modèle hors-pair. La série surnaturelle à débouché sur une série dérivée, des albums, des comics, des livres, et tout un tas de merchandising riche et varié. les sites Internet ont fleurit à foison et les conventions de fans se sont multipliées.

Buffy contre les vampires aura été un mélange détonant d’amour, de comédie, d’horreur et d’action, avec des décors, des acteurs, des maquillages, des effets spéciaux, des cascades et une musique d’envergure cinématographique. Avec tous ses fans encore actifs aujourd’hui, en 2015, Buffy contre les vampires ne peut que continuer à exister encore longtemps.

Sarah Michelle Gellar : « On a créé un monde dans lequel on tous exister. Et ce monde n’est jamais ennuyeux ni démodé. »

Marti Noxon disait en 2003 : « Je ne serais pas surprise de voir la Tueuse 2010 » !

Nous laissons la conclusion de ce dossier à Whedon : « Buffy est une héroïne dont les filles et le sgarçns ont besoin dans leur vie. Je n’aime pas les séries TV qu’on aime mais qu’on oublie. J’ai voulu que Buffy soit une icône, et non pas une simple série ».