Buffy a 20 ans | L’interview de David Boreanaz qui revient sur son rôle d’Angel pour Entertainment Weekly

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Pour les 20 ans de la série Buffy, Entertainement Weekly a interviewé David Boreanaz pour qu’il nous livre ses souvenirs du premier jour de tournage et ses révélations sur l’évolution de son rôle et de son métier. David revient sur son travail sur la série, sur le jour où il a passé le casting, sa toute première scène filmée, mais aussi sur son amitié avec Glenn Quinn et son changement de cap pour passer derrière la caméra. Une interview touchante et pleine de révélations faite par un David Boreanaz qui ne se dévoile finalement pas si souvent que ça. Buffy Angel Show vous propose la traduction intégrale de l’interview…

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ENTERTAINMENT WEEKLY : Il y a 20 ans, vous vous lanciez dans le rôle du vampire Angel dans la série Buffy contre les vampires, aviez vous imaginez être ici aujourd’hui ?

DAVID BOREANAZ: Angel a la base ne devait faire partie que de 6 épisodes sur les 12. Il était un personnage qui pouvait devenir récurent et un potentiel petit ami pour Buffy [Sarah Michelle Gellar]. C’est arrivé si vite, mais pour que les choses arrivent rapidement, quand vous les découvrez, vous devez être prêt à réagir rapidement. Quand Buffy recrutait des acteurs, j‘étais au bon endroit au bon moment, mais j’avais lutté pendant des années juste pour entrer par cette porte. Je ne pouvais même pas faire une pub, comme une publicité de chewing gum, sans flipper.
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Vous devez passer par la douleur pour arriver à l’autre bout du chemin, et puis une fois que vous arrivez au sommet, vous n’êtes plus en bas, mais vous devez monter d’autres montagnes. Ce n’est pas « Hey c’est dans la poche. »
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Alors je suis parti rencontrer Marcia Shulman, la directrice de casting, pour une lecture du script, puis je suis reparti. Quand j’ai rencontré Marcia, nous étions connectés. C’est une si belle femme, quelqu’un qui était de mon côté. Nous avons beaucoup parlé de la côte Est et des restaurants de New York, puis nous nous sommes finalement concentrés sur le personnage. Ensuite, je suis allé dans la chambre et j’ai lu pour Gail Berman (productrice exécutive),  Joss Whedon (créateur de la série) et David Greenwalt (co-producteur exécutif a ce moment la). Ils étaient un peu pressé par le temps de caster ce personnage, car il devait être filmé le lendemain.
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Le jour juste après m’avoir casté, je me souviens avoir été jeté dans un chaos complet. La description de ce personnage était « C’est un boxeur, comme Joe Louis; vous pouvez le frapper, mais il reviendra toujours ». A l’époque je ne pensais pas trop que c’était un vampire. Mais j’ai adoré le fait que vous puissiez l’assommer, tout en sachant qu’il allait revenir.
 
 
E.W. : Que vous souvenez vous de votre premier jour sur le plateau de Buffy ?
 
D.B. : Ils m’ont habillé avec ce costume de velours, je ne l’oublierais jamais. J’ai attendu et attendu pour tourner, et quand je suis allé rencontrer Sarah, elle était au milieu d’une sorte de séquence de combat. C‘est allé rapidement parce qu’elle travaillait et je me souviens avoir été à l’extérieur, pour des tests de maquillage, avant d’avoir été équipé. Le lendemain, je suis revenu sur le plateau pour faire cette scène où je la rencontre pour la première fois, où elle saute littéralement hors d’une barre et me jette a terre avant de me demander qui je suis. Il était 4h du matin quand nous avons tourné. C’était fou, et quand il était temps de tourner la scène il fallait avoir la bonne prise directement. Ce n’était pas comme si nous avions vraiment eu le temps de le répéter.
La séquence est allée si vite ! Je pense que cela m’a permis de me canaliser et d’entrer dans ce qu’est vraiment ce personnage, donc c’était une sorte de première prise de contact avec mon personnage. Je suis rentré à la maison en me demandant encore ce qui venait de se passer. Toutes mes peurs sont parties : « Est ce que j’ai gâché quelque chose ? Est ce que j’ai fait quelque chose de mal ? » Mais la réponse des jours de tournage suivants était rassurante. J’étais excité. C’est allé si vite, le casting s’est rencontré très rapidement ! La fin du premier jour de tournage s’est terminé en apothéose pour moi.  
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E.W. : Avez vous toujours voulu être un acteur ou y’a t’il eu un moment ou vous avez comprit que ce métier était fait pour vous ?
 
D.B. : Oui j’ai étudié, j’ai fais du théâtre, j’ai fais de la pu , j’ai donné des cours. J’ai dû apprendre quelques techniques. J’étais tellement brut. Je ne savais pas ce que je faisais, donc j’étais toujours dedans. J’étais amoureux des spectacles de Broadway quand j’étais enfant. Je me souviens avoirs vu Yul Brynner et faisais ça avant d’être sportif. ça a toujours été quelque chose que je voulais faire. Evidement j’ai déménagé, j’ai dû trouver ce travail, faire du théâtre, être au bon endroit au bon moment. ça a été un voyage fantastique, je suis toujours en pleine escale, J’ai le désire d’en faire plus et d’en montrer plus. C’est la la partie la plus passionnante.  
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E.W. : Quel est la plus grande chose que vous ayez appris sur Buffy ? Y’a t-il eu un conseil ou quelque chose d’autre que vous ayez appris en travaillant sur la série, et qui vous a été utile dans vos projets ultérieurs ? 
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D.B. : Techniquement, les jeux de regard avec la caméra, et trouver vos lumières (ndlr : feux des projecteurs). J’étais bon pour trouver ma lumière et la reconnaître. Lorsque vous avez beaucoup de cascades, vous pouvez être pressé par le temps, donc vous devez être placé sur votre marque (ndlr les marquages au sol sur les plateaux) instinctivement et affiner vos compétences sur ce sujet. Vous devez être capable de percevoir de manière périphérique les choses, de travailler ce « muscle ». Pour moi c’était de trouver la lumière, le champ de la caméra, et de ne jamais bloquer le chemin des caméras. Si vous ne pouvez pas voir l’objectif, l’objectif ne vous voit pas. C’est vraiment simple. J’ai pris cela, je l’ai utilisé, et c’est incroyable, maintenant que je dirige (ndlr : David réalise régulièrement certains épisodes) c’est : « Pourquoi ne jouez-vous pas devant l’objectif ? ». Nous ne sommes pas dans un espace théâtral, vous n’avez pas de quatrième mur… vous devez donc tout faire fonctionner et trouver la caméra. Voilà ce que votre travail consiste à faire, alors je suis devenu très ami avec l’objectif. 
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E.W. : Puis il y a eu le spin-off Angel. Comment avez vous fait pour vous l’approprier ? 
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D.B : C’était extrêmement intéressant sur le plan transitoire pour moi. C’était l’opportunité de prendre ce personnage et de l’amener vers une série plus adulte et plus sombre, différente du Buffyverse et plus ou moins tournée vers les âmes perdues de la ville. Je n’ai jamais vraiment pensé au défis, mais plus la pression est élevée, mieux je réagis. Instinctivement je prend le dessus. Je me souviens du processus de casting : nous avons essayé d’entourer le personnage avec de bonnes personnes qui pourraient porter la série et raconter l’histoire. Charisma (ndlr : Carpenter) était extraordinaire, et Glenn Quinn était fort et fantastique. Il est devenu un ami très proche de moi, alors à cette transition, ce fut un lien spontané avec quelqu’un avec qui je me suis identifié, avec qui j’aimais être entouré. Il m’a facilité la tâche, et a accru le travail à cause de son talent pur et de sa joie de travailler. Ce processus a pris un certain temps, parce que c’était « comment allons-nous trouver ce personnage ? ». Quinn est arrivé avec l’accent irlandais, et bam… les a cloué ! Joss était excité, tout comme David Greenwalt. 
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Tandis que l’histoire avançait et que l’amitié est devenue incroyablement forte à point que lorsque nous travaillions sur le plateau, nous savions juste où l’autre allait être. Nous nous sommes beaucoup amusés. Les circonstances malheureuses de son sort et de son choix l’ont amené dans une direction différente sur laquelle j’étais très inconscient, mais c’est quelques chose qui restera toujours en moi. Ce mec me manque, même à ce jour, c’était juste un être humain remarquable. C’est triste la façon dont cet arrivé [Quinn est décédé d’une overdose de drogues en 2002]. 
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Je me souviens avoir tourné la présentation pour WB au sommet de ce grand gratte-ciel dans le centre-ville. Ils ont construit une corniche et m’ont harnaché de câbles de sécurité. J’avais cet énorme monologue et je marchais à travers le bord de ce building qui était vraiment très haut. J’étais attaché et les vents se sont levés, puis nous avons eu une grue en haut. 65% des images étaient toutes hors de portée, et nous avons loué cette machine qui était censée être étonnante, mais c’était juste une merde, donc ils ont coupé des passages pour la présentation. Voilà vaguement comment cela a commencé. 
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Nous sommes arrivés sur la série. Susanne Daniels (alors présidente et co-présidente de programmation de la WB) m’a dit alors « Ce n’est pas la série que vous m’aviez présenté ?! ». Nous avons dû fermé pendant deux semaines afin de trouver comment l’écrire… et ce fut intéressant ! Il y a eu des pièges et des défis que nous avons surmonté, et cette première année a été dure. Il y a eu beaucoup de chose qui m’ont aidé à développer le personnage en profondeur, plutôt que d’être simplement ce gars qui apparaît hors de l’ombre avec le ton grave. Je ris à certaines scènes quand je les voit maintenant, mais c’était vraiment un moment Roméo & Juliette pour Angel et Buffy. Les séparer fut triste, mais nous avons eu quelques cross-overs. 
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E.W. : Avec Buffy et Angel faits simultanément, comment avez-vous à faire ces cross-overs ? 

D.B. : C’était difficile parce que nous faisions deux types de série avec des planning différents. Nous l’avons cependant réussi, et je suis encore étonné de l’énergie fournie. Georges Lucas a visité notre plateau et a passé une journée avec nous. Il était un grand fan de la série. Je me souviens avoir mangé avec lui, et il était étonné de voir comment nous avions pu utilisé l’écran vert et les autres techniques en seulement huit jour de tournage (ndlr : pour un épisode). C’était comme ci nous tournions un film chaque semaine. Ce que vous aviez déjà fait, vous ne pouviez pas le refaire sur un autre épisode. Nous avons filmé des sauts énormes au milieu de la nuit, beaucoup de séquences comme ça. C’était dangereux. C’est ce qui a fait prospérer la série… cette énergie !

E.W. : La première fois que vous avez dirigé c’était en 2004 sur un épisode d’Angel. Qu’est-ce qui vous a poussé à passé derrière la caméra ? 

D.B. : J’ai toujours voulu dirigé. Je ne pouvais pas juste quitté le tournage (une fois les cènes finies). Je restait et j’apprenais. Il est si important pour les acteurs de réaliser qu’ils ont une opportunité. Pourquoi devriez-vous quitter la piste du cirque si vous voulez faire d’autres choses ? Vous ne pouvez pas prendre les choses pour acquises. Vous devez constamment continuer à apprendre et à pousser vous-même. C’es ce que j’ai fait, et ensuite j’ai eu un break pour le faire. Kelly Manners était le producteur à l’époque et il a dit « Absolument, David peut diriger ». C’était une expérience phénoménale. 

Je me souviens avoir eu une chirurgie du genou, et devoir littéralement dirigé avec 50% de mon genou non rétabli… donc c’était un défis, mais j’ai adoré, adoré, adoré, adoré, adoré ! Ce que j’ai aimé à propos du fait de diriger était que je devais être en mesure de passer d’une section à une autre. Avoir la capacité de diriger et de jouer en même temps était tellement amusant. J’étais capable de compartimenter, de l’amener à un tout autre niveau, et ce fut possible pour moi de parler avec les acteurs et de savoir d’où ils venaient, de faire croître cet aspect, et de donner vie à ces expériences. De ce seul point de vue, c’était vraiment grandiose avec moi. 

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